Cherbourg : le sous-marin Rubis quitte le hall de Naval Group, cinquième Barracuda sur six

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Le sous-marin nucléaire d’attaque Rubis a commencé vendredi 16 octobre son transfert vers le dispositif de mise à l’eau du chantier Naval Group de Cherbourg, en présence de la ministre des Armées. Plus que le lancement lui-même, dont la date n’est pas fixée, l’étape marque l’entrée dans la dernière ligne droite du programme Barracuda.

Vendredi 16 octobre, Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, a présidé à Cherbourg (Manche) la cérémonie de transfert du SNA Rubis, de la halle de construction de Naval Group jusqu’au dispositif de mise à l’eau installé dans le bassin Cachin, apprend-on dans un communiqué de la Direction générale de l’armement (DGA). Le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, assistait à l’événement.

Le Rubis est le cinquième des six sous-marins de classe Suffren commandés dans le cadre du programme Barracuda. La DGA précise que les travaux d’achèvement se poursuivent jusqu’à la première mise à l’eau, suivie d’essais à quai, puis d’essais en mer menés par les équipes de l’État et de l’industrie, avant la livraison à la Marine nationale. Aucune date de lancement n’est donnée.

Quatre Suffren déjà admis ou livrés, Casabianca attendu d’ici 2030

La DGA dresse l’état de la série. Le Suffren a été admis au service actif en 2022, le Duguay-Trouin en 2024 et le Tourville en 2025. Quant au De Grasse, il a été livré en juin 2026 et son admission au service actif est annoncée prochainement. Le sixième et dernier bâtiment, le Casabianca, est en construction, avec une livraison prévue d’ici 2030, conformément à la loi de programmation militaire 2024-2030.

Selon la DGA, ces sous-marins sont plus rapides, plus endurants et plus polyvalents que ceux qu’ils remplacent. Le communiqué cite notamment leurs capacités de déploiement de forces spéciales et de frappe terrestre par missile de croisière.

10 000 personnes et 800 entreprises derrière un seul programme

Le volet industriel est mis en avant par la DGA : le programme a mobilisé plus de 10 000 personnes et 800 entreprises. Aujourd’hui, 3 000 emplois directs sont mobilisés chaque jour, dont 800 chez des sous-traitants.

Sur place, la ministre a insisté sur l’ancrage local de la réalisation. « Le Rubis est une réussite française. Il porte le travail du Cotentin, l’excellence de notre industrie », déclare Catherine Vautrin, citée par la DGA.

Un programme lancé en 1998, « pas un long fleuve tranquille »

Le site d’information Tendance Ouest apporte des éléments absents du communiqué. Le programme Barracuda a été lancé en 1998 pour remplacer les six sous-marins nucléaires d’attaque français autour de 2030. Le Rubis déplace environ 5 000 tonnes, mesure environ 100 mètres et peut accueillir environ 70 personnes d’équipage, selon le média, qui chiffre à six ans le temps de construction du bâtiment.

Le site rappelle aussi que le Rubis est le quatrième sous-marin français à porter ce nom et le 17e navire de la Marine nationale à le faire. Catherine Vautrin a évoqué la décision du général de Gaulle, il y a 85 ans, de faire du premier Rubis un Compagnon de la Libération. Elle a souhaité que le bâtiment qui va être mis à l’eau ait la même capacité pour la souveraineté et les armes de la France, rapporte Tendance Ouest.

Le président-directeur général de Naval Group, Pierre-Éric Pommellet, a pour sa part reconnu les difficultés du chantier. Selon Tendance Ouest, il a déclaré que « la réalisation du programme n’a pas été un long fleuve tranquille ».

Divergence du réacteur, essais en mer au premier semestre 2027

Le calendrier des prochaines étapes est détaillé par Tendance Ouest. Les essais à quai comprendront la « divergence », c’est-à-dire le premier démarrage du réacteur nucléaire du sous-marin. Les premiers essais en mer pourraient avoir lieu au premier semestre 2027, selon le média. Le Casabianca pourrait suivre environ un an plus tard.

Par ailleurs, le site précise que plusieurs centaines de personnes ont assisté à la cérémonie : salariés du chantier, industriels de la défense, élus et officiers de la Marine. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis, était présent.

Le communiqué ne précise ni le coût du programme, ni la date de lancement, ni celle de l’admission au service actif du Rubis. Ces échéances restent à confirmer par la DGA et par la Marine nationale.

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