Le groupe d’ingénierie énergétique français a publié jeudi 29 octobre ses résultats des neuf premiers mois de 2026 : un carnet de commandes à 24,5 Md€, mais une rentabilité en baisse. Explications.
Technip Energies a publié jeudi 29 octobre ses résultats des neuf premiers mois de 2026, marqués par des prises de commandes de 14,1 Md€ et un carnet de commandes ajusté de 24,5 Md€ au 30 septembre, tandis que l’EBITDA récurrent recule de 20 % à 384,7 M€, selon un communiqué de l’entreprise.
14,1 Md€ de commandes contre 3,4 Md€ un an plus tôt
Sur les neuf premiers mois, le chiffre d’affaires ajusté progresse de 3 %, à 5 596,7 M€ (5 417,1 M€ un an plus tôt). Les prises de commandes ajustées atteignent 14 128,3 M€, contre 3 361,8 M€ sur la même période de 2025, soit un ratio de renouvellement de 2,5. Le segment Livraison de projet en concentre l’essentiel, avec 12 726,4 M€, devant Technologie, produits et services (TPS), à 1 401,8 M€.
Le carnet de commandes ajusté s’établit ainsi à 24 506,8 M€ au 30 septembre, contre 15 955,4 M€ fin 2025, soit une hausse de 54 % en neuf mois. Il représente 3,4 fois le chiffre d’affaires ajusté de 2025. Son écoulement est étalé : 2 108,2 M€ sont attendus sur les trois derniers mois de 2026, 7 380,0 M€ en 2027 et 15 018,6 M€ à partir de 2028.
Livraison de projet : une marge d’EBITDA récurrent à 5,2 %
La contrepartie se lit dans les marges. L’EBITDA récurrent ajusté tombe à 384,7 M€ (478,0 M€ un an plus tôt), soit une marge de 6,9 % contre 8,8 %. L’EBIT récurrent recule de 28 %, à 276,4 M€, et le résultat net ajusté de 34 %, à 189,4 M€. Le résultat dilué par action ressort à 1,04 €, contre 1,58 € en 2025.
Le recul tient d’abord au segment Livraison de projet. Son chiffre d’affaires progresse de 4 %, à 4 212,7 M€, mais son EBITDA récurrent chute de 33 %, à 218,5 M€, pour une marge de 5,2 %, en baisse de 280 points de base. Le communiqué rattache l’environnement opérationnel à des « perturbations prolongées au Moyen-Orient », selon la formule d’Arnaud Pieton, directeur général du groupe.
Ormuz : des « solutions logistiques alternatives » sur les chantiers
C’est sur le détroit d’Ormuz que le dirigeant insiste. « Cette résilience s’est particulièrement illustrée dans notre réponse à la crise du détroit d’Ormuz », déclare Arnaud Pieton dans le communiqué. Il précise que les équipes ont mis en œuvre des « solutions logistiques alternatives » pour maintenir les activités et poursuivre l’avancement des projets. Le communiqué ne détaille ni les chantiers concernés ni le surcoût éventuel de ces dispositifs.
Le directeur général met en avant le troisième trimestre : le groupe a réalisé, affirme-t-il, « l’EBITDA le plus élevé de notre histoire ». Sur les neuf mois, le recul reste pourtant net.
Du côté de TPS, le communiqué fait état d’un « regain commercial » dans l’éthylène, l’hydrogène et les engrais, avec 1 401,8 M€ de commandes, contre 1 144,6 M€ un an plus tôt.
Reju, Rebound et la guidance 2026 : objectifs confirmés
Pour 2026, Technip Energies confirme ses objectifs annuels. Le chiffre d’affaires de Livraison de projet est attendu entre 5,7 et 6,3 Md€, avec une marge d’EBITDA récurrent supérieure à 5,0 %. Celui de TPS doit se situer entre 1,9 et 2,2 Md€, pour une marge d’environ 15,0 %. Le communiqué retient l’hypothèse que « les conditions opérationnelles actuelles » se maintiennent jusqu’à la fin de l’année. Le taux d’imposition effectif est attendu entre 30 % et 32 %, en hausse en raison d’une répartition défavorable des résultats.
Le groupe poursuit par ailleurs ses « modèles d’entreprise adjacents » : Reju, consacré à la régénération des déchets textiles post-consommation, et Rebound, dans les carburants d’aviation durables, deux projets dont les investissements sont plafonnés à moins de 50 M€ en 2026. Rebound est la coentreprise formée avec Airbus, Safran et Tereos, dont l’implantation à Dunkerque d’une unité de 160 000 tonnes de SAF a déjà été évoquée sur Refrance.
Un carnet « proche d’un niveau record » pour un objectif 2028
Arnaud Pieton lit les événements récents dans une perspective de marché. « Les évolutions récentes au Moyen-Orient soulignent la nécessité de disposer d’un système énergétique plus sûr, plus diversifié et plus résilient », estime-t-il, tout en rappelant que « l’impératif de réduction des émissions demeure ».
Quant aux perspectives, il met en avant « un carnet de commandes proche d’un niveau record » et « une trésorerie nette significative » offrant, dit-il, une flexibilité dans l’allocation du capital. Le groupe se dit « en bonne voie pour générer un EBITDA annuel supérieur à 800 millions d’euros d’ici 2028 ». Sur neuf mois, il est à 384,7 M€.


