SeaBeLife : 2,9 millions d’euros de France 2030 pour conduire SBL01 jusqu’à l’homme

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La biotech de Roscoff (Finistère) obtient une aide de l’État via le dispositif i-Démo, opéré par Bpifrance, pour financer son projet SeaBeLIVER, d’un montant total de 6,47 millions d’euros. Objectif : les premières données cliniques de son candidat-médicament dans les atteintes hépatiques aiguës.

SeaBeLife, société de biotechnologie fondée en 2019 à Roscoff, a annoncé mardi 20 octobre l’obtention d’une aide de 2,9 millions d’euros dans le cadre de France 2030, apprend-on dans un communiqué publié par Bpifrance. La subvention, accordée via le dispositif i-Démo qu’opère la banque publique pour le compte de l’État, finance une partie du projet SeaBeLIVER, dont le montant total atteint 6,47 millions d’euros.

Le programme est consacré au développement de SBL01, présenté comme un candidat-médicament « first-in-class » dans les atteintes hépatiques aiguës. Il couvrira les principales étapes nécessaires à l’entrée en clinique, « depuis le développement industriel et les études précliniques réglementaires jusqu’à la soumission du dossier d’autorisation d’essai clinique », précise le communiqué.

SBL01, de la phase I chez des volontaires sains aux patients hospitalisés

Le calendrier clinique comporte deux étapes. D’abord une phase I chez des volontaires sains, puis une phase Ib chez des patients hospitalisés pour atteinte hépatique aiguë : lésion hépatique aiguë, insuffisance hépatique aiguë ou défaillance aiguë sur cirrhose. SeaBeLife entend obtenir, dans le cadre de ce programme, les premières données d’activité biologique de SBL01 chez l’homme.

Le besoin médical est documenté par la société. Selon le communiqué, la survie sans transplantation à 21 jours n’était que de 56,2 % dans une cohorte prospective de patients atteints d’insuffisance hépatique aiguë. Dans la défaillance aiguë sur cirrhose, la mortalité à 28 jours peut atteindre 76 % dans les formes les plus sévères.

Morgane Rousselot, PDG et co-fondatrice de SeaBeLife, estime que ce financement « constitue une étape cruciale » pour l’entreprise : « il nous donne les moyens d’amener SBL01, notre candidat-médicament first-in-class, jusqu’aux premières données cliniques ». La dirigeante voit plus loin : « Ce projet permettra aussi la première validation clinique de notre plateforme d’inhibition duale de la nécroptose et de la ferroptose afin de cibler ensuite d’autres pathologies aiguës touchant les organes vitaux. »

Nécroptose et ferroptose : la double cible de la biotech bretonne

La singularité de SBL01 tient à son mode d’action. La molécule vise simultanément deux mécanismes de mort cellulaire régulée, la nécroptose et la ferroptose, qui « communiquent entre elles et entrainent l’emballement de la mort cellulaire quelle que soit l’origine de la pathologie », selon le communiqué. SeaBeLife affirme être « la seule société à ce jour à cibler cette inhibition duale ».

Le candidat-médicament a déjà montré une efficacité dans plusieurs modèles précliniques, avec des premiers résultats de sécurité. Il a obtenu en 2024 la désignation de médicament orphelin de l’Agence européenne du médicament (EMA) pour la prévention de l’insuffisance hépatique aiguë.

Issue de plus de dix ans de recherche, la plateforme de la société compte aujourd’hui plus de 150 molécules biologiquement actives et s’appuie sur huit familles de brevets. Outre SBL01, SeaBeLife développe un second programme propriétaire, SBL03, dans les maladies dégénératives de la rétine. La société est issue des travaux de Stéphane Bach (CNRS), Marie-Thérèse Dimanche-Boitrel (IRSET) et Claire Delehouzé, directrice scientifique et associée.

Des CRO et CDMO françaises mobilisées pour SeaBeLIVER

Le volet industriel du projet a pesé dans la décision publique. SeaBeLIVER s’appuiera sur « un réseau de CRO et de CDMO françaises », c’est-à-dire des sous-traitants de recherche clinique et de fabrication pharmaceutique, et prévoit la création d’emplois directs entre 2026 et 2028. Le communiqué n’en précise pas le nombre.

Pour sa part, Virginie Fontaine, responsable sectorielle Innovation chez Bpifrance, souligne que SeaBeLife « mobilise autour du projet des acteurs français aux expertises complémentaires, pour la production et le développement préclinique et clinique du candidat-médicament SBL01 ». Et de conclure : « Notre soutien s’inscrit pleinement dans l’ambition de France 2030 de faire émerger en France des innovations de santé à fort potentiel industriel et international. »

Ce choix d’un développement adossé à des prestataires nationaux rejoint d’autres initiatives récentes de la filière, à l’image d’Askleia, qui a levé 2,3 millions d’euros pour accélérer sa technologie de bioproduction de médicaments.

Près de 12 millions d’euros mobilisés depuis 2019

Depuis sa création, SeaBeLife a mobilisé près de 12 millions d’euros de financements dilutifs et non dilutifs, remporté le concours national i-Nov 2024 et bénéficie du soutien de Bpifrance, de la SATT Ouest Valorisation, de Biotech Santé Bretagne et de la Région Bretagne.

Le dernier tour en capital remonte à un an. Le mercredi 1er octobre 2025, la société annonçait dans un communiqué une pré-Série A de 2 millions d’euros, menée par iXLife, son investisseur historique, aux côtés de Breizh Angels, WeLikeStartup, Angels Santé et des Business Angels des Grandes Écoles, ainsi que de nouveaux entrants, INEXT et Femmes Business Angels. Le texte évoquait alors « le lancement du premier essai clinique prévu en 2026 ». Morgane Rousselot y déclarait : « Nous préparons désormais activement une Série A pour soutenir cette dynamique. »

Un an plus tard, l’aide i-Démo couvre un peu moins de la moitié du budget de SeaBeLIVER. La première administration de SBL01 chez l’homme reste, elle, suspendue au dépôt du dossier d’autorisation d’essai clinique.

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