Sensorion confie sa direction médicale à Peter Weber, un ancien de la thérapie génique de l’otoferline

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La biotech montpelliéraine Sensorion a annoncé lundi 19 octobre la nomination de Peter Weber, otologiste et neurotologiste américain, au poste de directeur médical à compter du 2 novembre 2026. Deuxième recrutement outre-Atlantique en moins de deux semaines.

Lundi 19 octobre, à 7h30, Sensorion a annoncé l’arrivée de Peter Weber, MD, MBA, au poste de directeur médical (Chief Medical Officer), à compter du lundi 2 novembre 2026, apprend-on dans un communiqué de la société de biotechnologie, installée à Montpellier et à Cambridge, dans le Massachusetts. Cotée sur Euronext Growth (ALSEN), Sensorion développe des thérapies destinées à restaurer l’audition et à traiter ou prévenir les troubles liés à la perte auditive.

Le communiqué ne précise pas à qui succède le nouveau directeur médical.

De Decibel Therapeutics à Montpellier, vingt ans dans la surdité

Peter Weber revendique « plus de vingt ans de leadership clinique et industriel dans le domaine de la perte auditive », précise le communiqué. Directeur médical de Decibel Therapeutics, puis consultant médical senior auprès de Regeneron, il a piloté plusieurs programmes de thérapie génique monogénique de l’oreille interne. Parmi eux figure la thérapie génique ciblant l’otoferline, devenue la première thérapie génique approuvée par la FDA, l’agence américaine du médicament, pour une surdité génétique.

Plus récemment directeur médical d’Auregen BioTherapeutics, il y a conduit un essai de Phase I/II sur un implant de cartilage autologue imprimé en 3D destiné à réparer la microtie chez l’enfant. Il a aussi dirigé la médecine chez Frequency Therapeutics et occupé les fonctions de directeur médical mondial et vice-président chargé du remboursement chez l’australien Cochlear Limited, partenaire de Sensorion.

Parallèlement, il est professeur et chef du département d’otologie, de neurotologie et de chirurgie de la base du crâne au Boston University Medical Center.

« Peu de personnes ont mené une thérapie génique de l’oreille interne de la clinique jusqu’à l’approbation », souligne Frédéric Chereau, directeur général de Sensorion. Pour sa part, le nouveau directeur médical estime que « SENS-601 cible l’une des causes génétiques de perte auditive les plus fréquentes et a donc le potentiel d’atteindre une population de patients beaucoup plus large ».

SENS-601, le programme issu de l’Institut Pasteur attendu en clinique début 2027

Le recrutement intervient à la veille d’une étape décisive. SENS-601 (GJB2-GT), principal programme de thérapie génique de la société, vise la perte auditive liée aux mutations du gène GJB2. Celles-ci constituent « la cause génétique la plus fréquente de surdité congénitale », responsables d’environ 50 % des cas de perte auditive non syndromique de transmission autosomique récessive, selon un précédent communiqué de Sensorion daté du 7 octobre.

Le programme est développé avec l’équipe du Pr Christine Petit (Institut reConnect, Institut de l’Audition, Institut Pasteur, Inserm, CNRS). Il est partiellement financé par l’État dans le cadre du plan France 2030, au travers du projet ConnexGene mené avec Bpifrance. Son entrée en clinique est prévue d’ici début 2027, dans l’essai de Phase I/II HearConnex, chez des enfants atteints de surdité congénitale DFNB1A.

La Bourse a salué la nomination. Le titre a bondi de 13,6 %, à plus de 7,1 euros, en séance le 19 octobre, rapporte Option Finance. « Cette nomination renforce sensiblement les compétences cliniques, réglementaires et chirurgicales de Sensorion au moment où SENS-601, ciblant les mutations de GJB2, doit entrer en Phase I/II début 2027 », réagit-on chez Invest Securities, cité par le média. Le bureau d’études tempère toutefois : l’impact de ce recrutement ne pourra être apprécié qu’au travers de l’exécution du programme.

Un directeur financier basé à Boston depuis le 7 octobre

Peter Weber n’est pas le seul renfort venu des États-Unis. Le mercredi 7 octobre, Sensorion annonçait la nomination de Louis « Lou » J. Arcudi III au poste de directeur financier, avec effet immédiat. Basé dans la région de Boston, il succède à Laurene Danon, qui a choisi de quitter ses fonctions « pour se consacrer à de nouveaux projets » et continue de conseiller le directeur général pendant la transition.

Le profil est éloquent. Lou Arcudi était jusque-là directeur financier d’Amolyt Pharma, biotech française spécialisée dans les maladies endocriniennes rares, qui a levé 138 millions de dollars en série C en 2023 avant d’être rachetée en 2024 par AstraZeneca pour un montant pouvant atteindre 1,05 milliard de dollars. Auparavant, il a dirigé Millendo Therapeutics jusqu’à sa fusion avec Tempest Therapeutics en 2021.

Frédéric Chereau mettait alors en avant son expérience « de sociétés de biotechnologie transatlantiques, de la conduite de levées de fonds à la cession d’Amolyt à AstraZeneca ». Ainsi, la direction financière et la direction médicale de la biotech héraultaise sont désormais confiées à des profils issus de l’écosystème bostonien, une ouverture internationale des instances déjà observée chez Medincell, qui a renforcé son conseil d’administration avec trois experts internationaux de la biotech.

88 millions d’euros de trésorerie pour tenir jusqu’à fin 2027

Sur le plan financier, Sensorion disposait de 88 millions d’euros de trésorerie, équivalents de trésorerie et dépôts à court terme au 30 juin 2026, précise le communiqué du 7 octobre. La société estime pouvoir financer ses activités jusqu’à la fin de l’année 2027.

Sous le mandat de Laurene Danon, arrivée en octobre 2023, la biotech a réuni environ 125 millions d’euros, dont 60 millions en janvier 2026, une opération qui a fait entrer Sano au capital comme investisseur stratégique aux côtés d’investisseurs spécialisés dans la santé.

Peter Weber prendra ses fonctions le 2 novembre. La fenêtre est étroite : un peu plus d’un an pour faire entrer SENS-601 en clinique avant que la trésorerie n’atteigne son horizon.

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