Euronaval : l’amiral Cluzel prévient que « notre supériorité peut être contestée partout »

Image d'illustration - Crédits photo : Marine Nationale

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À trois jours de l’ouverture d’Euronaval, le ministère des Armées et des Anciens combattants a présenté vendredi 30 octobre le contenu de son stand au salon de Villepinte. Le chef d’état-major de la Marine y décrit un monde gagné par le « désordre stratégique ». Explications.

Le ministère des Armées et des Anciens combattants a dévoilé, vendredi 30 octobre 2026, les capacités qu’il exposera à Euronaval, le salon international du naval de défense organisé du mardi 3 au vendredi 6 novembre au Parc des expositions de Paris-Nord Villepinte. Le rendez-vous doit permettre de « présenter les capacités et les innovations qui permettent à la Marine nationale de protéger les intérêts français et de préserver sa liberté d’action sur tous les océans », précise la publication du ministère.

Le ton est donné par l’amiral Christophe Cluzel, chef d’état-major de la Marine. « Aujourd’hui, le monde est caractérisé par le désordre stratégique qui ne cesse de s’accroître », rappelle-t-il. « Ce désordre s’appuie sur le délitement de l’ordre international et sur une dynamique de réarmement, notamment dans le domaine naval. » Les conflits débordent ensuite en mer et « notre supériorité peut être contestée partout », renchérit l’officier général.

L’édition 2026 du salon, qui se tient tous les deux ans, coïncide par ailleurs avec une année symbolique : la Marine nationale célèbre ses 400 ans.

De la mer Rouge aux câbles sous-marins, la carte des tensions dressée par le ministère

Le ministère détaille les théâtres où cette supériorité est mise en cause. Au Proche et au Moyen-Orient, la multiplication des attaques de drones et de missiles contre les navires met la sécurité maritime internationale « à rude épreuve ». Pour protéger le trafic en mer Rouge, la Marine nationale participe à l’opération européenne Aspides, lancée le 19 février 2024.

Dans la région Indopacifique, comprise entre Djibouti et la Polynésie, la France occupe « une place singulière en tant que nation souveraine de la région », souligne le ministère, qui rappelle qu’elle y compte près de deux millions de ressortissants. La compétition stratégique gagne enfin les fonds marins, où des infrastructures critiques comme les câbles sous-marins requièrent, selon le texte, une surveillance accrue.

Dans ce contexte, la capacité de la Marine nationale à « voir, comprendre, protéger et agir devient une condition de l’autonomie stratégique de la France », affirme la publication.

Syracuse IVB, CAPTAS-4 et RapidFire sur le stand G98 du hall 6

Sur son stand G98, dans le hall 6, le ministère présentera les maquettes des systèmes de communication Syracuse IVB et OneWeb Nexus, le sonar remorqué CAPTAS-4, des drones de surface et sous-marins, ainsi que des systèmes de lutte antidrone et de défense rapprochée, dont le RapidFire. Un volet qui prolonge le dossier des drones navals de la Marine nationale.

Les grands programmes seront aussi représentés : la frégate de défense et d’intervention (FDI), le Rafale Marine, un sous-marin nucléaire d’attaque de la classe Suffren et la maquette du futur porte-avions France Libre.

Pour sa part, le ministère insiste sur la dimension industrielle du rendez-vous. La préparation des capacités navales repose, selon lui, sur une coopération entre les forces armées, la Direction générale de l’armement (DGA) et l’industrie de défense, qui associe besoins opérationnels, expertise technique et compétences industrielles. Euronaval est présenté comme « un pont entre les besoins opérationnels de la Marine et l’industrie de défense ».

Le GICAN chiffre le réarmement naval mondial : de 10 à 17 SNA

Le réarmement invoqué par l’amiral Cluzel se lit dans les chiffres de la filière. Selon Mer et Marine, l’étude World Defense Shipbuilding, réalisée par le Groupement des industries de construction et activités navales (GICAN) avec Flottes de combat, fait état d’une hausse d’environ 50 % du chiffre d’affaires du secteur. Le nombre de sous-marins nucléaires d’attaque produits dans le monde est passé de 10 à 17 entre les périodes 2022-2024 et 2024-2026, soit plus de 27 milliards de dollars d’investissements, tandis que la construction de destroyers a quasiment doublé.

Le salon lui-même change d’échelle. Toujours selon Mer et Marine, quelque 700 exposants sont attendus pour cette 30e édition, contre 483 en 2024, soit une progression de 45 %. Les exposants spécialisés dans les drones passent de 17 à une soixantaine. Les données ont été présentées à la presse mardi 20 octobre par Pierre Éric Pommellet, président du GICAN et d’Euronaval, et Philippe Missoffe, délégué général du GICAN. Thème retenu : « Vers la haute intensité ».

Patrick Pailloux et l’amiral Cluzel attendus à la tribune

De nombreuses personnalités politiques, militaires et industrielles sont attendues à Villepinte, ainsi que des délégations officielles étrangères. Prendront notamment la parole l’amiral Christophe Cluzel et Patrick Pailloux, délégué général pour l’armement.

Quant au chef d’état-major de la Marine, il assure n’avoir pas « d’autre ambition que de permettre à nos marins de continuer à protéger efficacement la France, les Français et leurs intérêts ». Ouverture des portes mardi 3 novembre, à 9 heures.

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