Le tribunal de commerce de Lorient a prononcé jeudi 15 octobre la liquidation judiciaire de FDB Industries, filiale d’Europlasma. Le lendemain, le groupe a publié un second communiqué qui fait le point sur ses autres actifs industriels. Explications.
Jeudi 15 octobre, le tribunal de commerce de Lorient (Morbihan) a prononcé la liquidation judiciaire de FDB Industries, la société qui exploite la Fonderie de Bretagne, à Caudan. Europlasma, société cotée sur Euronext Growth et maison mère, en informe le marché dans un communiqué publié à 16 heures le jour même. Le groupe y « prend acte » d’une décision « prononçant, ce jour, la liquidation judiciaire de sa filiale FDB Industries ».
Le communiqué précise qu’Europlasma avait lui-même demandé l’ouverture d’un redressement judiciaire pour cette filiale. Il rappelle aussi l’événement qui a déréglé l’activité : un sinistre survenu en janvier 2026, qui, selon le texte, « avait conduit à l’interruption de la production pendant six mois ». Le document ne mentionne pas le nombre de salariés concernés.
245 salariés à Caudan et 15 millions d’euros promis en 2025
L’effectif figurait dans les dépêches précédentes. Selon La Gazette France, qui reprend une dépêche de l’AFP du 3 juillet, la Fonderie de Bretagne employait alors 245 personnes et fabriquait des pièces de fonte pour les suspensions et les échappements. Le site avait été placé en redressement judiciaire ce jour-là, avec jusqu’au 17 juillet pour réunir 3 millions d’euros.
Toujours selon cette dépêche, Europlasma avait repris le site en avril 2025 en s’engageant à y investir 15 millions d’euros sur trois ans, un montant que la CGT affirme ne pas avoir été intégralement versé. L’ancienne filiale de Renault avait été cédée en 2022 au fonds Callista Private Equity. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait alors indiqué que Renault était mobilisé pour dégager de la trésorerie, selon la même source. La procédure n’a pas permis d’éviter la liquidation.
Vendredi 16 octobre, une cession du Pôle Défense qui n’aboutit pas
Vendredi 16 octobre, à 17 h 45, Europlasma a diffusé un second communiqué, intitulé « Actualisation du projet de cession du Pôle Défense et priorités du Groupe ». Le premier constat est sec : les discussions engagées pour céder ce pôle « n’ont pas permis de conclure un accord définitif ». Le texte ne fixe aucun nouveau calendrier.
Le communiqué n’en dit pas davantage sur les candidats ni sur le prix. Il se borne à indiquer que la priorité du groupe reste, « à ce jour », de préserver ses capacités industrielles et ses équipes, notamment en maintenant l’emploi, et que cette ligne guidera les décisions des prochains jours.
Forges de Tarbes : une mise en demeure de la DREAL et un signalement de la DGA
Le communiqué consacre un passage aux Forges de Tarbes. Europlasma y confirme avoir reçu de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) « une mise en demeure relative à la requalification d’équipements sous pression ». Selon le groupe, la situation sera régularisée selon un calendrier convenu avec les services de la DREAL, afin de préserver la continuité de l’activité.
Le texte ajoute que la Direction générale de l’armement (DGA) a saisi la procureure de la République, ce que la société dit avoir appris par la presse. Europlasma déclare ne disposer d’aucune information complémentaire sur cette procédure et se tenir à la disposition des autorités.
Valdunes : des « déclarations publiques » du 15 octobre qu’Europlasma ne détaille pas
Sur Valdunes Industries, la formule est encore plus brève. Le groupe « prend acte des déclarations publiques intervenues le 15 octobre », en étudiera les conséquences et communiquera dès que possible. Le communiqué ne précise ni l’auteur ni le contenu de ces déclarations.
Rapport semestriel attendu d’ici fin octobre et financement par obligations convertibles
Autre échéance : la liquidation de la Fonderie de Bretagne sera intégrée au rapport financier semestriel au 30 juin 2026, que le groupe prévoit de publier d’ici fin octobre 2026. Europlasma indique qu’il appréciera à cette occasion les effets comptables et financiers, notamment les ajustements de valeur, les provisions, les dépréciations et les risques sur la continuité d’exploitation.
Le communiqué rappelle enfin le financement mis en place en avril 2026 : une émission d’obligations convertibles en actions assorties de bons de souscription, souscrite auprès d’Environmental Performance Financing, du groupe Alpha Blue Ocean. Ce fonds n’a pas vocation à rester actionnaire, souligne le texte : les actions reçues seront en général « cédées sur le marché à très brefs délais », ce qui peut peser fortement sur le cours. Le groupe met en garde contre un risque de perte en capital et de forte dilution, surtout si ces opérations se succèdent.
Prochain rendez-vous : le rapport financier semestriel, annoncé pour la fin du mois.
