Drones navals : la Marine nationale vise mi-2027 pour ses premières commandes, la munition Smoker de la DGA en tête

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Le ministère des Armées a détaillé, jeudi 29 octobre, le calendrier du programme à effet majeur « drones navals » : un premier incrément lancé en réalisation à la mi-2027, un second annoncé pour 2028. À cinq jours d’Euronaval, l’industrie française de la mer se positionne.

Le ministère des Armées et des Anciens combattants a présenté jeudi 29 octobre 2026, lors d’un point presse, la stratégie et le calendrier de la Marine nationale en matière de drones navals. Lancé en juin 2026, le programme à effet majeur (PEM) « drones navals » doit étendre l’emploi de ces systèmes « dans la maîtrise de l’espace aéromaritime et le combat naval », précise le communiqué.

La Marine ne cherche pas à remplacer ses bâtiments et ses aéronefs habités, mais à les compléter par des drones de surveillance, de reconnaissance et de combat, en surface, sous la mer, dans les airs et sur le littoral. La démarche se veut progressive : d’abord la défense des ports, puis les approches littorales, enfin le déploiement de plusieurs drones depuis des navires comme les porte-hélicoptères amphibies (PHA).

Smoker, la munition télé-opérée née en interne à la DGA

Le programme s’articule autour de trois familles. Les drones tactiques, rapides et manœuvrants, sont destinés à l’escorte et à la protection. Les drones d’endurance sont dédiés au renseignement, à la surveillance et à la reconnaissance. Les drones d’action spécialisés comprennent notamment les munitions navales télé-opérées.

Le premier incrément, dont le lancement en réalisation est prévu à la mi-2027, portera sur deux volets, apprend-on dans le communiqué : l’acquisition de drones d’endurance embarqués à bord des bâtiments de la Marine, et l’industrialisation de Smoker, « une munition navale télé-opérée issue d’une innovation interne à la DGA ». Selon l’Agence de l’innovation de défense (AID), qui la présentera au salon, cette munition a été conçue rapidement et pensée pour une production en série à bas coût.

Le volume recherché est explicite. « L’objectif étant d’être capable de produire rapidement des quantités dans un cadre de conflit », explique Muriel, directrice du segment de management « drones et activités sous-marines » à la Direction générale de l’armement (DGA). La montée en cadence industrielle en cas de conflit figure d’ailleurs, avec les communications en environnement brouillé, l’exploitation des données par l’intelligence artificielle, l’endurance des drones et la formation des équipages, parmi les défis identifiés par le ministère.

120 jours de mer à Toulon pour le drone d’endurance

Les essais ont déjà commencé. À Toulon, quatre campagnes d’évaluation ont été réalisées sur un drone de surface d’endurance, avec un objectif de 120 jours de mer répartis sur sept campagnes. La Marine s’appuie également sur des exercices comme Drone Athlons, Wildfire et Polaris.

Pour piloter cette accélération, un Centre expert référent sur les drones et systèmes autonomes navals (CERDAN) a été créé en juin 2026, au moment du lancement du PEM.

Le contexte opérationnel pèse sur le tempo. Évoquant un combat entre drones ukrainien et russe survenu en mer Noire en septembre 2026, le capitaine de vaisseau Alexis, adjoint au sous-chef d’état-major « plans-programmes » de l’état-major de la Marine nationale, souligne que « le déferlement de l’innovation, c’est un facteur déterminant du combat naval ».

DANAÉ : deux groupements industriels français en lice pour 2028

Le second incrément, annoncé pour 2028, concernera notamment DANAÉ, un drone de surface autonome pouvant disposer d’un armement embarqué, ainsi que l’acquisition d’un système de commandement et de contrôle (C2), précise le communiqué.

Sur ce dossier, l’AID détaille dans un communiqué publié le même jour les équipes retenues. Le partenariat DANAÉ a été lancé en janvier 2026, et sa phase 1 a sélectionné deux groupements : SeaOwl, qui associe SEAir, ÆGIR, MBDA et Diades Marine, et un attelage réunissant SIREHNA, Couach et Naval Group. Le chantier girondin Couach et le spécialiste des foils SEAir côtoient ainsi le missilier européen et le maître d’œuvre des sous-marins français.

Le tableau ne s’arrête pas à la surface. L’AID présentera aussi le premier exemplaire d’un drone sous-marin de combat de très grande taille (UCUV) destiné à la Marine, conçu par Naval Group à partir de son démonstrateur XL-UUV autofinancé, ainsi que QUANTUM-MAG, un magnétomètre quantique vectoriel développé par Kwan-tek pour permettre la navigation autonome lorsque le signal GPS est brouillé.

Cette feuille de route prolonge la réflexion engagée par la Marine, qui prépare depuis plusieurs mois une flotte de drones de surface pour pallier son manque de navires d’escorte. Elle offre surtout un débouché identifié aux PME, entreprises de taille intermédiaire et start-up de la base industrielle et technologique de défense (BITD), auxquelles l’AID ouvre son guichet unique pendant le salon.

Euronaval, du 3 au 6 novembre à Villepinte

Le ministère des Armées sera présent à Euronaval 2026, qui se tient du mardi 3 au vendredi 6 novembre au parc des expositions Paris-Nord Villepinte. Les projets DANAÉ, Smoker, UCUV et QUANTUM-MAG y seront exposés sur le stand du ministère, dans le hall 6. Les industriels ont désormais une date à retenir : la mi-2027.

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