Marine nationale : Piriou décroche seize remorqueurs RP30NG, dont quatre commandés ferme

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La Direction générale de l’armement (DGA) a notifié aux chantiers Piriou, jeudi 29 octobre, le marché d’acquisition de 16 remorqueurs-pousseurs de nouvelle génération destinés aux bases navales de la Marine nationale. Seuls les quatre premiers sont commandés ferme. Explications.

La Direction générale de l’armement a annoncé, jeudi 29 octobre 2026, avoir notifié aux chantiers Piriou de Concarneau (Finistère) le marché d’acquisition de 16 remorqueurs-pousseurs de nouvelle génération, baptisés RP30NG, d’une capacité de traction de 30 tonnes. Ces bâtiments sont destinés aux Services de moyens portuaires (SMP) des bases navales de l’Hexagone et des Outre-mer. Ils sont « attendus dans leur base navale dès 2028 », précise le communiqué de la DGA.

Le contrat ne porte toutefois pas sur seize coques d’un bloc. « Le marché prévoit la commande ferme des quatre premiers navires qui seront construits à Concarneau (29) et des commandes optionnelles pour les 12 suivants ainsi que du maintien en condition opérationnelle », apprend-on dans le communiqué. Le montant du marché n’est pas rendu public, pas plus que le calendrier d’affermissement des options.

Des RP30NG de 370 tonnes taillés pour les SNLE et les SNA

Longs de 26 mètres pour un déplacement de 370 tonnes en charge complète, les RP30NG sont « projetables jusqu’à 200 nautiques des côtes sur plusieurs jours », selon la DGA. Leur première mission reste la manœuvre de port, « notamment pour les sous-marins tels que les Sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), les Sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et les bâtiments de surface de premier rang ». Ce sont ces remorqueurs qui accompagnent, dans les bassins, des bâtiments comme le sous-marin Rubis, sorti du hall de Naval Group à Cherbourg.

Les remorqueurs assureront également la servitude portuaire (lutte incendie, antipollution, barrage de protection d’accès aux ports), la surveillance de la zone économique exclusive et le concours à l’action de l’État en mer, notamment pour le contrôle des pêches et l’assistance.

Sur le plan industriel, la DGA mise sur un produit civil militarisé. Les RP30NG « reprennent le design de la gamme civile des remorqueurs Piriou mais adapté à la manœuvre militaire très spécifique des sous-marins nucléaires », souligne le communiqué, qui ajoute que « cette approche permet de les produire en série et de réduire les délais de livraison ».

Concarneau, une série de vingt RP30 annoncée en 2020

Ce nouveau marché « s’inscrit dans la continuité du renouvellement de la flotte de remorqueurs de la marine nationale », indique la DGA. Il « fait suite à un premier marché, signé en 2020, qui avait conduit à la livraison de quatre RP30 ».

Le chiffre tranche avec les ambitions affichées à l’époque. Selon Mer et Marine, le contrat notifié par la DGA à Piriou le 30 avril 2020 portait sur 20 remorqueurs, dont 15 RP 30 et 5 RPC 30 côtiers, avec une tranche ferme de quatre unités puis quatre tranches optionnelles de quatre bateaux. Le site spécialisé évoquait alors une cadence de quatre navires par an et une flotte complète en 2027. Les nouveaux venus devaient remplacer les remorqueurs Bélier, Buffle et Bison, puis les 16 RP/RPC 12 de type Fréhel.

De son côté, le ministère des Armées annonçait le 9 mars 2023 la réception, le 28 février, du Céladon, premier d’une série de 20 remorqueurs portuaires et côtiers de la classe 30 tonnes commandés à Piriou, affecté à Toulon. La répartition prévue alors : huit unités à Toulon, sept à Brest, trois à Cherbourg, une à Fort-de-France et une à Papeete. Le ministère justifiait cette montée en gamme par la nécessité « d’intervenir sur des navires militaires aujourd’hui plus grands et plus lourds ».

Le communiqué du 29 octobre ne détaille pas les raisons pour lesquelles la série de 2020 s’est arrêtée à quatre unités livrées. Il en reprend néanmoins la logique de tranches : quatre coques fermes, le reste en options.

Concarneau garde la main sur la construction et le MCO

Pour Piriou, ce marché prolonge la présence du chantier sur la flotte de servitude de la Marine. Comme en 2020, la construction des premières unités est localisée dans le Finistère, et le maintien en condition opérationnelle est intégré au marché, ce qui inscrit la relation entre la Marine et l’industriel breton sur la durée de vie des navires.

L’intégration du maintien en condition opérationnelle dans les marchés de la flotte de soutien n’est pas isolée : Refrance relatait récemment comment Naval Group a décroché l’entretien du Beautemps-Beaupré jusqu’en 2034.

Reste à savoir à quel rythme les douze options seront levées. La première coque est attendue en base navale en 2028.

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