Gascogne : le papier creuse la perte, Mimizan attend sa MAP7

Image d'illustration

Table des matières

Le groupe landais Gascogne a publié mercredi 28 octobre ses résultats semestriels 2026 : une perte nette de 14,5 millions d’euros, un EBITDA quasi nul et une dette en hausse de 53 millions. En cause, l’activité Papier, suspendue au démarrage de la nouvelle machine de Mimizan. Explications.

Le conseil d’administration du groupe Gascogne, réuni mercredi 28 octobre sous la présidence de Dominique Coutière, a arrêté les comptes du premier semestre 2026. Le chiffre d’affaires recule de 3,2 %, à 201,4 millions d’euros contre 208,1 millions un an plus tôt. L’EBITDA s’effondre à 1,1 million d’euros, contre 11,3 millions au premier semestre 2025, et le résultat net consolidé ressort à 14,5 millions d’euros de perte, contre 3,4 millions.

Le groupe, coté sur Euronext Growth et organisé en quatre activités (Bois, Papier, Sacs, Flexible), attribue ce repli à une seule d’entre elles. « Cette évolution s’explique par les difficultés opérationnelles de l’Activité Papier dans l’attente de la mise en service de la nouvelle machine à papier », précise le communiqué.

L’activité Papier perd 15 millions d’EBITDA en six mois

Les chiffres de la branche Papier résument le semestre. Son chiffre d’affaires chute de 16 %, à 47,2 millions d’euros contre 56,2 millions, et son EBITDA plonge à 15,0 millions d’euros de perte, en baisse de 12,7 millions. Le groupe invoque un niveau de production faible, « notamment dû à l’arrêt réglementaire et aux dysfonctionnements liés aux 3 plus anciennes machines à papier dans la continuité de l’année 2025 ».

Le communiqué évoque d’anciennes machines « insuffisamment productives » et rappelle que l’arrêt réglementaire s’est déroulé au mois de mars. La dégradation n’est pas nouvelle : sur l’ensemble de l’exercice 2025, l’activité Papier affichait déjà un EBITDA négatif de 7,8 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 102,3 millions, selon le communiqué des résultats annuels publié le 29 avril.

Les trois autres branches tiennent. Les Sacs progressent de 4,2 %, à 61,7 millions d’euros, avec un EBITDA porté de 4,7 à 6,8 millions grâce aux sites de Mimizan et de Nantes ainsi qu’aux filiales grecque, allemande et tunisienne. Le Flexible est stable à 70,0 millions d’euros (EBITDA de 8,8 millions contre 8,0), tandis que le Bois recule de 2,2 %, à 22,5 millions, avec un EBITDA légèrement négatif (0,4 million de perte).

MAP7 : 94 millions d’euros décaissés en dix-huit mois

Pour la direction, ces difficultés justifient le pari industriel engagé à Mimizan. Elles « confirment la pertinence des investissements industriels majeurs engagés par le Groupe sur son site de Mimizan (Landes) », souligne le communiqué, qui présente la MAP7 comme la machine qui « remplacera les équipements les plus anciens ».

Le projet remonte à mars 2023. Gascogne annonçait alors la commande à l’autrichien Andritz d’une machine de 6,8 mètres de laize, conçue pour 1 300 mètres par minute, destinée à remplacer les trois plus anciennes machines du site pour un investissement total de 220 millions d’euros. Le démarrage était prévu en 2025. L’objectif affiché : utiliser pleinement la capacité de production de pâte du site, avec à terme 50 000 tonnes supplémentaires de papier kraft frictionné écru.

Le calendrier a glissé. Les flux d’investissement du semestre atteignent 63,7 millions d’euros, dont 50,0 millions pour la nouvelle machine, après 44 millions déjà consacrés à la MAP7 en 2025. Le montage a démarré en avril 2026, après la livraison du bâtiment principal, et l’étape la plus visible a été franchie début août avec la pose du cylindre frictionneur, une pièce livrée en 2024 par Andritz avant d’être assemblée sur place, rappelait en août Les Annonces Landaises.

Restent la tuyauterie, la mise en exploitation du bâtiment logistique, le raccordement électrique et « les nombreuses phases de commissioning prévues au premier semestre 2027 avant le démarrage industriel de la MAP7 », détaille le communiqué. En avril, le groupe tablait encore sur une mise en route au premier trimestre 2027.

Dette nette à 289,9 millions, Attis 2 remet 25 millions

Le chantier pèse sur le bilan. L’endettement net progresse de 53,1 millions d’euros sur le semestre, à 289,9 millions, contre 236,8 millions fin 2025 et 169,0 millions fin 2024. Les capitaux propres reculent de 205,1 à 190,6 millions d’euros. Les flux opérationnels sont négatifs de 14,0 millions.

Pour tenir, Gascogne a tiré 72,1 millions d’euros sur ses lignes de crédit et reçu 25,0 millions d’avances en compte courant de son actionnaire Attis 2. Ces avances s’inscrivent dans le plan de financement présenté en avril : report de 24 mois des premières échéances auprès des banques, de la BEI et de Bpifrance, crédit d’investissement de 75 millions d’euros remboursable à partir d’avril 2028, et apports en capital pouvant aller jusqu’à 30 millions. Les 25 millions d’Attis 2 doivent être convertis en capital lors d’une augmentation de capital programmée avant la fin de l’année 2026. La trésorerie disponible s’établit à 52,8 millions d’euros.

La filière papier de Nouvelle-Aquitaine, sur laquelle la Région a misé en ouvrant le Campus des métiers forêt-bois-papier à Morcenx, suivra donc de près le premier semestre 2027.

Pour le second semestre 2026, le groupe ne promet aucun redressement : il se déroule « dans un contexte comparable au premier semestre », l’activité Papier restant « pénalisée par la vétusté de son outil de production ».

Et si vous receviez notre newsletter mensuelle ?

    Plus d'articles

    Abonnez-vous à notre newsletter

    Une sélection d'articles, dans votre boîte mail. Rien d'autre, promis.

    Vous vous êtes abonné à la newsletter avec succès

    Une erreur est survenue lors de l'envoi de votre requête. Veuillez réessayer.

    Refrance : Revue Economique de France utilisera les informations que vous fournissez sur ce formulaire pour rester en contact avec vous et vous proposer des mises à jour et du marketing.