Equasens : 181,8 millions d’euros en neuf mois, le Ségur en ligne de mire

Image d'illustration

Table des matières

L’éditeur lorrain de logiciels de santé Equasens a publié jeudi 29 octobre un chiffre d’affaires de 181,8 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 5,6 %. La croissance organique, elle, plafonne à 0,9 %. Le groupe attend désormais le second volet du Ségur du numérique en santé.

Le chiffre est flatteur, le détail plus nuancé. Equasens, éditeur de logiciels métier pour les pharmacies, les établissements de santé et les professionnels libéraux, a annoncé jeudi 29 octobre un chiffre d’affaires de 181,8 millions d’euros à fin septembre, contre 172,2 millions un an plus tôt, apprend-on dans un communiqué publié depuis son siège de Villers-lès-Nancy. Sur ces 9,6 millions d’euros supplémentaires, 7,4 millions proviennent des sociétés acquises (EREVO, NOVAPROVE et l’activité DIS), et 0,8 million du programme public Ségur. La croissance organique se limite à 1,5 million d’euros, soit +0,9 %.

Le troisième trimestre confirme ce ralentissement : 57,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, +2,0 % en publié, mais -0,2 % à périmètre constant, après +2,9 % au premier trimestre et 0 % au deuxième.

Pharmagest et l’Italie tiennent la maison

La division PHARMAGEST reste le pilier du groupe avec 130,5 millions d’euros sur neuf mois (+3,1 %), dont 113,1 millions en France (+3,6 %). « En Italie, la croissance s’accélère (+6,6% à 11,7 M€), portée par un T3 particulièrement dynamique (+12,3% à 3,6 M€) », précise le communiqué. L’Allemagne (-11,2 % à 4,1 millions) et la Belgique (-13,2 % à 1,6 million) reculent en revanche.

Le groupe signale par ailleurs que le sinistre survenu le 21 septembre 2026 à son siège et sur un site de stockage n’a pas eu d’incidence sur l’activité du trimestre, les installations s’étant poursuivies grâce aux équipements déjà livrés chez les clients ou stockés sur d’autres sites logistiques.

Dans le détail par activité, les abonnements et la maintenance progressent de 7,9 % à 84,1 millions d’euros, les logiciels et services de 20,2 % à 30 millions, tandis que les ventes de configurations et de matériel reculent de 2,3 % à 67,7 millions.

L’hôpital porte Axigate Link, la carte Vitale freine E-Connect

Quant à la division AXIGATE LINK, tournée vers les établissements de santé, les Ehpad et le maintien à domicile, elle atteint 29,4 millions d’euros (+16,1 %). La filière hospitalière fait figure de locomotive : +81,8 % à 7,2 millions d’euros, grâce au logiciel d’urgences ResUrgences et aux solutions de gestion financière hospitalière DIS, qui apportent 2,4 millions. À périmètre constant, la croissance y atteint 22,7 %. Un marché qui englobe l’hôpital public comme les groupes privés, à l’image de Ramsay Santé.

La division E-CONNECT, dont relèvent les lecteurs de carte Vitale, chute en revanche de 23,4 % à 8,7 millions d’euros. Le groupe mise sur son nouveau lecteur KAP-4CV, compatible avec la carte Vitale physique comme avec sa version dématérialisée sur smartphone. Il « a enregistré ses premières ventes avec 1 500 unités commercialisées », souligne le communiqué, qui précise que ce lecteur « est destiné à accompagner le déploiement de l’Appli Carte Vitale par l’Assurance Maladie ».

De son côté, MEDICAL SOLUTIONS grimpe de 60,9 % à 11,9 millions d’euros grâce à l’intégration d’EREVO, présenté comme le « leader français de la formation continue digitale à destination des médecins et des auxiliaires médicaux », qui a réalisé 5 millions d’euros sur neuf mois. À périmètre constant, la division recule toutefois de 6,8 %. La branche FINTECH, enfin, perd 17,2 % à 1,2 million d’euros.

Le Ségur Vague 2, relais attendu au quatrième trimestre

C’est sur le second volet du Ségur du numérique en santé, le programme public de modernisation et d’interopérabilité des logiciels de santé, que le groupe concentre ses espoirs. Pour l’hôpital, « les référencements Ségur ont été obtenus, permettant le lancement des déploiements au T4 2026 ». Pour le reste d’AXIGATE LINK, « le référencement au titre du Ségur Vague 2 est en cours et attendu d’ici la fin de l’année 2026 », indique le communiqué, qui prévient que les déploiements dépendront « des calendriers réglementaires propres à chaque couloir ».

Denis Supplisson, directeur général d’Equasens, se veut confiant : « Avec la montée en puissance du Ségur Vague 2 au quatrième trimestre, nous restons pleinement mobilisés pour renforcer notre dynamique commerciale d’ici la fin d’année et préparer les relais de croissance de 2027. » Il concède toutefois un « environnement plus exigeant pour les Divisions E-CONNECT et MEDICAL SOLUTIONS ».

Un cloud santé privé et l’IA agentique

Le dirigeant affirme par ailleurs que « l’Intelligence Artificielle constitue un axe majeur de notre feuille de route, aussi bien dans nos solutions qu’au travers de partenariats ciblés ». Le groupe dit poursuivre ses investissements en recherche et développement dans l’IA agentique, sans en chiffrer le montant.

Cette stratégie s’appuie sur une infrastructure maison. En mai, lors de la publication du premier trimestre, Denis Supplisson évoquait déjà, selon La Gazette France, la volonté de « développer nos solutions SaaS hébergées dans notre cloud santé privé ». Le directeur général délégué, Grégoire de Rotalier, y estimait que les premiers revenus du Ségur Vague 2 constituaient « un jalon important pour Equasens et, plus largement, pour l’ensemble des éditeurs de logiciels en santé ».

Prochain rendez-vous : le 4 février 2027, avec la publication du chiffre d’affaires annuel. Le Ségur aura alors dû tenir ses promesses.

Et si vous receviez notre newsletter mensuelle ?

    Plus d'articles

    Abonnez-vous à notre newsletter

    Une sélection d'articles, dans votre boîte mail. Rien d'autre, promis.

    Vous vous êtes abonné à la newsletter avec succès

    Une erreur est survenue lors de l'envoi de votre requête. Veuillez réessayer.

    Refrance : Revue Economique de France utilisera les informations que vous fournissez sur ce formulaire pour rester en contact avec vous et vous proposer des mises à jour et du marketing.