Ramsay Santé : Frédéric Collet proposé à la présidence, les Australiens quittent le conseil

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Le conseil d’administration de Ramsay Santé propose de confier sa présidence à Frédéric Collet, ancien président de Novartis France et du Leem, une fois que Ramsay Health Care aura distribué ses 52,79 % du capital à ses propres actionnaires. Les cinq administrateurs du groupe australien démissionneront. Explications.

Ramsay Santé tourne la page australienne. Lundi 19 octobre, le premier groupe d’hospitalisation privée en France a annoncé que son conseil d’administration, « sur recommandation du Comité des Nominations et des Rémunérations », a décidé de proposer la désignation de Frédéric Collet « en qualité de Président indépendant à l’issue de la distribution », apprend-on dans un communiqué du groupe. L’ancien patron de Novartis France doit d’abord être nommé administrateur par l’assemblée générale du vendredi 4 décembre 2026, à Paris.

La distribution en question est celle que prépare depuis le début de l’année Ramsay Health Care Limited (RHC), actionnaire de contrôle depuis 2014 : l’australien entend distribuer en nature sa participation de 52,79 % à ses propres actionnaires. L’opération est soumise à l’approbation de l’assemblée générale de RHC le mardi 24 novembre et à l’obtention des autorisations requises. Sa réalisation est visée pour le mercredi 9 décembre 2026.

Cinq administrateurs de Ramsay Health Care sur le départ

Le jour de la distribution, cinq administrateurs nommés sur proposition de RHC démissionneront, précise le communiqué : Natalie Davis, actuelle présidente du conseil, Henrietta Rowe, représentante permanente de Ramsay Health Care (UK) Ltd, Steven Sargent, Karen Penrose et Anthony Neilson.

Pour les remplacer, outre Frédéric Collet, le conseil propose l’entrée de deux administrateurs, également soumise au vote du 4 décembre et effective à l’issue de la distribution : Pascal Roché, directeur général du groupe, et Alexandra Boleslawski. Cette dernière a passé 39 ans au sein du groupe Crédit Agricole. Entrée en 1986 dans l’entité devenue Crédit Agricole CIB, elle en a dirigé les risques à partir de 2018, avant d’occuper, de septembre 2019 à septembre 2025, le poste de directrice des risques du groupe Crédit Agricole et de siéger au comité exécutif de Crédit Agricole S.A. Ainsi, à l’issue de l’opération, le conseil devrait compter une majorité d’administrateurs indépendants, conformément au code Afep-Medef.

Frédéric Collet, de Henkel au Leem

Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d’une maîtrise de sciences économiques de l’université Panthéon-Assas, Frédéric Collet a débuté en 1990 chez Kraft Foods Group (Jacobs Suchard), comme auditeur interne et contrôleur de gestion. Il rejoint Henkel en 1992, d’abord comme directeur financier de Henkel Cosmetic, puis dirige le Royaume-Uni et l’Irlande de 2000 à 2004. En 2005, il entre chez Novartis, où il préside successivement Ciba Vision et Sandoz, puis dirige l’oncologie, avant de prendre la présidence de Novartis France de 2017 à 2022.

De 2019 à 2022, il a également présidé le Leem, l’organisation professionnelle des entreprises du médicament. Il y avait été élu le mardi 9 juillet 2019, selon Le Quotidien du pharmacien, après avoir assuré l’intérim de la présidence pendant cinq mois, précise le même titre dans un portrait publié en février 2020.

Depuis 2023, il a fondé et préside Bionnassay-Consult, il est senior advisor chez Eurazeo et préside la « Filière Intelligence Artificielle & Cancers ». Il connaît déjà la maison : il siège notamment, selon le communiqué, au comité de mission de Ramsay Santé, ainsi qu’à l’Institut Imagine.

Predica, premier actionnaire avec 39,82 %

Le départ des Australiens laisse en place l’autre pilier du capital. Dans un communiqué du vendredi 20 février, Ramsay Santé avait indiqué que RHC mettait fin au pacte d’actionnaires conclu en 2014 avec Crédit Agricole Assurances, qui détient, via Predica, 39,82 % du capital. Ce pacte a pris fin le 1er octobre 2026. L’assureur s’y présentait comme un actionnaire de long terme, sans intention de renforcer sa participation ni de prendre le contrôle du groupe. Pascal Roché affirmait alors : « Notre priorité demeure la même : offrir à nos patients des soins de qualité, innovants et accessibles ».

Ce scénario avait déjà été détaillé lors de la présentation stratégique de Ramsay Santé du 17 septembre, qui a relancé la question du contrôle de ce pilier de la santé privée française. Le flottant s’élargira mécaniquement : les actionnaires de RHC recevront des titres d’une société cotée à Paris. Pour leur faciliter la tâche, Ramsay Santé prévoit, selon son communiqué du mercredi 22 juillet, de demander son admission sur l’ASX, la Bourse australienne, en tant qu’entité étrangère exemptée, et d’y faire négocier des CDI (Chess Depositary Interests) conférant une exposition économique et des droits de vote équivalents à ceux d’une action ordinaire.

1,75 milliard d’euros refinancés avant le changement de contrôle

Le groupe a pris les devants côté dette. La perte du contrôle par RHC pouvait déclencher la clause de changement de contrôle de son contrat de crédit, d’un montant maximal de 1,65 milliard d’euros, avait averti Ramsay Santé en février. En juillet, le groupe a refinancé 1,75 milliard d’euros de dette senior, soit un Term Loan B de 1,55 milliard et une ligne de crédit renouvelable de 200 millions, repoussant ses échéances de 2031 à 2033.

Le nouveau président héritera d’un groupe de 492 établissements dans cinq pays (France, Suède, Norvège, Danemark, Italie), 40 000 salariés et 10 000 praticiens, qui soigne 13 millions de patients par an. Sur l’exercice clos le 30 juin 2026, publié le mardi 6 octobre, le chiffre d’affaires a progressé de 3,3 % à 5 381,1 millions d’euros et l’Ebitda de 2,6 % à 637,7 millions, soit une marge de 11,9 %. Le résultat net part du groupe reste dans le rouge, à -48,3 millions d’euros contre -54,1 millions un an plus tôt, pour un levier net retraité de 4,7 fois. Pascal Roché y voit un exercice qui « confirme la solidité de notre modèle, fondé sur une offre de soins véritablement intégrée ».

Le plan Connecting Care 2030, présenté le 17 septembre, vise un ratio de dette nette inférieur à 4 fois l’Ebitda en 2029, selon Option Finance. Prochaine étape le 24 novembre : ce sont les actionnaires de RHC qui voteront le départ de leur propre groupe.

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