EPC Groupe : le fabricant d’explosifs français accélère à l’international pendant que son marché hexagonal reste atone

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L’un des derniers grands fabricants français d’explosifs civils affiche un semestre solide. Mais sa croissance vient presque entièrement de l’étranger, un constat qui interroge la place de l’Hexagone dans une filière jugée stratégique.

Un semestre en nette accélération

EPC Groupe, coté sur Euronext Paris (EXPL), a publié le 30 septembre 2026 ses résultats du premier semestre. Le chiffre d’affaires atteint 322,7 millions d’euros, en hausse de 12,6 %. L’EBITDA progresse plus vite que l’activité, à 43,8 millions d’euros (+17,7 %), soit une marge de 13,6 % contre 13,0 % un an plus tôt. Le résultat opérationnel gagne 29,5 %, à 27,9 millions d’euros, et le résultat net 17,4 %, à 17,3 millions d’euros.

Le bilan reste sain. La dette nette s’établit à 61,6 millions d’euros pour des fonds propres de 210,6 millions, soit un gearing de 29 %. Le groupe dispose par ailleurs de 34,3 millions d’euros de lignes de crédit non utilisées, ce qui lui laisse de la marge pour poursuivre sa croissance.

Par activité, l’ensemble des pôles progresse. Le cœur de métier, Explosifs et Forage-minage, croît de 12,3 %. Urban Mining, consacré à la déconstruction, gagne 5,5 %, et Global Technical Solutions bondit de 20,2 %.

Une croissance tirée par l’export

La géographie de la croissance est révélatrice. La zone Europe-Méditerranée-Amériques progresse de 12,1 %, portée par le Canada (+30 %), le Maroc (+50 %) et le Brésil (+40 % au deuxième trimestre). Le Royaume-Uni se montre également dynamique, avec environ +20 %. La zone Afrique-Asie-Pacifique rebondit de 14,0 %, avec le Sénégal (+88 %), le Gabon (+46 %) et une expansion notée en Australie.

La France, elle, est décrite comme restée « difficile » dans le communiqué. Le marché domestique, adossé aux carrières, au BTP et aux chantiers d’infrastructures, ne contribue donc pas à la dynamique du semestre. Ce décalage est un signal : l’un des leaders historiques de la filière réalise ses meilleures progressions loin de son territoire d’origine.

Deux contrats structurants ont été annoncés. Le premier, supérieur à 5 millions d’euros, concerne un chantier hydroélectrique en France. Le second, d’environ 23 millions d’euros sur trois ans, porte sur des services miniers dans une exploitation aurifère au Sénégal. La direction affirme que le contexte géopolitique instable n’a eu que des « impacts limités » sur ses opérations.

Un acteur centenaire de l’industrie des explosifs

Fondée en 1893 par Eugène-Jean Barbier à Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône, la société a exploité l’un des premiers brevets de dynamite d’Alfred Nobel et a participé au percement du tunnel du Gothard. Son siège est aujourd’hui à La Défense. Le groupe compte plus de cinquante filiales dans une vingtaine de pays et produirait environ 145 000 tonnes d’explosifs par an, selon les informations publiques disponibles.

Cette implantation internationale explique la résilience des résultats : lorsque les chantiers français ralentissent, les carrières marocaines, les mines canadiennes ou les exploitations africaines prennent le relais. Elle illustre aussi un modèle devenu courant dans l’industrie française, où la croissance se construit à l’étranger pendant que le tissu productif national peine à se redresser.

Pourquoi le sujet intéresse la souveraineté économique

Les explosifs civils sont indispensables à l’extraction de granulats, de minerais et de roches utilisés dans la construction et les infrastructures. Ils sont aussi, par leur nature, une activité réglementée et sensible. Disposer d’un producteur national capable de fabriquer, stocker et distribuer ces produits participe de l’autonomie d’approvisionnement de secteurs entiers, des carrières aux grands chantiers publics.

L’épisode est d’autant plus intéressant que le groupe a tenté un rapprochement avec son concurrent suisse Société Suisse des Explosifs (SSE) au début de l’année. Selon les sources publiques consultées, les négociations ont pris fin le 1er juin 2026 sans accord. La consolidation du secteur européen reste donc ouverte, et la question de l’actionnariat et de l’ancrage des producteurs se posera à nouveau.

Autre élément à suivre : la reconnaissance extra-financière. EPC Groupe indique avoir obtenu la médaille d’or EcoVadis, avec un score de 83/100, ce qui le place parmi les 4 % d’entreprises les mieux notées au monde sur la responsabilité sociale et environnementale. Un atout commercial face aux grands donneurs d’ordre miniers et d’infrastructures.

Ce qu’il faut retenir

Le groupe confirme sa trajectoire de croissance rentable et se dit confiant pour le second semestre, porté par la demande minière et d’infrastructures. Les points de vigilance sont la faiblesse persistante du marché français, la concentration de la croissance sur quelques pays (Canada, Maroc, Brésil, Sénégal) et l’issue d’éventuelles opérations de consolidation en Europe. Les prochains rendez-vous à surveiller seront le chiffre d’affaires du troisième trimestre et l’évolution de la commande publique en France.

Limites de cet article : le texte intégral du communiqué n’a pu être consulté que via des reprises de diffusion, et certains éléments de contexte (production annuelle, historique) proviennent de sources encyclopédiques et non du communiqué lui-même.

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