D.A.T.E., spécialiste grenoblois des échangeurs thermiques pour la défense, rachète SOFILEMA-NMGP, atelier d’usinage de précision de douze salariés. Première croissance externe depuis l’introduction en Bourse. Explications.
Le groupe D.A.T.E., coté sur Euronext Growth Paris, a finalisé jeudi 1er octobre l’acquisition de 100 % de SOFILEMA-NMGP, société de mécanique de précision basée à Argenteuil (Val-d’Oise), apprend-on dans un communiqué publié par l’entreprise le jour même. L’opération, effective dès le 1er octobre, est financée sur fonds propres.
Quatre divisions de Safran et Air France Industries au carnet de SOFILEMA-NMGP
SOFILEMA-NMGP emploie douze personnes et travaille pour l’aéronautique civile et militaire. Le communiqué distingue deux briques : SOFILEMA, qui fournit des prestations d’ingénierie de précision, et NMGP, sa filiale, qui assure la fabrication et la transformation mécanique. Au catalogue figurent l’usinage de précision, l’outillage, l’électroérosion et le contrôle dimensionnel en trois dimensions.
La clientèle donne la mesure du dossier : quatre divisions du groupe Safran et Air France Industries. L’ensemble apporte environ 2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, avec une rentabilité alignée sur les standards de D.A.T.E. et un faible endettement financier, précise le communiqué.
Philippe Bottu, dirigeant de D.A.T.E., présente l’opération comme la première mise en œuvre concrète de la stratégie de croissance externe exposée lors de l’introduction en Bourse. Le rapprochement doit permettre d’internaliser des activités jusqu’ici sous-traitées, de mieux maîtriser l’exécution des projets et de compléter l’exposition du groupe à l’aéronautique. Les deux entreprises comptent aussi se vendre mutuellement leurs portefeuilles de clients.
Un chiffre d’affaires de 3,8 millions d’euros en 2025 : l’acheteur est à peine plus gros que sa cible
Le rapprochement se fait entre deux structures de très petite taille. Selon Zonebourse, qui détaillait le projet d’introduction le 10 septembre, D.A.T.E. a été créée en 1979 autour de Grenoble, comptait 31 salariés et affichait un chiffre d’affaires de 3,8 millions d’euros en 2025, avec une marge d’Ebitda de 23,5 %. Les 2 millions d’euros de SOFILEMA-NMGP représentent donc plus de la moitié de ce chiffre.
Le montant de la transaction n’est pas communiqué. Autre écart à relever : Zonebourse évoquait en septembre une lettre d’intention signée fin juillet pour une cible réalisant environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires dans la défense et l’aéronautique, avec une finalisation attendue à l’automne. Le communiqué du 1er octobre retient le chiffre de 2 millions d’euros, sans commenter cette différence.
Ainsi, l’acquisition arrive très tôt dans la vie boursière du groupe. D’après Zonebourse, l’offre, ouverte du 9 au 22 septembre, fixait le prix de l’action à 19,36 euros, pour une levée envisagée d’environ 11 millions d’euros, dont 10 millions d’augmentation de capital. Les premières cotations étaient programmées le 25 septembre, soit six jours avant l’annonce.
Un site grenoblois de 2 200 m² appelé à passer à 8 600 m²
D.A.T.E. conçoit des solutions d’échange thermique pour les radars, les systèmes embarqués et la recherche. Zonebourse cite parmi ses clients Thales, Leonardo, Safran, Hanwha, le CERN et Fermilab. Le groupe affirme viser 5 à 6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026 et 35 millions d’euros en 2030, avec une marge d’Ebitda supérieure à 30 %.
Pour y parvenir, la société prévoit de consacrer environ 30 % des fonds levés à un nouveau site industriel. Elle occupe aujourd’hui 2 200 m² près de Grenoble et vise 8 600 m². Zonebourse relève aussi que six autres cibles d’acquisition avaient été identifiées, en plus de celle qui vient d’être conclue.
Reste que la chaîne de sous-traitance aéronautique et de défense française, où se côtoient grands donneurs d’ordres et ateliers de quelques dizaines de salariés, trouve ici un exemple de consolidation par le bas : une PME cotée depuis une semaine absorbe un atelier qui travaille pour Safran. Le communiqué ne précise ni les emplois conservés ni l’avenir du site d’Argenteuil.
Prochaine échéance : le groupe n’a pas communiqué de calendrier pour de nouvelles opérations.


