La start-up française Wandercraft a annoncé, jeudi 1er octobre, le rachat d’Ekso Bionics, pionnier californien des exosquelettes médicaux, auprès d’une filiale du groupe coté ChronoScale. Explications.
Wandercraft, fondée en 2012 et dirigée par son cofondateur Matthieu Masselin, a annoncé jeudi 1er octobre l’acquisition d’Ekso Bionics, Inc. auprès d’une filiale de ChronoScale Holdings Corporation (Nasdaq : CHRN), selon un communiqué diffusé depuis New York et San Rafael (Californie). L’opération réunit « deux leaders de la robotique de mobilité », précise le groupe dans son texte, traduit de l’anglais.
Une transaction signée et bouclée le même jour
Les conseils d’administration de Wandercraft et de ChronoScale ont approuvé la transaction à l’unanimité, indique le communiqué. Elle a été signée et finalisée simultanément. Aucun calendrier de réalisation n’est donc à attendre.
Les conditions financières, elles, restent secrètes : le communiqué précise qu’elles « n’ont pas été divulguées » (traduit de l’anglais). Ni prix, ni valorisation d’Ekso Bionics, ni modalités de paiement ne figurent dans le texte publié par l’acquéreur.
Atalante X, EksoNR, Eve et Indego Personal sous un même toit
Le périmètre est clair. Atalante X, l’exosquelette de rééducation de Wandercraft, et EksoNR, son équivalent américain, équipent ensemble plus de 700 centres de rééducation dans le monde, où ils servent à remettre des patients debout et en marche, selon le communiqué. Le nouvel ensemble conserve quatre produits : Atalante X, EksoNR, Eve et Indego Personal, couvrant la rééducation en établissement comme la mobilité personnelle.
Wandercraft affirme vouloir continuer à soutenir ces quatre produits, ainsi que les clients, les cliniciens et les personnes qui en dépendent. Le groupe met en avant la complémentarité des deux entreprises : à lui la robotique avancée, l’expertise en intelligence artificielle appliquée au monde physique et une position de leader dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique ; à Ekso la présence sur le marché américain, l’expérience clinique et la force commerciale.
Matthieu Masselin : « les deux côtés de l’Atlantique »
Le dirigeant assume la logique transatlantique. « Nous partageons une vision de la façon dont la robotique peut redonner de l’autonomie aux personnes dont la mobilité a été injustement limitée par une blessure ou une maladie », déclare Matthieu Masselin, PDG et cofondateur de Wandercraft (traduit de l’anglais). Il évoque aussi l’occasion « d’élargir l’accès à la mobilité robotisée dans le monde entier », grâce à la réunion des produits, des équipes et des relations cliniques « des deux côtés de l’Atlantique » (traduit de l’anglais).
De son côté, Scott Davis, qui s’exprime pour la future entité Ekso Bionics, souligne que la société a passé deux décennies à explorer les technologies robotiques, à faire progresser l’ingénierie et la recherche et développement, et à bâtir un solide corpus de recherche clinique.
Un rachat qui intervient en pleine recherche de 100 M€
Le calendrier n’est pas anodin. Selon Maddyness, qui la classait début septembre parmi les levées de fonds les plus attendues de la rentrée, Wandercraft cherchait alors à lever environ 100 millions d’euros, sur la base d’une valorisation avant levée de 750 millions d’euros, avec l’appui de Goldman Sachs dans les discussions. Le média ne dit pas si ce tour est bouclé ; le communiqué du 1er octobre n’y fait pas référence.
Maddyness rappelle par ailleurs que Renault est entré au capital de la société en 2025, lors d’une série D de 75 millions de dollars, et que le constructeur prévoit de déployer 350 robots humanoïdes dans ses usines françaises et espagnoles d’ici fin 2027. Wandercraft développe donc deux métiers : les exosquelettes de rééducation, utilisés notamment dans les hôpitaux, et les robots humanoïdes pour l’industrie.
Pour l’heure, le communiqué ne détaille ni le sort des équipes américaines d’Ekso, ni l’organisation du nouvel ensemble.


