Parrot : l’ANAFI UKR fait décoller les ventes, le trimestre reste dans le rouge

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Le fabricant parisien de micro-drones a publié mercredi 28 octobre un chiffre d’affaires de 23,7 M€ au troisième trimestre 2026, en hausse de 40 %. Porté par les commandes militaires, le groupe d’Henri Seydoux vise désormais environ 110 M€ sur l’année. Explications.

Le groupe Parrot, qui se présente comme « un leader européen des micro-drones professionnels », a annoncé mercredi 28 octobre, à 8 heures, un chiffre d’affaires consolidé de 23,7 M€ pour le troisième trimestre 2026, contre 17,0 M€ un an plus tôt. La hausse atteint 40 % à taux courants et 38 % à taux de change constants, apprend-on dans un communiqué diffusé par Actusnews. Sur neuf mois, les ventes s’établissent à 81,0 M€ (+60 %), soit déjà davantage que les 79,8 M€ réalisés sur l’ensemble de l’exercice 2025.

ANAFI UKR, 70 % du chiffre d’affaires de Parrot

Le moteur de cette croissance porte un nom : l’ANAFI UKR, micro-drone de reconnaissance tactique conçu pour les forces armées. L’activité micro-drones professionnels réalise 16,6 M€ au troisième trimestre, en progression de 68 %, et 58,7 M€ sur neuf mois, en hausse de 110 %. Elle pèse désormais 70 % du chiffre d’affaires trimestriel, contre 58 % un an plus tôt.

Le communiqué évoque « de nouvelles commandes et livraisons auprès de forces de défense et d’organismes gouvernementaux, notamment en Suède, au Danemark, aux États-Unis, en France et au Canada ». Le groupe fait également état d’avancées « dans les processus de sélection, de qualification et de référencement, notamment aux États-Unis, en Europe du Nord et au Canada », étapes qui doivent faciliter l’accès aux programmes d’équipement gouvernementaux.

À l’inverse, l’activité Solutions pour infrastructures essentielles, portée par la filiale suisse PIX4D spécialisée dans la modélisation 3D, marque le pas : 7,0 M€ au troisième trimestre (-1 %) et 22,1 M€ sur neuf mois (-2 %). Le groupe l’explique par la transition vers un modèle d’abonnement, qui compense le recul marqué des licences perpétuelles.

Un résultat opérationnel négatif sur le seul troisième trimestre

Derrière la croissance des ventes, la rentabilité reste fragile. Le résultat opérationnel courant cumulé des micro-drones « atteint l’équilibre sur les douze derniers mois à fin septembre 2026, malgré un résultat négatif sur le seul 3ème trimestre 2026 », reconnaît le communiqué, sans chiffrer cette perte trimestrielle. Parrot invoque la poursuite des investissements technologiques, « dans un marché caractérisé par des variations importantes du rythme des commandes et des livraisons ».

Le contraste est net avec le premier semestre. Au 30 juin, l’activité micro-drones dégageait un résultat opérationnel courant de 5,5 M€, contre une perte de 9,7 M€ un an plus tôt, selon le communiqué de résultats semestriels publié le 31 juillet. Le groupe affichait alors un résultat net part du groupe de 2,1 M€ et une trésorerie de 18,8 M€, contre 23,0 M€ au 31 décembre 2025. Ce résultat semestriel incluait toutefois un produit d’assurance non récurrent de 2,5 M€ net.

L’US Army, nouveau débouché du drone parisien

Les États-Unis occupent une place croissante dans la stratégie commerciale du groupe. Le 12 octobre, Parrot a annoncé l’intégration de l’ANAFI UKR à l’« UAS Marketplace », la plateforme d’achat de drones de l’armée américaine lancée en mars 2026, sur laquelle il a enregistré « près de 2 millions de dollars de commandes » depuis le troisième trimestre. Le fabricant a par ailleurs été retenu parmi cinq industriels, aux côtés de quatre entreprises américaines, pour la phase d’évaluation de la maturité industrielle du programme Short Range Reconnaissance (SRR), destiné aux unités de niveau section.

« La combinaison des opportunités immédiates de commandes offertes par la plateforme UAS Marketplace et de notre progression dans le programme SRR constitue une étape importante pour Parrot sur le marché américain », déclarait alors Chris Roberts, Senior Vice President et Chief Revenue Officer de Parrot. Pour servir ces clients, le groupe dit viser des délais de livraison d’environ deux semaines.

Quant au marché national, la France figure parmi les pays de livraison cités par Parrot, mais le communiqué ne détaille ni client ni volume. Le segment des petits drones militaires y compte d’autres acteurs nationaux, à l’image de la licorne dont Refrance a relaté la première commande ferme de drones anti-drones par la DGA.

Conçu à Paris, fabriqué aux États-Unis et en Corée du Sud

Le modèle industriel de Parrot mérite l’attention sous l’angle de la souveraineté. Fondé en 1994 par Henri Seydoux, président-directeur général et actionnaire principal, le groupe a son siège à Paris et « développe ses produits en Europe ». Mais la fabrication est assurée aux États-Unis et en Corée du Sud, un choix présenté comme « alliant souveraineté technologique et agilité industrielle ». Le groupe emploie plus de 450 personnes et réalise la majorité de son chiffre d’affaires à l’international, dans plus de 50 pays.

Objectif 2026 : environ 110 M€ et l’équilibre des micro-drones

Pour le quatrième trimestre, Parrot anticipe un chiffre d’affaires micro-drones supérieur à 20 M€. L’activité devrait ainsi croître de 20 % à 30 % au second semestre, « malgré une base de comparaison élevée », et approcher 80 M€ sur l’ensemble de l’exercice, soit une hausse de plus de 65 % par rapport à 2025. Le groupe se dit « confiant d’atteindre l’équilibre opérationnel de l’activité micro-drones sur l’ensemble de l’exercice 2026 ».

Au total, le chiffre d’affaires consolidé dans les drones et solutions professionnels franchirait pour la première fois le seuil de 100 M€, pour atteindre environ 110 M€. Le verdict sur la rentabilité tombera avec les résultats annuels, attendus le vendredi 26 mars 2027 après Bourse.

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