Budget 2027 : la surtaxe sur les bénéfices des grands groupes reconduite à 5 milliards d’euros, le Medef y voit « un mauvais signal »

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Présenté le 1er octobre, le projet de loi de finances prolonge d’un an la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mais à des taux réduits. Quelques heures plus tard, le Medef publiait un communiqué qui en fait le symbole d’un budget qui, selon lui, retire aux entreprises les moyens d’investir.

Créée pour un seul exercice, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est de nouveau reconduite. Le 1er octobre à 16h47, le Medef a réagi à la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 en rappelant que cette surtaxe, « initiée pour la seule année 2025 », est « ramenée de 7 à 5 milliards d’euros » et que sa reconduction « reste un mauvais signal ».

De 20,6 % à 15,7 % : le barème de la surtaxe baisse d’environ un quart

Le gouvernement allège le dispositif sans l’abandonner. Selon DAF Magazine, le rendement pour l’État passerait de 7 à 5 milliards d’euros en 2027. Pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est compris entre 1 et 3 milliards d’euros, le taux de la contribution passerait de 20,6 % à 15,7 %. Au-delà de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, il serait ramené de 41,2 % à 31,4 %.

Les deux sources consultées ne précisent pas le seuil exact d’application pour 2027 ni les exercices concernés. Ces paramètres devront être vérifiés dans le texte du PLF, qui doit encore être débattu et voté par le Parlement.

Vinci, Eiffage et ADP : la taxe sur autoroutes et aéroports jusqu’à 12,2 %

Le geste en faveur des grands groupes est en partie compensé ailleurs. D’après DAF Magazine, la taxe visant les exploitants d’aéroports et d’autoroutes passerait de 4,6 % à 12,2 % au maximum, en fonction de la rentabilité de l’entreprise, pour un rendement attendu compris entre 600 millions et 1,4 milliard d’euros. Le magazine cite Vinci, Eiffage et ADP parmi les opérateurs concernés.

Le Medef inscrit cette mesure dans une liste de « taxes sectorielles » qui s’allonge : taxe sur les infrastructures de transport longue distance, contribution sur les produits transformés sucrés, contribution exceptionnelle sur le transport maritime, hausse de la taxe sur les conventions d’assurance automobile et contribution des complémentaires santé. Il en tire un avertissement : ces taxes « vont immanquablement réduire les capacités d’investissement et affaiblir la compétitivité des entreprises concernées ».

« Fragilise la parole donnée » : l’argument de la stabilité fiscale face aux investisseurs étrangers

Pour le Medef, le problème tient autant au principe qu’au montant. Il écrit : « Une contribution réduite reste une charge ; une contribution exceptionnelle reconduite fragilise la parole donnée et inquiète les investisseurs, en particulier les étrangers. »

L’organisation défend aussi une conception de la rentabilité : « La rentabilité finance aussi la modernisation, la décarbonation et le développement : elle ne peut être considérée comme une réserve budgétaire disponible. » Elle salue les mesures de soutien à l’industrie et à la reprise d’entreprises par les salariés, tout en estimant qu’elles seront moins efficaces si les prélèvements réduisent la capacité des entreprises à les utiliser. Sa formule : « Le budget ne peut miser sur le rebond des entreprises tout en leur retirant les moyens de le réaliser. »

Près de 20 milliards d’euros de prélèvements : le gel des allègements généraux dans le viseur

Le Medef chiffre à « près de 20 milliards d’euros » l’accumulation de prélèvements sur le travail et de taxes sectorielles. Il cible en particulier le gel des allègements généraux et l’élargissement de leur assiette de calcul, qui touchent les entreprises à forte intensité de main-d’œuvre. « Réduire un allègement, c’est augmenter les prélèvements sur le travail », affirme-t-il.

Le communiqué reprend les hypothèses du scénario gouvernemental : une croissance de 0,5 % en 2026 puis de 1 % en 2027, un rebond de l’investissement des entreprises de 1,6 % et une nouvelle baisse de 0,3 % de l’emploi salarié. Le Medef précise que cette reprise reste « à confirmer » et dépendra des tensions énergétiques et géopolitiques.

Dette à 121,7 % du PIB et charge de 72,9 milliards d’euros : pourquoi l’État garde la ressource

L’exécutif a peu de marge pour renoncer à ces recettes. Selon le Medef, qui s’appuie sur la trajectoire du gouvernement, le déficit public passerait de 5,4 % à 5 % du PIB, mais la dette continuerait de progresser jusqu’à 121,7 % du PIB. La charge de la dette de l’État atteindrait 72,9 milliards d’euros, soit 9,6 milliards de plus qu’en 2026, tandis que les prélèvements obligatoires passeraient de 43,9 % à 44,2 % du PIB. Ces chiffres n’ont pas été recoupés avec le texte du PLF.

Pour la souveraineté économique, l’équation est double : conserver l’attractivité du pays pour les capitaux, que le Medef juge fragilisée par la reconduction d’une taxe dite exceptionnelle, et limiter la dépendance de l’État aux prêteurs, alors que la charge d’intérêts absorbe des ressources avant tout nouveau financement. Le Medef attend du débat parlementaire qu’il écarte les mesures qui renchérissent le travail, qu’il respecte « le caractère exceptionnel de la surtaxe sur les bénéfices » et qu’il engage des réformes de la dépense publique produisant des économies structurelles.

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