Engie : le rachat du nucléaire belge par l’État repoussé au 4 novembre

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L’État belge, Engie et sa filiale Electrabel ont annoncé mercredi 30 septembre le report d’un mois de la date cible de leur protocole d’accord sur la cession des sept réacteurs belges du groupe. Délai supplémentaire.

Mercredi 30 septembre, l’État belge, ENGIE S.A. et Electrabel NV/SA ont convenu de reporter au 4 novembre 2026 la date cible pour la conclusion des « Heads of Terms », le protocole d’accord qui doit encadrer la potentielle acquisition des activités nucléaires d’Engie en Belgique par l’État, apprend-on dans un communiqué publié sur la salle de presse du groupe.

Le calendrier figurait dans la lettre d’intention du 29 avril 2026. Selon Zonebourse, qui a relayé l’information jeudi 1er octobre, la date initialement visée était le 1er octobre, soit environ cinq mois après la signature de la lettre.

Le motif invoqué : « la complexité et l’ampleur de l’opération »

Le communiqué tient en quelques lignes et ne détaille ni les points de blocage ni la répartition des rôles entre les parties. Il avance un seul motif. « Compte tenu de la complexité et de l’ampleur de l’opération envisagée, un délai supplémentaire est nécessaire afin de permettre aux parties de finaliser leurs analyses et leurs discussions en cours », précise le texte.

Aucun chiffre n’est publié sur le prix, le calendrier de la transaction ou les garanties demandées par l’une ou l’autre des parties. Le communiqué ne mentionne pas non plus de réaction d’un membre du gouvernement belge.

Sept réacteurs, personnel et passif de démantèlement dans le périmètre

C’est le périmètre de la discussion qui explique, en creux, la longueur des échanges. D’après Zonebourse, l’opération envisagée porte sur l’ensemble des activités nucléaires belges d’Engie : les sept réacteurs, le personnel associé, toutes les filiales nucléaires, ainsi que les actifs et les passifs, y compris les obligations de démantèlement.

Ce dernier volet est le plus sensible. Révolution Énergétique rapporte, dans un article publié le 13 mai, que certains scénarios évoquent une facture comprise entre 40 et 60 milliards d’euros sur un siècle pour le démantèlement et la gestion des déchets nucléaires belges. Le média précise que l’acquisition couvre bien les actifs, les passifs et les obligations de démantèlement.

Cinq réacteurs déjà à l’arrêt depuis la loi de 2003

Sur les sept réacteurs concernés, cinq sont déjà à l’arrêt, selon Révolution Énergétique, conséquence de la loi votée en 2003 qui organisait une sortie complète du nucléaire à l’horizon 2025. Le même article indique que le Parlement belge a retiré en mai 2025 les références légales à cette sortie.

Le gouvernement du Premier ministre Bart De Wever, avec Mathieu Bihet comme ministre de l’Énergie, défend selon le média une relance du nucléaire autour de trois axes : prolonger les réacteurs existants, étudier la remise en service de certaines unités arrêtées et préparer la construction de nouvelles capacités. Zonebourse résume la démarche de Bruxelles comme une volonté de reprendre directement la propriété des actifs nucléaires pour prolonger l’exploitation des réacteurs tout en développant de nouvelles capacités.

Engie, propriétaire du parc belge depuis le rachat de Suez en 2008

Pour Engie, l’enjeu est celui d’un actif hérité. Selon Révolution Énergétique, le groupe a acquis ces installations en 2008 lors de la prise de contrôle de Suez. Electrabel, filiale du groupe, est présentée comme la partie vendeuse.

Le mécanisme d’une cession à l’État belge reste, à ce stade, une hypothèse de négociation. Le communiqué parle d’une « potentielle » acquisition et ne dit rien d’un engagement ferme de l’une ou l’autre des parties.

Prochaine étape : le 4 novembre

Le communiqué parle d’une date « cible », et non d’une échéance ferme. Les parties ont désormais jusqu’au mercredi 4 novembre pour conclure les « Heads of Terms ». Ni le prix ni le calendrier de la transaction ne sont publiés.

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