Lutte anti-sous-marine : la Marine nationale engage pour la première fois ses planeurs Alseamar dans un exercice de l’OTAN

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La Force d’action navale a déployé pour la première fois un détachement de lutte sous-marine équipé de quatre planeurs sous-marins de la société française Alseamar lors de l’exercice Repmus 26 de l’OTAN, au Portugal, annonce la Marine nationale dans un communiqué publié vendredi 30 octobre. Les engins ont démontré leur capacité à partager leurs données avec les drones alliés.

La Force d’action navale (FAN) a déployé « pour la première fois un détachement lutte sous-marine (LSM) », apprend-on dans un communiqué de la Marine nationale publié vendredi 30 octobre. Ce détachement réunissait des spécialistes de la lutte sous la mer de la frégate multi-missions (FREMM) Bretagne et des pilotes de gliders du CENTEX FAN. Il a participé à l’exercice Repmus (Robotic Experimentation and Prototyping using Maritime Uncrewed Systems) de l’OTAN, sur la base de Troia, au Portugal.

L’équipe française disposait de quatre planeurs sous-marins « récemment acquis par ALFAN auprès de la société Alseamar », précise le communiqué. Sa mission : évaluer la maturité de la technologie, dans la perspective d’ouvrir un nouveau domaine pour les opérations anti-sous-marines (ASM) fondé sur ces drones sous-marins (UUV) français.

Repmus 26 : 36 marines et 300 drones à Troia

L’édition 2026 de Repmus a rassemblé plus de 3 700 participants issus des forces navales de 36 pays. Environ 300 drones de tous types y ont été mis à l’épreuve : aériens (UAV), de surface (USV) et sous-marins (UUV).

Pendant près de deux semaines, le détachement français a enchaîné 17 exercices, puis 48 heures de LIVEX « 100 % dronisés ». Les gliders ont été pilotés en autonomie par les marins français dans des scénarios opérationnels face à d’autres UUV capables de simuler un sous-marin « de manière crédible pour la détection active et passive », selon la Marine.

L’enjeu principal portait sur l’interopérabilité entre les drones des nations de l’OTAN présentes. En appliquant le standard allié STANAG 4817, les quatre gliders français ont démontré leur capacité à s’intégrer dans un barrage anti-sous-marin interallié, aux côtés d’autres UUV, de drones de surface équipés de sonars et de drones aériens dotés de capteurs de lutte sous la mer. Ils ont aussi transmis des informations tactiques vers la Common Operational Picture (COP), la situation de l’ensemble des moyens de l’Alliance.

Le SeaExplorer d’Alseamar, un capteur déporté sans moteur

Ces engins d’une soixantaine de kilos, d’une autonomie d’environ quatre semaines en activité, « ne sont pas propulsés », souligne le communiqué. Ils changent d’immersion grâce à un système hydraulique qui fait varier leur flottabilité, et planent sous l’eau à l’aide d’ailes fixes, en dents de scie, entre la surface et des profondeurs pouvant atteindre 1 000 mètres. Ils peuvent ainsi opérer « très loin du bâtiment porteur afin de créer un réseau de capteurs ».

Ces planeurs ne sont pas une découverte pour la Marine. Selon Mer et Marine, elle a pris livraison le 11 décembre 2025 de cinq planeurs SeaExplorer 1000-M, dont la commande à Alseamar avait été annoncée en juin 2025. Version militaire du SeaExplorer X3, commercialisé depuis dix ans et en service dans plus de vingt pays pour des applications scientifiques, l’engin de 2 mètres peut parcourir 2 700 km avec une autonomie de 125 jours à la vitesse de 1 nœud, selon le média. Il emporte la charge utile AURIS, développée par Alseamar pour la surveillance acoustique, qui recourt à l’intelligence artificielle et chiffre les données recueillies.

Le système d’Alseamar participe par ailleurs aux exercices Repmus et Dynamic Messenger de l’OTAN depuis 2021, et une demi-douzaine de ses gliders avaient été engagés en juin 2025 en mer Baltique lors des démonstrations de la Task Force X de l’Alliance, rappelait alors Mer et Marine. À la livraison, la Marine expliquait que ces planeurs « ont vocation à être déployés sur toutes les mers du monde ».

Du glider au Rafale : la détection d’un « Rouge »

L’intérêt opérationnel a déjà été éprouvé. Dans un article publié en février 2026, Mer et Marine rapportait que l’amiral Nicolas Vaujour, alors chef d’état-major de la Marine, avait relaté devant l’Association des journalistes de défense qu’un glider déployé avec le porte-avions avait permis, lors d’un exercice, de détecter un « Rouge », un bâtiment ennemi. « Sur la base de cette détection, nous avons envoyé un strike de Rafale et il s’agissait d’un bateau ennemi », expliquait-il.

Le déploiement de Repmus s’inscrit dans la montée en puissance des drones dans la flotte, que la Marine a récemment détaillée en fixant ses premières échéances de commandes de drones navals à mi-2027. « L’emploi opérationnel des drones navals par les bâtiments de combat fait partie des grandes priorités fixées par ALFAN à ses unités », insiste le communiqué.

La Marine reste toutefois prudente sur le calendrier. Les gliders pourront permettre la détection avancée de différents types de cibles au profit d’une force navale, mais « une fois la technologie maîtrisée », conclut le communiqué. Le ministère des Armées présentera ses drones de surface et sous-marins au salon Euronaval, à Paris Nord Villepinte, du mardi 3 au vendredi 6 novembre.

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