Safran Power Units annonce, mercredi 30 septembre, un investissement pour doubler la capacité de son site de Grand Prairie, au Texas, où seront assemblés les turboréacteurs TR40 du Naval Strike Missile. Explications.
Safran Power Units annonce, mercredi 30 septembre 2026, un investissement destiné à doubler la capacité de son usine de Grand Prairie (Texas), qui produit des turboréacteurs pour missiles et drones. Selon le communiqué du groupe, cette capacité supplémentaire sera disponible en 2028. Le texte précise que la famille de moteurs TR40, qui équipe le missile antinavire Naval Strike Missile, sera assemblée sur ce site. Safran se dit par ailleurs prêt à étendre encore ses capacités aux États-Unis pour répondre aux besoins croissants de l’industrie de défense américaine.
Grand Prairie, 2028 : le TR40 du Naval Strike Missile assemblé aux États-Unis
Le communiqué présente l’opération comme le dernier épisode d’un engagement ancien auprès du secteur de la défense américain. Olivier Andriès, directeur général de Safran, déclare dans le communiqué : « Cette augmentation de capacité démontre le partenariat profondément ancré de Safran avec les États-Unis et notre engagement en tant que fournisseur de confiance du secteur de la défense américain » (traduit de l’anglais).
Il ajoute que la demande est au rendez-vous : « La demande pour notre famille de turboréacteurs TR40 a quadruplé ces dernières années et nous voyons d’importantes opportunités pour de futures applications » (traduit de l’anglais).
Le calendrier reste lointain : les capacités supplémentaires n’entreront en service qu’en 2028. Le communiqué ne chiffre ni le montant de l’investissement, ni le nombre d’emplois concernés, ni la surface du site.
1 200 TR40 livrés, 17 armées clientes : les chiffres de Safran Power Units
Pour justifier l’extension, Safran met en avant le volume déjà écoulé. Le communiqué indique que « le TR40 est devenu le moteur le plus vendu de Safran Power Units » (traduit de l’anglais). Plus de 1 200 exemplaires ont été livrés dans le monde en plus de vingt ans, précise le texte.
Le groupe vante aussi les qualités techniques de ce turboréacteur, qui se distingue selon lui par une compacité exceptionnelle et un excellent rapport poussée/poids, avec des avantages significatifs d’intégration. Safran Power Units revendique soixante ans d’expérience dans les moteurs hautes performances pour missiles, en service dans 17 forces armées, dont l’US Army, l’US Navy, l’US Air Force et le Corps des Marines.
Sur la Bourse de Paris, la nouvelle n’a pas déclenché d’enthousiasme particulier. Jeudi 1er octobre en milieu de matinée, l’action Safran cédait environ 0,8%, alors que le CAC 40 reculait de 1,5%, rapporte Zonebourse.
Arriel 2E, Kratos, T-45 Goshawk : trente-sept ans de Texas
Safran est installé au Texas depuis 1989, rappelle le communiqué. Le site de Grand Prairie y assemble déjà des moteurs pour les cibles aériennes Kratos BQM-167 et BQM-177, ainsi que des groupes auxiliaires de puissance pour l’avion d’entraînement T-45 Goshawk. Plus largement, le groupe emploie plus de 11 000 personnes sur 71 sites répartis dans 25 États américains.
Ce n’est pas la première fois que Grand Prairie accueille une production jusque-là réalisée en France. En octobre 2021, Zonebourse relevait l’ouverture, sur ce même site, d’une seconde ligne d’assemblage du moteur Arriel 2E, jusqu’alors assemblé exclusivement à Bordes, dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce moteur équipe la version UH-72B de l’hélicoptère Lakota d’Airbus, destinée à l’armée de terre américaine.
Partenaire industriel souverain des États-Unis : le vocabulaire du communiqué Safran
Le communiqué conclut que Safran Power Units s’est imposé comme un partenaire industriel de confiance et souverain du secteur de la défense américain. L’adjectif s’applique ici aux États-Unis, pas à la France : l’assemblage d’un moteur conçu par un groupe français, destiné à un missile conçu hors de France, se fera désormais sur le sol américain.
Le texte ne dit rien de l’équilibre futur entre ce site et les autres capacités du groupe, ni de la part de la production qui restera hors des États-Unis. Il ne mentionne pas non plus de client précis pour les futures applications évoquées par Olivier Andriès.
Reste un chiffre à surveiller : celui de l’investissement, que Safran n’a pas communiqué. La capacité supplémentaire doit, elle, être disponible en 2028.


