Le Service de soutien de la flotte a retenu l’offre de Naval Group pour le maintien en condition opérationnelle du bâtiment hydrographique et océanographique Beautemps-Beaupré, annonce l’industriel vendredi 23 octobre. Le contrat court jusqu’en 2034. Explications.
Le Service de soutien de la flotte (SSF) de la Marine nationale a retenu l’offre de Naval Group pour le maintien en condition opérationnelle (MCO) du bâtiment hydrographique et océanographique (BHO) Beautemps-Beaupré, apprend-on dans un communiqué publié vendredi 23 octobre par le groupe naval de défense. Le marché court jusqu’en 2034.
Selon le communiqué, le contrat « concerne le maintien en condition opérationnelle du navire, et la modernisation de certains équipements ». L’objectif affiché est de garantir la disponibilité du bâtiment à la mer et la poursuite de « ses missions scientifiques d’intérêt militaire ». Ni le montant du marché ni les équipements concernés par la modernisation ne sont précisés.
Un premier arrêt technique du Beautemps-Beaupré au premier semestre 2027
Le calendrier est en revanche détaillé. « Son premier arrêt technique est prévu dès le premier semestre 2027 », précise le communiqué. « Le marché prévoit la réalisation d’un arrêt technique annuel au cours des trois premières années », puis, à partir de 2029, « cinq arrêts techniques optionnels jusqu’au retrait de service actif du navire ».
Ainsi, l’essentiel du contrat repose sur une tranche ferme courte, de trois arrêts techniques, prolongée par des options que la Marine pourra lever ou non. La date de retrait du service actif du Beautemps-Beaupré n’est pas indiquée par Naval Group.
Brest, base arrière du MCO de surface de Naval Group
Ce marché vient conforter la position de Naval Group à Brest. « À Brest, Naval Group assure déjà le maintien en condition opérationnelle des bâtiments de surface de la Marine nationale », souligne le communiqué, qui cite la frégate de défense et d’intervention (FDI) Amiral Ronarc’h, les quatre frégates multimissions (FREMM) Aquitaine, Normandie, Bretagne et Auvergne, ainsi que six chasseurs de mines.
L’industriel met en avant son savoir-faire sur ce segment : « Naval Group dispose de l’ensemble des compétences nécessaires pour effectuer le MCO des navires », affirme le texte.
Pour mémoire, le précédent grand chantier du Beautemps-Beaupré n’avait pas été confié à Naval Group. Selon Mer et Marine, c’est Piriou Naval Services, alors « titulaire du contrat de maintien en condition opérationnelle du BHO », qui avait piloté les travaux, menés en cale sèche à la base navale de Brest, la rénovation des équipements de mission revenant à CNN MCO. Le chantier avait notamment porté sur la gondole, une structure d’acier de 13 mètres placée sous la quille qui abrite les principaux capteurs acoustiques.
Le Beautemps-Beaupré, pivot d’une flotte hydrographique vieillissante
Le navire n’est pas de première jeunesse. Long d’environ 80,6 mètres pour 3 300 tonnes en charge, le Beautemps-Beaupré est en service depuis 2003 et a été modernisé en 2018, rappelait Mer et Marine en octobre 2025.
Les trois autres unités, les bâtiments hydrographiques de type BH2 Lapérouse, Borda et Laplace, sont plus anciennes encore. D’environ 59 mètres et près de 1 000 tonnes, admis au service en 1988 et 1989, ils doivent être désarmés entre 2026 et 2029, selon le même média.
Leur succession passe par le programme Capacité hydro-océanographique future (CHOF), longtemps retardé par les contraintes budgétaires. Il prévoit deux bâtiments hydrographiques de nouvelle génération (BH NG) d’environ 90 mètres et 4 000 tonnes, conçus pour mettre en œuvre des drones de surface et sous-marins. Toujours selon Mer et Marine, la commande n’était pas attendue avant la fin de 2026, pour des livraisons estimées vers 2029-2030. Le ministère des Armées prévoyait par ailleurs l’achat de 40 drones sous-marins et de 25 drones de surface, le premier drone DriX H-8 d’Exail ayant été livré en septembre 2025. Une montée en puissance des drones qui rejoint celle, plus large, de la flotte de drones de surface que prépare la Marine nationale.
Huit ans de soutien pour tenir jusqu’à l’arrivée des BH NG
Dans ce contexte, le contrat attribué à Naval Group a valeur de pont. Avec des arrêts techniques annuels jusqu’en 2028 puis des options jusqu’en 2034, la Marine se donne les moyens de maintenir en ligne son seul grand BHO pendant toute la phase de transition vers les futurs bâtiments du programme CHOF, dont les délais ont déjà glissé.
Prochaine échéance : le premier arrêt technique, au premier semestre 2027.
