Sanofi : 14,4 milliards d’euros de ventes au troisième trimestre, la croissance est américaine, le Lovenox fait ses valises

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Le groupe pharmaceutique a publié vendredi 30 octobre un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 14,3 % à taux de change constants et relevé, pour la deuxième fois de l’année, ses perspectives 2026. Derrière les chiffres, l’Europe recule et la cession de vingt médicaments matures à l’allemand Cheplapharm suit son cours. Explications.

Sanofi a annoncé vendredi 30 octobre, depuis Paris, un chiffre d’affaires de 14 444 millions d’euros pour le troisième trimestre 2026, en progression de 16,2 % en données publiées et de 14,3 % à taux de change constants (TCC). Sur neuf mois, les ventes atteignent 36 550 millions d’euros (+15,2 % à TCC). Le bénéfice net par action (BNPA) des activités ressort à 3,55 euros, en hausse de 19,6 % à TCC, apprend-on dans un communiqué du groupe.

Belén Garijo, directrice générale, déclare : « Pour le troisième trimestre, les ventes de Sanofi connaissent une fois de plus une progression à deux chiffres (+14,3 %), essentiellement portée par ses nouveaux médicaments et par Dupixent. »

Dupixent, 5,7 milliards d’euros en un trimestre

Le moteur reste le même. L’anti-inflammatoire Dupixent, développé avec l’américain Regeneron, a généré 5 687 millions d’euros de ventes sur le trimestre, soit +34,8 % à TCC. Le médicament franchit pour la deuxième fois la barre des 5 milliards d’euros en trois mois, précise le communiqué. Les nouveaux lancements (ALTUVIIIO, Ayvakit, Rezurock, Sarclisa, Tzield, entre autres) totalisent pour leur part 1 390 millions d’euros, en hausse de 31,4 % à TCC.

Les vaccins, en revanche, reculent. Leurs ventes s’établissent à 3 185 millions d’euros, en baisse de 6,6 % à TCC, sous l’effet du repli des vaccins contre la grippe et le Covid-19 (-18,8 %) et de Beyfortus, l’anticorps contre la bronchiolite du nourrisson, à 631 millions d’euros (-15,4 %).

Fort de ces résultats, le groupe relève ses perspectives annuelles. Sanofi anticipe désormais une croissance de ses ventes « low-teens » en pourcentage à TCC et une croissance « mid-teens » de son BNPA des activités, indique le communiqué. Le flux de trésorerie disponible du trimestre atteint 3 269 millions d’euros (+9,2 %).

8,6 milliards d’euros aux États-Unis, 2,6 milliards en Europe

La géographie de la croissance mérite qu’on s’y arrête. Les États-Unis ont pesé 8 603 millions d’euros de ventes au troisième trimestre, en hausse de 23,9 % à TCC, soit près de 60 % du chiffre d’affaires du groupe. Le communiqué attribue notamment cette dynamique à des « ajustements favorables des prix brut au net » sur Dupixent, Toujeo et Lantus.

L’Europe, elle, recule de 0,9 % à 2 579 millions d’euros. Le reste du monde progresse de 5,7 % à 3 262 millions d’euros, dont 762 millions pour la Chine (+2,6 %). Le premier groupe pharmaceutique français réalise ainsi plus de trois fois plus de ventes outre-Atlantique que sur son continent d’origine.

Cheplapharm, vingt médicaments matures et l’usine de Ploërmel

Le communiqué revient par ailleurs sur le partenariat annoncé en septembre avec Cheplapharm, entreprise familiale allemande spécialisée dans les médicaments anciens. Celle-ci reprendrait vingt médicaments établis et trois sites industriels dans le monde, en échange d’une participation de 26,4 % de Sanofi à son capital. Le Lovenox, anticoagulant historique du groupe, en fait partie hors États-Unis : il a réalisé 822 millions d’euros de ventes en 2025. Le transfert commercial est prévu au premier trimestre 2027, la finalisation au troisième trimestre 2027.

Les trois usines concernées sont celles de Csanyikvölgy en Hongrie (environ 400 salariés), de Jurong à Singapour (environ 100) et de Ploërmel, dans le Morbihan (environ 65), selon une dépêche de l’AFP reprise par La Gazette France. Sanofi avait alors assuré à l’agence : « Tous les collaborateurs seront repris avec un engagement ferme sur trois ans ». Le même article rappelle qu’un an plus tôt, le groupe avait déjà cédé son site de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), principalement dédié au Lovenox, au sous-traitant allemand Adragos.

La CGT de Sanofi y voyait le « premier pas du fameux recentrage », selon son coordinateur Fabien Mallet. Le syndicat alertait sur un périmètre plus large : « Les molécules concernées font également vivre les sites d’Ambarès, Aramon, Sisteron et Tours ». Et de fustiger : « Aujourd’hui, alors que la nécessité de sécuriser notre approvisionnement en médicaments essentiels devrait être une priorité absolue, Sanofi prend exactement le chemin inverse ». Un débat qui rejoint celui de l’accord-cadre sur les médicaments 2026-2030, où les médicaments matures restent les grands oubliés.

Regeneron, 1 milliard de dollars et l’horizon de l’après-Dupixent

Le recentrage s’accompagne d’investissements dans l’immunologie. Sanofi a élargi en octobre son alliance avec Regeneron autour de quatre anticorps à action prolongée, moyennant un paiement initial d’1 milliard de dollars à son partenaire américain et jusqu’à 7 milliards de dollars de paiements d’étapes supplémentaires, détaille le communiqué.

L’enjeu est connu : la perte d’exclusivité de Dupixent, que l’AFP situe vers 2031 selon La Gazette France. « L’entreprise tout entière se mobilise pour piloter sa trajectoire après Dupixent au cours de la prochaine décennie, avec une priorité : protéger les résultats au-delà de la perte d’exclusivité de Dupixent », souligne Belén Garijo.

La directrice générale annonce la couleur pour la suite : « Les activités de business development et de fusions-acquisitions seront essentielles pour compléter cette transformation. » Les conditions financières de l’opération Cheplapharm, elles, seront communiquées « à un stade ultérieur ».

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