Construction neuve : les permis se redressent en septembre, les chantiers décrochent

Crédits photo : Eiffage Immobilier

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Le service statistique du ministère chargé du Logement a publié mercredi 28 octobre les chiffres de la construction neuve à fin septembre 2026. Les autorisations progressent légèrement, les mises en chantier reculent nettement après trois mois de hausse.

Le Service des données et études statistiques (SDES), rattaché au ministère de la Transition écologique, a publié mercredi 28 octobre ses résultats de la construction de logements à fin septembre 2026. Avec 31 428 logements autorisés en septembre, les permis repartent à la hausse, mais les mises en chantier, estimées à 28 682 unités, marquent le pas.

« En septembre 2026, les autorisations de logements sont en très légère hausse par rapport à août (+ 1,2 % en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables), pour atteindre 31 428 unités », indique la publication. Le mouvement prolonge une légère hausse en août (+ 2,1 %) après une très légère baisse en juillet (- 0,8 %).

Le collectif tire les autorisations de septembre

Le détail des chiffres révèle un rééquilibrage entre types de logements. Selon le SDES, l’évolution de septembre s’explique « par une hausse des autorisations de logements collectifs (+ 5,3 %) et une baisse d’ampleur comparable des autorisations de logements individuels (- 5,5 %) ». Le collectif, porté par les promoteurs et les bailleurs, compense ainsi le repli de la maison individuelle.

Sur une période plus longue, le constat reste sévère. « D’octobre 2025 à septembre 2026, 377 834 logements ont été autorisés à la construction, soit 9,1 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes », précise le SDES. Le service relève toutefois que sur les neuf premiers mois de 2026, le niveau mensuel moyen des autorisations reste supérieur de 1,4 % à celui de l’ensemble de l’année 2025.

28 682 mises en chantier, un recul proche de 10 % sur un mois

Côté chantiers, la tendance s’inverse. Le SDES se contente d’une estimation : « En septembre 2026, le nombre de logements mis en chantier s’élèverait à 28 682 unités. » Selon Devizu, qui retient pour sa part 28 663 unités, les mises en chantier reculent de 9,6 % par rapport à août, où elles avaient atteint 31 708 logements. Le média évalue à 315 000 le cumul des mises en chantier sur douze mois.

Le coup d’arrêt tranche avec la séquence de l’été. En août, les mises en chantier avaient progressé de 4,1 %, après + 5,8 % en juillet et + 1,8 % en juin, rappelait Maire-info au début du mois. Sur un an, 300 244 logements avaient alors été mis en chantier, soit 9,5 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Refrance avait alors décrit comment les chantiers repartaient en août sans que le logement retrouve ses niveaux d’avant-crise.

Les séries sont par ailleurs mouvantes. Le SDES signale qu’à compter de mars 2026, les données sont produites à partir du dispositif Sitadel3, qui remplace Sitadel2, un changement qui a conduit à réviser légèrement les données publiées. Ainsi, les autorisations d’août, annoncées en baisse de 1,1 % fin septembre, ressortent désormais en hausse de 2,1 %.

L’objectif de 400 000 logements par an hors de portée

Ces chiffres pèsent sur l’ambition affichée par le gouvernement. Son projet de loi sur le logement, adopté par le Sénat, prévoit notamment de construire 400 000 logements neufs par an, selon Maire-info. Cela suppose un rythme d’environ 33 300 logements par mois, au-dessus des 28 682 mises en chantier estimées en septembre comme des 31 428 autorisations du mois.

Le texte poursuit son parcours parlementaire. La commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale l’a adopté les 21 et 22 septembre, rappelle Economie Matin, qui souligne que cette adoption en commission ne vaut pas entrée en vigueur des mesures envisagées.

FFB et FPI : la filière du neuf toujours en alerte

Les professionnels n’ont pas attendu ces chiffres pour s’inquiéter. Lors de son point de conjoncture du 1er octobre, la Fédération française du bâtiment (FFB) faisait état d’une faiblesse persistante du logement neuf, avec un ralentissement des autorisations et des ventes, selon Economie Matin. La fédération réclamait déjà au printemps, d’après Maire-info, « d’ajuster les dispositifs existants et de mettre en place un plan d’aide pour le bâtiment ».

Du côté des promoteurs, le ton n’est guère plus optimiste. Le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), Pascal Boulanger, cité par Maire-info, mesurait l’écart entre les espoirs et la réalité des ventes : « J’avais parié sur 4000 ventes par mois avec le ministre. Nous sommes plutôt entre 150 et 200 par mois ».

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