Mistral AI a publié le jeudi 29 octobre les poids de Mistral Large 4, son modèle d’un billion de paramètres, comme promis lors de la présentation du 6 octobre. Licence, prix, résultats : explications.
Mistral AI a rendu publics, jeudi 29 octobre, les poids de Mistral Large 4, surnommé « Le Chonk » par l’entreprise, apprend-on dans un communiqué publié sur son site. Le modèle, présenté en préversion le 6 octobre, avait fait l’objet d’une promesse : les poids annoncés pour la fin octobre. L’engagement est tenu avec deux jours d’avance.
Un billion de paramètres, 52 milliards actifs, sous licence « Mistral Ecosystem Open-Weight »
Le modèle compte un billion de paramètres, dont 52 milliards actifs, selon la présentation du 6 octobre. Il est multimodal, maîtrise plus de 160 langues et propose trois niveaux de raisonnement : bas, moyen et élevé, ce dernier étant le réglage par défaut. Les poids sont téléchargeables sur Hugging Face, sous le nom Mistral-Large-4-1T-A52B.
La licence, baptisée « Mistral Ecosystem Open-Weight », est présentée comme une licence MIT modifiée. Le modèle peut être utilisé, modifié, affiné et commercialisé librement, à une condition : les entreprises qui exploitent une offre de modèle en tant que service doivent obtenir au préalable une licence commerciale distincte auprès de Mistral. Autrement dit, les hébergeurs concurrents devront passer par la caisse.
Mistral affirme avoir entraîné le modèle à partir de zéro sur une infrastructure européenne. La préversion du 6 octobre évoquait 3 800 puces Nvidia Grace Blackwell installées dans ses propres centres de données en Europe.
Terminal-Bench 4.0 : de 28 % à 41 % en trois semaines
Le communiqué présente une version améliorée par rapport à la préversion. Sur Terminal-Bench 4.0, un test d’agents de codage, le score passe de 28 % à 41 %, avec 30 % de jetons de sortie en moins. Sur l’indice Coding Agent d’Artificial Analysis, Mistral Large 4 atteint 48 %, soit pratiquement à égalité avec GLM-5.3, le meilleur modèle ouvert du moment selon Mistral, tout en consommant 47 % de jetons en moins par tâche.
Sur FrontierCode 2.0, un test privé de Cognition, le modèle obtient 19,7 %. Dans une évaluation humaine par paires menée par Surge, il est préféré à GLM-5.3, Kimi K3 et DeepSeek V4.1 Flash, et devancé par le seul Claude Opus 5.5. Mistral revendique ainsi le titre de meilleur modèle ouvert pour le code. Tous ces chiffres sont ceux de l’éditeur.
Côté tarifs, l’API facture 0,70 dollar par million de jetons en entrée, 0,07 dollar pour les jetons en cache et 2,10 dollars par million en sortie. Le modèle est disponible dans Mistral Studio, sur OpenRouter, dans l’outil Vibe Code et sur les points d’accès hébergés par Nvidia. Microsoft Foundry est présenté comme le premier fournisseur de cloud à le proposer à ses clients.
Orange Cyberdefense et la cybersécurité en vitrine
Le communiqué fait de la cybersécurité l’argument central. L’indice Cyber d’Artificial Analysis place le modèle à 51 %. Le taux moyen de refus des requêtes cyber malveillantes atteint 96,6 %, « le plus élevé que nous mesurons parmi les modèles ouverts », écrit Mistral (traduit de l’anglais). La résistance aux attaques mesurée par Lakera (test B3) monte à 97,1 %, contre 93,3 % pour la préversion.
Mistral ne cache pas le revers. « Bien que nous ayons observé le modèle refuser d’obéir à des attaques en boîte noire contre des cibles réelles, nous voyons un risque d’aide à la conduite d’attaques réelles. Nous modifions nos garde-fous en conséquence », écrit l’entreprise (traduit de l’anglais). Une variante spécialisée, optimisée pour les flux de travail de cybersécurité avancés, est accessible en préversion à des partenaires comme Orange Cyberdefense, après vérification et garanties contractuelles.
Hugues Foulon, directeur général d’Orange Cyberdefense, déclare : « Avec Mistral AI, nous construisons une IA de cyberdéfense européenne, entraînée par nos experts et exploitée sous leur contrôle » (traduit de l’anglais). Oliver Biton, directeur des systèmes d’information du groupe Crédit Agricole, estime pour sa part que « maîtriser son IA commence par maîtriser son architecture et ses données » (traduit de l’anglais).
La Banque Postale, ASML, ABN Amro et l’argument de la souveraineté
Le communiqué aligne une vingtaine de témoignages : Booz Allen Hamilton, Cisco, Cloudflare, CrowdStrike, Fortinet, Nvidia, Zscaler, mais aussi ASML, Belfius, ABN Amro, La Banque Postale, l’Agence spatiale européenne et l’agence européenne de cybersécurité ENISA. Zakaria Moursli, de La Banque Postale, juge que « cet investissement majeur de Mistral AI renforce le choix » fait par la banque « il y a plus d’un an » (traduit de l’anglais).
Un rapport technique complet est annoncé pour bientôt.


