Le conseil d’administration de TotalEnergies a arrêté mercredi 28 octobre les comptes du troisième trimestre 2026, publiés jeudi 29 octobre : résultat net ajusté de 9,1 milliards de dollars, cash-flow de 12,3 milliards. Explications.
TotalEnergies affiche, jeudi 29 octobre, un résultat net ajusté (part du groupe) de 9 097 millions de dollars pour le troisième trimestre 2026, contre 6 027 millions au deuxième trimestre (+51 %) et 3 980 millions un an plus tôt, apprend-on dans un communiqué publié à Paris. Le conseil d’administration, réuni mercredi 28 octobre sous la présidence de Patrick Pouyanné, président-directeur général, a arrêté les comptes. La marge brute d’autofinancement atteint 12 255 millions de dollars (+25 % sur le trimestre) et l’EBITDA ajusté 17 809 millions (+35 %). Sur neuf mois, le résultat net ajusté ressort à 20 518 millions de dollars, en hausse de 75 % sur un an.
Patrick Pouyanné évoque « un environnement de prix élevés, marqué par des marges de raffinage à des niveaux historiques et un marché du gaz haussier », dans lequel TotalEnergies « tire une nouvelle fois pleinement parti de son modèle intégré et de sa diversification géographique ».
Raffinage-Chimie à 3,6 milliards de dollars, marge européenne à 33,2 dollars le baril
Le secteur Raffinage-Chimie réalise un résultat opérationnel net ajusté de 3 601 millions de dollars, contre 1 800 millions au deuxième trimestre et 687 millions au troisième trimestre 2025. L’indicateur de marge de raffinage européen ERM s’établit à 33,2 dollars le baril, contre 13,5 au trimestre précédent et 8,4 un an plus tôt. Le Brent, lui, recule à 97,0 dollars le baril en moyenne (103,8 au deuxième trimestre), mais reste très au-dessus des 69,1 dollars du troisième trimestre 2025.
Avec le Marketing & Services (467 millions de dollars), l’Aval totalise 4,1 milliards de dollars de résultat opérationnel net ajusté, « un trimestre record » selon le communiqué. Les traitements des raffineries progressent de près de 10 %. Dans ce contexte, déclare Patrick Pouyanné, « la Compagnie agit pour la sécurité d’approvisionnement du continent européen en maximisant l’utilisation de ses raffineries et en participant à l’importation de diesel depuis le Moyen-Orient ». Le groupe a par ailleurs annoncé un renforcement de ses mesures de soutien aux consommateurs français face à la hausse du diesel, avec le diesel à 2,15 euros le litre dans 705 stations depuis samedi 31 octobre.
Absheron, Cronos, Ima, Umm Shaif : quatre décisions d’investissement en un trimestre
La production d’hydrocarbures s’élève à 2 474 milliers de barils équivalent pétrole par jour, en hausse de 3 % sur le deuxième trimestre et en baisse de 1 % sur un an. Le conflit au Moyen-Orient pèse pour environ 5 % de la production totale en moyenne sur le trimestre ; hors cet impact, la production progresserait de plus de 4 % sur un an. L’Exploration-Production dégage un résultat opérationnel net ajusté de 3 157 millions de dollars.
Quatre décisions finales d’investissement ont été prises : le champ gazier de Cronos à Chypre (production attendue en 2028), celui d’Ima au Nigéria (alimentation de Nigeria LNG à partir de 2028), Umm Shaif Gas Cap aux Émirats arabes unis (plus de 600 millions de pieds cubes par jour de gaz d’ici 2030) et Absheron Phase 2 en Azerbaïdjan, un champ déjà évoqué à propos des commandes de tubes à Vallourec. Résultat, selon Patrick Pouyanné : « tous les projets participant à l’atteinte de l’objectif de croissance de la production de plus de 3 % par an à horizon 2030 sont désormais en phase d’exécution ».
Le secteur Integrated LNG affiche pour sa part 1 885 millions de dollars de résultat opérationnel net ajusté, avec un prix moyen de vente du GNL en hausse de 20 % à 12,28 dollars le million de BTU.
Shell, KKR, Grandpuits : l’électricité et le recyclage au menu
Integrated Power inscrit 602 millions de dollars de résultat opérationnel net ajusté, avec une production en hausse de plus de 20 %. Le communiqué recense l’acquisition d’un portefeuille de 4 GW d’actifs renouvelables onshore de Shell en Europe, la cession à KKR de 50 % d’un portefeuille développé de 1,2 GW, et l’apport de 700 MW de renouvelables à la coentreprise 50/50 avec KKR aux États-Unis, déjà détaillé par Refrance. Le groupe précise que certaines transactions restent soumises à l’accord des autorités ou à des conditions suspensives.
Côté France, TotalEnergies rachète l’ensemble des parts de l’usine de recyclage chimique de plastiques de Grandpuits. Par ailleurs, le groupe signe un partenariat de trois ans avec Mistral pour développer des modèles d’intelligence artificielle de frontière dédiés à l’exploration et à l’ingénierie des réservoirs, et un accord avec Global Infrastructure Partners sur des actifs d’infrastructures énergétiques en Afrique, pour 1,8 milliard de dollars.
Endettement à 9,1 %, dividende à 0,90 euro, 2,5 milliards de dollars de rachats
Le ratio d’endettement tombe à 9,1 % au 30 septembre 2026, contre 13,1 % au 30 juin et 17,3 % un an plus tôt, grâce à un cash-flow disponible de plus de 6 milliards de dollars après dividendes. Les investissements nets s’élèvent à 3,3 milliards de dollars au troisième trimestre et 11,2 milliards sur neuf mois, « en ligne avec la guidance annuelle de 15 G$ ».
Le conseil a autorisé une nouvelle augmentation de capital réservée aux salariés, avec une décote de 20 % sur le prix des actions, et confirmé le troisième acompte sur dividende à 0,90 euro par action au titre de 2026, en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. Dans le cadre de l’objectif de distribution de 40 % du cash-flow aux actionnaires, les rachats d’actions pour annulation sont fixés à 2,5 milliards de dollars pour le quatrième trimestre 2026 et le premier trimestre 2027.


