Le spécialiste français des équipements électriques et des matériaux avancés a publié mercredi 28 octobre un chiffre d’affaires trimestriel record de 329 millions d’euros, en croissance organique de 14,2 %. Pour la deuxième fois cette année, le groupe relève son objectif de croissance 2026. Explications.
Le groupe Mersen, coté au SBF 120, a annoncé mercredi 28 octobre, après la clôture de la Bourse de Paris, un chiffre d’affaires de 329,2 millions d’euros pour le troisième trimestre 2026, contre 284,5 millions un an plus tôt. La progression atteint 14,2 % à périmètre et changes constants, et 15,7 % en données publiées. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes s’élèvent à 940,7 millions d’euros, en croissance organique de 7,3 %, apprend-on dans le communiqué du groupe.
Salvador Lamas, directeur général de Mersen, se félicite d’un « chiffre d’affaires trimestriel record de 329 millions d’euros » et estime que « la forte dynamique du pôle Electrical Power illustre notre capacité à tirer pleinement parti de l’accélération des investissements dans les infrastructures électriques et les data centers ».
Electrical Power bondit de 22,8 % grâce aux data centers
Le moteur du trimestre se trouve dans le pôle Electrical Power, dont les ventes atteignent 168,6 millions d’euros, en hausse organique de 22,8 %. Cette progression reflète, précise le communiqué, « la poursuite d’une très forte demande pour la protection électrique des data centers, ainsi que le dynamisme des projets en électronique de puissance ». Les marchés des véhicules électriques et de l’éolien « restent par ailleurs bien orientés ».
Le rythme s’accélère nettement. Au premier semestre, ce même pôle affichait une croissance organique de 11,1 %, selon le communiqué semestriel publié le 30 juillet. La demande des centres de données, qui tire l’ensemble de la chaîne électrique, profite aussi à d’autres acteurs français, à l’image de Rexel, qui a racheté l’américain GCG pour 1,4 milliard de dollars.
Quant au pôle Advanced Materials, il renoue avec la croissance : 160,6 millions d’euros de ventes, en hausse organique de 6,4 %, « pour la première fois depuis le troisième trimestre 2024 ». Le groupe l’attribue principalement aux semi-conducteurs silicium et à l’aéronautique. Les ventes destinées aux semi-conducteurs en carbure de silicium (SiC) progressent également, mais « par rapport à une base de comparaison faible », tandis que la chimie demeure en retrait.
En France, l’aéronautique, les réseaux et ACC tirent l’activité
Toutes les grandes régions progressent. L’Asie affiche la plus forte hausse, à 18,6 % en organique, devant l’Amérique du Nord (17,2 %), qui reste la première région du groupe avec 147,8 millions d’euros de ventes sur le trimestre. L’Europe progresse de 9,5 %, à 99,4 millions d’euros.
En France, « l’activité se développe grâce à l’aéronautique, aux réseaux électriques et à la montée en puissance des livraisons pour ACC », souligne le communiqué. Mersen fournit ACC, fabricant de batteries pour véhicules électriques, dont la montée en cadence figurait déjà parmi les relais de croissance cités en juillet. L’Allemagne, en revanche, reste stable : la croissance liée aux semi-conducteurs SiC y est compensée par la fin de certains projets en électronique de puissance.
Le groupe a par ailleurs relevé ses prix d’environ 4 % sur le trimestre. Ces hausses ont permis, selon le communiqué, « de compenser en grande partie l’inflation généralisée des composants et matières ».
Une croissance 2026 désormais attendue entre 6,5 % et 7,5 %
Fort de ce trimestre, Mersen anticipe désormais pour 2026 une croissance organique de ses ventes comprise entre 6,5 % et 7,5 %, contre 4 % à 6 % jusqu’ici. Le relèvement est le second de l’année. Fin juillet, le groupe avait déjà porté sa fourchette de 2 % à 6 % vers 4 % à 6 %, rappelle le communiqué semestriel.
Les objectifs de rentabilité, eux, ne bougent pas. La marge d’EBITDA courant reste attendue entre 16 % et 16,5 %, désormais « dans le milieu de la fourchette », et la marge opérationnelle courante entre 9,0 % et 9,5 %, désormais « dans le haut de la fourchette ». Le groupe précise que ces objectifs tiennent compte « d’une hausse de l’inflation plus forte qu’anticipée et d’un effet mix moins favorable ». Les investissements industriels restent fixés entre 80 et 90 millions d’euros, une enveloppe déjà ramenée en juillet depuis une fourchette de 90 à 100 millions.
Pour le quatrième trimestre, Mersen prévoit la poursuite de la forte dynamique des data centers et des semi-conducteurs silicium, mais des livraisons qui resteront « à un niveau bas » pour les semi-conducteurs SiC et un marché du solaire qui « devrait rester bas ». La chimie restera également faible, « conformément aux attentes ».
Berenberg avait parié sur le pôle électrique dès l’été
Le pôle électrique avait déjà retenu l’attention des analystes cet été. Le 3 août, la banque allemande Berenberg était passée de « Conserver » à « Acheter » sur le titre, relevant son objectif de cours de 48 à 50 euros, selon Option Finance. La banque mettait en avant la croissance organique de 13 % du pôle Electrical Power au deuxième trimestre et une marge d’EBIT de cette division proche de 15 %, « un niveau record ». À cette date, l’action Mersen gagnait déjà plus de 60 % depuis le début de l’année.
Le groupe, qui revendique plus de 50 sites industriels dans 30 pays, maintient ses objectifs à horizon 2029, dont un chiffre d’affaires « autour de 1,7 milliard d’euros », rappelés dans le communiqué de juillet. Prochaine étape : la publication du chiffre d’affaires annuel 2026, le 27 janvier 2027 après Bourse.
