Le Groupe SEB a publié jeudi 22 octobre ses ventes des neuf premiers mois de 2026 : 5 707 millions d’euros, en hausse de 1,1 % à taux de change et périmètre constants, et un résultat opérationnel d’activité en progression de 24,5 %. Le troisième trimestre, lui, fait du surplace. Explications.
Le spécialiste du petit équipement domestique, basé à Écully (Rhône), a annoncé jeudi 22 octobre, à 17h40, un chiffre d’affaires de 1 964 millions d’euros au troisième trimestre 2026. C’est 2,5 % de plus en données publiées, mais 0,1 % de moins à taux de change et périmètre constants, apprend-on dans le communiqué du groupe. Le résultat opérationnel d’activité (ROPA) du trimestre atteint en revanche 161 millions d’euros, en hausse de 8,7 %, pour une marge de 8,2 % contre 7,7 % un an plus tôt.
Sur neuf mois, le ROPA s’établit à 333 millions d’euros (+24,5 %), et la marge passe de 4,7 % à 5,8 %. Le groupe attribue cette amélioration à la marge brute, à la discipline sur les coûts et aux premiers effets de son plan d’économies, baptisé Rebond. Les remboursements de droits de douane aux États-Unis n’ont eu, selon le communiqué, qu’un « impact mineur » sur le ROPA du trimestre.
C’est la première publication de Loïc Moutault, directeur général depuis le 1er octobre. Cet ancien dirigeant de Royal Canin puis de Mars Petcare a succédé à Stanislas de Gramont, en poste depuis 2022, comme l’avait détaillé Lyon Mag au moment de sa nomination, à la mi-septembre. Refrance était alors revenu sur l’arrivée de ce vétéran de Mars à la tête du Groupe SEB. « Mes premières semaines à la tête du Groupe SEB ont renforcé ma conviction que nous disposons d’atouts majeurs », déclare le nouveau patron, qui cite notamment « des savoir-faire industriels mondiaux ».
Europe occidentale en recul de 1,5 %, la France résiste
Sur le Grand Public, qui pèse 5 017 millions d’euros sur neuf mois (+1,9 % à changes constants), la croissance vient d’abord des Amériques. L’Amérique du Nord progresse de 10,6 % au troisième trimestre et l’Amérique du Sud de 11,3 %, à taux de change constants. L’Europe occidentale, premier marché du groupe avec 1 685 millions d’euros de ventes sur neuf mois, recule en revanche de 1,5 % au troisième trimestre. « Les distributeurs, à la fois offline et online, ont continué la réduction de leurs niveaux de stocks au cours du trimestre », précise le communiqué, qui cite l’Italie et le Benelux.
Quant au marché domestique, il fait figure d’exception. « En France, les ventes restent en hausse au 3ème trimestre », souligne le groupe, qui met en avant ses innovations récentes et les programmes de fidélisation des enseignes. En Chine, où sa filiale Supor revendique des gains de parts de marché, les ventes sont quasi stables (+0,2 % au troisième trimestre) dans un marché qualifié de « très promotionnel ».
Activité Professionnel : un trimestre à -9,1 %
Le point noir est l’activité Professionnel, qui regroupe notamment les machines destinées aux grands clients. Ses ventes chutent de 9,1 % à changes constants au troisième trimestre, à 215 millions d’euros, et de 4,8 % sur neuf mois, à 691 millions d’euros. Le communiqué invoque la faiblesse des ventes de machines aux grands comptes, en particulier aux États-Unis, ainsi qu’un net ralentissement au Moyen-Orient. Les services, qui représentent environ 35 % des ventes de la division, continuent pour leur part de progresser. Le groupe mise sur la montée en puissance de son hub de Shaoxing, en Chine, et sur ses nouveaux modèles commercialisés dans plus de 30 pays.
Ce recul dépasse les attentes. Selon Option Finance, le bureau d’analyse AlphaValue relève que le consensus anticipait une baisse de 2,6 % seulement pour cette division, et la croissance organique du groupe ressort à -0,1 % quand le marché attendait +1,3 %.
Plan Rebond : 35 millions d’euros d’économies à fin septembre
Côté coûts, le calendrier est tenu. Le plan Rebond a généré 35 millions d’euros d’économies sur neuf mois, dont 15 millions au troisième trimestre, sur un objectif de 50 à 60 millions d’euros en 2026 et d’environ 200 millions d’euros d’économies annuelles récurrentes d’ici fin 2027. Le nombre de références produits doit baisser de 25 à 30 %. « Le plan Rebond est notre feuille de route », affirme Loïc Moutault.
Le volet social avance aussi. Des départs volontaires sont engagés depuis septembre en France et en Allemagne, et « les objectifs de réduction d’effectifs seront réalisés d’ici mars 2027 », indique le communiqué, sans chiffrer les postes concernés. Lors de la présentation du plan, le 25 février, le groupe avait évoqué jusqu’à 2 100 suppressions de postes dans le monde, dont jusqu’à 1 400 en Europe et potentiellement 500 en France, sur la base du volontariat, rappelle Bref Eco. Les sites industriels de Calor, Tefal et Charvet dans la région ainsi que le siège d’Écully étaient cités. En Côte-d’Or, le site historique de Selongey doit perdre une trentaine de postes sur 267, dans les fonctions support, la production n’étant pas concernée, selon La Gazette France. Stanislas de Gramont justifiait alors le plan sans détour : « Notre priorité est de redresser la rentabilité, car nous avons connu un véritable accident opérationnel en 2025 ».
Un ROPA attendu entre 631 et 661 millions d’euros, Portzamparc abaisse son objectif à 87 euros
Pour l’ensemble de l’exercice, SEB précise désormais son objectif : une croissance du ROPA comprise entre 5 % et 10 %, compte tenu d’une base de comparaison élevée au quatrième trimestre 2025 et des incertitudes sur la consommation de fin d’année. Le levier financier doit revenir autour de deux fois l’Ebitda ajusté, hors acquisitions, à horizon 2027.
Cette fourchette correspond à un ROPA de 631 à 661 millions d’euros, en deçà du consensus de 672 millions, indique Option Finance. Le titre reculait de 2,32 % vendredi 23 octobre en matinée. Portzamparc maintient sa recommandation à l’achat mais abaisse son objectif de cours de 94 à 87 euros.
« Notre ambition est claire : retrouver une trajectoire de croissance rentable », conclut Loïc Moutault. En février, son prédécesseur lançait déjà le plan Rebond pour « retrouver une trajectoire de croissance rentable », selon Bref Eco. Les résultats annuels sont attendus le 24 février 2027, avant Bourse.
