Vendredi 16 octobre, Bio-UV Group, spécialiste français du traitement et de la désinfection de l’eau coté sur Euronext Growth, a ramené sa fourchette de chiffre d’affaires 2026 de 38-42 M€ à 35-39 M€. Explications.
C’est un communiqué publié à 7h00, vendredi 16 octobre, qui l’annonce : Bio-UV Group, que dirige Laurent-Emmanuel Migeon, président-directeur général, révise à la baisse ses perspectives annuelles, soit une réduction d’environ 7 %. La société attribue l’ajustement à l’allongement des cycles de décision de certains clients en Asie-Pacifique, ainsi qu’au report ou à l’annulation de projets au Moyen-Orient, dans un contexte d’incertitudes géopolitiques aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite.
Le communiqué précise que ces éléments affectent surtout le calendrier de certaines opportunités commerciales. Le groupe met en avant des fondamentaux solides, adossés à la diversification de ses marchés et à des besoins structurels croissants en traitement de l’eau.
Un objectif de janvier devenu inatteignable pour Bio-UV
La fourchette de 38 à 42 M€ avait été fixée le 22 janvier, en même temps que la publication du chiffre d’affaires 2025, selon Zonebourse. Elle devait marquer un retour à la croissance organique, après un exercice 2025 à 35,9 M€, en baisse d’environ 9 % par rapport aux 39,6 M€ de 2024.
La nouvelle fourchette change la donne. Sa borne basse, 35 M€, se situe sous le chiffre d’affaires de 2025. Sa borne haute, 39 M€, ne représente plus qu’une progression d’environ 9 % sur l’an dernier, contre 6 % à 17 % avec l’ancien objectif.
Les 20,1 M€ du premier semestre laissent peu de marge au second
Le groupe avait confirmé son objectif le 18 septembre, en publiant ses comptes semestriels. Selon Option Finance, le chiffre d’affaires du premier semestre atteignait 20,1 M€, contre 20,4 M€ un an plus tôt. L’Ebitda reculait à 2,5 M€, contre 3,5 M€ au premier semestre 2025, soit une marge de 12,5 % contre 17,3 %.
À l’époque, l’objectif de 38 à 42 M€ supposait un second semestre compris entre 18 et 22 M€, contre 15,5 M€ un an plus tôt, d’après le même article. Avec la fourchette révisée, le calcul est plus mesuré : entre 14,9 et 18,9 M€ à réaliser d’ici au 31 décembre, soit un second semestre qui, dans le meilleur des cas, dépasserait de 22 % celui de 2025.
Option Finance indiquait aussi, en septembre, que le carnet de commandes dépassait légèrement celui de la même période de l’exercice précédent, porté par davantage d’opportunités à l’export. C’est précisément ce segment que la révision d’octobre vient fragiliser.
Services en hausse, Solutions en chute : l’équilibre des trois divisions
Le détail de 2025, rapporté par Zonebourse, éclaire la dépendance du groupe à ses grands projets. La division Prestations de services et marché après-vente progressait d’environ 17 %, à 13,3 M€. La division Produits reculait d’environ 3 %, à 11,8 M€, dans un marché de la piscine en net repli. La division Solutions, celle des installations sur mesure, chutait d’environ 33 %, à 10,8 M€, du fait de la fin du marché du retrofit maritime et de cycles de vente longs en aquaculture.
C’est cette dernière division, justement, que l’objectif de janvier chargeait de rebondir, grâce à l’aquaculture à l’export. Or ce sont les projets lointains, en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient, qui se décalent.
Le bilan, lui, a été assaini. Dans son communiqué du 8 avril sur les résultats annuels, le groupe affichait un résultat net part du groupe de 0,8 M€ pour 2025, un endettement financier net de 7,7 M€ au 31 décembre 2025, en baisse de 9,8 M€ sur l’année, et une trésorerie disponible de 9,9 M€. Le gearing net tombait à 19 %, contre 54 % fin 2024.
Veolia Water Technologies & Solutions renouvelle son contrat avec Triogen
Le communiqué du 16 octobre ne se limite pas à la révision. Bio-UV annonce que sa filiale Triogen a renouvelé pour trois ans son contrat de fabrication avec Veolia Water Technologies & Solutions, un donneur d’ordre de premier plan dans le traitement de l’eau industrielle et municipale. Le texte ne précise pas les volumes ni les montants en jeu.
Par ailleurs, le groupe annonce l’arrivée, le 1er novembre, de Boris Delmas au poste de directeur commercial Solutions. Sa nomination achève la structuration de l’organisation autour de trois divisions : Produits, Solutions et Services. Laurent-Emmanuel Migeon évoque une accélération de l’organisation commerciale du groupe.
Pour une société de taille intermédiaire de la filière française de l’eau, l’épisode illustre le prix de l’exposition à l’export. Quand deux zones géographiques pèsent sur le calendrier des commandes, une fourchette annuelle de plus de trois points s’ajuste en une seule publication.
Boris Delmas prendra ses fonctions dans deux semaines.
