Golfe : Macron revient de Doha avec du diesel, du GNL et des accords Rafale

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Au terme d’une tournée de trois jours au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar, Emmanuel Macron a présenté mercredi 21 octobre à Doha les garanties de volumes obtenues pour le diesel et le gaz naturel liquéfié. Les accords de défense ne sont pas en reste. Inventaire.

Mercredi 21 octobre, à Doha, Emmanuel Macron, président de la République, a tiré le bilan de son déplacement dans le Golfe lors d’un point presse, au dernier jour d’une visite d’État au Qatar. Le chef de l’État « s’est rendu au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Qatar du 19 au 21 octobre 2026 », apprend-on sur le site de l’Élysée, qui fixe à la tournée plusieurs objectifs : stabilité et liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, sécurisation et diversification des approvisionnements énergétiques, consolidation des partenariats stratégiques et économiques, maintien des entreprises françaises dans la région et investissements en France.

Le voyage avait été annoncé comme une mission de ravitaillement, sur fond de fermeture d’Ormuz depuis la guerre déclenchée le 28 février et de flambée des prix à la pompe, comme Refrance le relevait au moment où Macron partait chercher du diesel du Koweït au Qatar. Le président rentre avec des engagements chiffrés.

200 000 tonnes de diesel émirien et bahreïni par mois

Le diesel reste la priorité. Emmanuel Macron fait état de garanties de volumes obtenues « à Bahreïn et aux Émirats arabes unis pour ce qui est du diesel », l’Arabie saoudite ayant été sécurisée plus tôt.

Le transcript de l’Élysée ne donne pas de tonnage. Selon Euronews, la France a obtenu des engagements portant sur 200 000 tonnes supplémentaires de diesel par mois en provenance des deux pays. Le Petit Journal Dubaï précise la répartition : « environ 100 000 tonnes en provenance des Émirats arabes unis », et à peu près autant de Bahreïn. S’y ajoutent « 95 000 tonnes déjà garanties par l’Arabie saoudite pour octobre et novembre ». Le média souligne que « ces volumes représentent plus de 10 % de la consommation mensuelle française de diesel », et que l’acheminement doit notamment être assuré par TotalEnergies.

Le président lie ces volumes à la libération de stocks stratégiques décidée au G7 et à des mesures nationales. « On a aussi pris des décisions nationales qui, à partir de début novembre, vont avoir un impact sur les prix à la pompe », affirme-t-il.

2 TWh de GNL qatari par mois pour l’hiver

Quant au gaz, c’est à Doha que se joue l’essentiel. Emmanuel Macron annonce avoir sécurisé pour la période hivernale « l’équivalent de 2 térawattheures par mois de gaz naturel liquéfié » en provenance du Qatar.

Le volet économique de la visite d’État dépasse la seule énergie. Selon Euronews, le président était accompagné des dirigeants de TotalEnergies et d’Engie, et TotalEnergies est partenaire de QatarEnergy dans le projet d’extension North Field East. Le média, citant l’agence de presse qatarie, chiffre à plus de 665 le nombre d’entreprises françaises présentes au Qatar et à environ 6,39 milliards de riyals les échanges bilatéraux de biens en 2025.

Fret multiplié par dix, garantie proposée aux armateurs

Reste l’acheminement. Les coûts de transport dans la zone ont explosé : « Ils ont été multipliés par dix », constate le chef de l’État. Paris a donc proposé de structurer un mécanisme de garantie au profit des armateurs de la région, dans le prolongement de l’initiative de coalition lancée en avril.

Par ailleurs, la France cherche à contourner Ormuz. Emmanuel Macron rappelle que « l’Arabie saoudite a un pipeline qui est très important, qui va du golfe Persique à la mer Rouge et qui débouche à Yanbu », endommagé par des frappes houthies. « Nous avons proposé de participer à la réhabilitation », précise-t-il, des moyens étant déployés depuis huit jours pour sa sécurisation.

Rafale F5 aux Émirats, montée en gamme au Qatar

Le volet défense, lui, se traduit par des signatures. Aux Émirats arabes unis, « un accord important a été signé, un accord intergouvernemental », portant sur « une stratégie commune sur la cinquième génération de Rafale ». Le Petit Journal Dubaï y voit un accord de partage des coûts pour le développement du standard F5 destiné à la flotte émiratie.

Au Qatar, « une série d’accords au Qatar ont été conclus aussi sur la montée en gamme des Rafale », déclare le président. Les véhicules blindés de combat d’infanterie ont été évoqués le matin même, un dossier qualifié de « prospect important », sans signature annoncée. Euronews évoque de son côté des accords incluant radars, défense aérienne et blindés, quand le transcript de l’Élysée parle seulement de discussions sur ces derniers points.

Ormuz : la proposition française toujours sur la table

Sur le fond diplomatique, le président salue le rôle de Doha auprès de Téhéran. « Il y a eu une médiation, en effet, qui a été faite par le Qatar », relève-t-il, avant d’estimer : « Je pense qu’elle est très importante et elle va dans la bonne direction. » Le chef de l’État se dit en outre « résolument contre toute forme d’activité nucléaire en Iran ».

Quant au plan français de réouverture du détroit par les eaux internationales et omanaises, Emmanuel Macron l’assure : « Cette proposition reste valable et valide, et on en a longuement parlé. » Il se garde toutefois de tout pronostic sur un calendrier.

La tournée ne s’est pas arrêtée à Doha. Selon Euronews, le président a fait dans la foulée une escale surprise en Arabie saoudite. Prochain rendez-vous annoncé : une conférence de soutien aux forces armées libanaises, que la France accueillera « dans les prochaines semaines ». Pour l’automobiliste, l’échéance est plus proche : début novembre, à la pompe.

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