G20 d’Atlanta : Washington prêche l’énergie « abondante », Barrot soigne ses partenaires

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La réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 s’est achevée samedi 31 octobre à Atlanta sur une déclaration de la seule présidence américaine, centrée sur l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb. En marge, Jean-Noël Barrot a enchaîné les entretiens bilatéraux. Explications.

Les ministres des Affaires étrangères du G20 se sont réunis à Atlanta (Géorgie) vendredi 30 et samedi 31 octobre, à l’invitation de Marco Rubio, secrétaire d’État américain. À l’issue des travaux, le département d’État a publié non pas un communiqué commun mais une « déclaration de la présidence » (Chair’s Statement), apprend-on dans le texte diffusé par le bureau du porte-parole. La présidence américaine y revendique un G20 ramené « à l’essentiel », c’est-à-dire à sa « mission première » de discussion des défis économiques mondiaux (traduit de l’anglais).

Trois sujets ont structuré les échanges, selon le texte : la sécurité énergétique, la résilience des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques, « y compris les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb » (traduit de l’anglais).

Ormuz, nucléaire civil : la doctrine énergétique de la présidence Trump

Sur l’énergie, la déclaration épouse la ligne de Washington. « Aucun pays ne peut prospérer sans énergie », pose le texte, qui reproche aux gouvernements d’avoir « trop souvent » dressé des barrières à la production et « puni leur propre population » par des coûts plus élevés (traduit de l’anglais). L’objectif affiché : une énergie « abondante » et accessible à tous à un prix abordable.

Le nucléaire civil, y compris les petits réacteurs modulaires et les microréacteurs, est présenté comme un moyen de répondre à la demande croissante d’électricité. La présidence concède toutefois que, pour certains, l’atome « peut ne pas être une option souhaitée » dans leur bouquet énergétique (traduit de l’anglais). Le paragraphe suivant tient en une formule : « Chaque pays a le droit de faire ses propres choix souverains » (traduit de l’anglais).

La déclaration rappelle par ailleurs que le monde a subi en 2026 « d’importantes perturbations énergétiques » et juge essentielle la liberté de navigation et de transit dans les voies maritimes internationales, ainsi que la sécurité des infrastructures critiques (traduit de l’anglais). Un dossier que la France connaît bien : sous la pression américaine sur le diesel, les membres du G7 avaient déjà libéré 100 millions de barils de leurs stocks stratégiques en quatre mois.

Minerais critiques et engrais : l’appel au secteur privé

Sur les chaînes d’approvisionnement, le texte cite les engrais, les matières premières et les minerais critiques, ces derniers étant jugés cruciaux pour la sécurité énergétique et les technologies émergentes. La présidence appelle les gouvernements à nouer des partenariats étroits avec le secteur privé pour développer le traitement, le raffinage et le recyclage des minerais critiques, et plaide pour des procédures d’autorisation et des réglementations « mises à jour ».

Quant au commerce alimentaire, la déclaration dénonce la « militarisation » des chaînes d’approvisionnement, lorsqu’un gouvernement freine ou bloque les échanges pour exercer une pression sur un autre État au sujet d’une question géopolitique sans rapport. Elle estime que le commerce des produits agricoles ne doit pas servir d’outil de coercition économique ou politique. Le texte salue enfin les 2 milliards de dollars levés en septembre à New York contre l’épidémie d’Ebola.

Sikorski, Velasco, Nasir, Miliband : les quatre entretiens de Jean-Noël Barrot

Côté français, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a publié samedi 31 octobre quatre communiqués consacrés aux entretiens de Jean-Noël Barrot en marge de la réunion.

Avec Radosław Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, la discussion a porté sur la coopération en matière de défense et d’énergie, dans la ligne du traité signé à Nancy le 9 mai 2025. Les deux hommes ont réaffirmé « l’indéfectible soutien européen à l’Ukraine, à l’approche d’un cinquième hiver de guerre », précise le communiqué. Selon Euronews, qui s’appuie sur l’agence AP, Washington a renoncé vendredi à la traditionnelle photo de groupe après le refus de plusieurs diplomates européens de poser aux côtés du ministre russe Sergueï Lavrov. Radosław Sikorski a qualifié cette annulation de bonne décision, rapporte le média.

Avec Roberto Velasco Álvarez, son homologue mexicain, Jean-Noël Barrot a salué la relance de l’initiative franco-mexicaine sur l’encadrement du droit de veto au Conseil de sécurité en cas d’atrocités de masse. Elle « réunit désormais 128 Etats », dont le Royaume-Uni, apprend-on dans le communiqué. Les deux ministres ont aussi évoqué la relance du Conseil stratégique franco-mexicain et les perspectives de renforcement de la coopération économique, en cette année du bicentenaire des relations diplomatiques.

Avec Arrmanatha Nasir, ministre indonésien des Affaires étrangères, l’échange a porté sur la mise en œuvre du partenariat stratégique global annoncé lors de la visite d’État du président Prabowo à Paris en mai 2026. Les ministres ont marqué leur consensus sur la nécessité de « préserver l’Indopacifique comme un espace inclusif, sûr et ouvert », souligne le communiqué. Pour sa part, l’entretien avec Ed Miliband, chef de la diplomatie britannique, a porté sur l’Ukraine et le Proche et Moyen-Orient.

Miami en décembre, Londres en 2027

La présidence américaine donne rendez-vous au sommet des chefs d’État et de gouvernement de Miami, prévu en décembre selon Euronews, avant de passer le relais au Royaume-Uni en 2027.

D’ici là, la déclaration d’Atlanta se clôt sur un remerciement aux habitants de Géorgie, qui ont permis aux partenaires du G20 de découvrir « la profonde tradition américaine » du football universitaire, avec le match opposant l’université de Géorgie à celle de Floride (traduit de l’anglais).

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