Fin de MaPrimeRénov’ pour les pompes à chaleur au 1er janvier 2027, chaudières au fioul totalement interdites, prime pour quitter le gaz : la deuxième phase du plan d’électrification, présentée le 15 octobre, rebat les cartes pour les particuliers. Coûts, aides 2026-2027, pièges à éviter : le point pour décider en connaissance de cause.
Le gouvernement a présenté le 15 octobre la seconde phase du plan d’électrification, lancé en avril. Sur les 17 mesures annoncées, plusieurs touchent directement le chauffage des logements, avec un objectif affiché d’un million de pompes à chaleur installées en 2030. Pour un ménage qui se chauffe encore au fioul ou au gaz, la question n’est plus vraiment de savoir s’il faudra changer de système, mais quand et dans quelles conditions.
Avant les aides, le choix de l’installateur
C’est le point que les ménages sous-estiment le plus souvent : la qualité de l’installation conditionne à la fois le montant des aides, la performance réelle de l’équipement et la facture des quinze années suivantes. Une pompe à chaleur mal dimensionnée consomme trop, s’use plus vite et peut ne pas chauffer correctement par grand froid. Il vaut donc mieux s’adresser à un professionnel qui connaît le climat local et le bâti de sa région : en Isère par exemple, où les hivers sont rigoureux, un spécialiste comme domosolaris.com réalise une étude du logement avant de proposer un modèle. Concrètement, quatre vérifications s’imposent avant de signer : la qualification RGE de l’entreprise (mention QualiPAC pour les pompes à chaleur), l’éligibilité du modèle proposé aux aides en vigueur, l’existence d’une étude de dimensionnement écrite et la présence d’une assurance décennale. Nous y revenons en détail plus bas.
Fioul et gaz : un recul désormais organisé
Le fioul est la première cible du plan. Depuis juillet 2022, il est interdit d’installer une chaudière neuve fonctionnant au fioul 100 % fossile, mais une exception subsistait pour les modèles compatibles avec un mélange à 30 % de biofioul. Elle va disparaître : selon Connaissance des énergies, les textes rendant l’interdiction complète doivent être publiés avant le 1er mars 2027. L’objectif est de diviser par deux d’ici 2030 le nombre de ménages chauffés au fioul, aujourd’hui estimé à 2,6 millions. Ceux qui ont déjà une chaudière au fioul peuvent continuer à l’utiliser, l’entretenir et la réparer.
Pour le gaz, la méthode est plus incitative. Une prime « sortie du gaz » pouvant atteindre 1 000 € par logement sera versée aux particuliers qui se déconnectent du réseau, mais uniquement dans les zones de sortie du gaz que délimiteront les 109 territoires d’électrification. Ces zones doivent être fixées d’ici mars 2027, et les règles de cumul avec les aides à la pompe à chaleur restent à préciser. Dans les mêmes territoires, une enveloppe de 50 millions d’euros financera l’accompagnement des ménages au fioul : prêt de radiateurs électriques pendant les travaux, aide à la dépose de la cuve, chèques énergie en échange d’un engagement à installer une pompe à chaleur. Refrance avait détaillé ces mesures dans notre analyse du volet logement du plan.
Pompe à chaleur aides 2026 et 2027 : ce qui change
C’est la mesure la plus structurante pour les particuliers. À partir du 1er janvier 2027, les pompes à chaleur air/eau et géothermiques ne seront plus financées par MaPrimeRénov’ en rénovation par geste, mais uniquement par les certificats d’économies d’énergie (CEE), versés par les fournisseurs d’énergie ou leurs délégataires. Le gouvernement promet en contrepartie une aide connue avant les travaux, sans le délai d’instruction actuel d’environ trois mois.
Pour un cas type (pompe à chaleur air/eau, maison de 90 m² en zone climatique H1, qui couvre le nord, l’est et le centre du pays), l’exécutif chiffre l’aide moyenne future entre 4 200 € pour les ménages aux revenus supérieurs et 11 500 € pour les ménages très modestes. Il s’agit de moyennes, pas d’un barème garanti : la surface, la zone climatique et le type d’équipement font varier le montant.
D’ici au 31 décembre 2026, le régime actuel s’applique. MaPrimeRénov’ par geste finance une pompe à chaleur air/eau à hauteur de 5 000 €, 4 000 € ou 3 000 € selon les revenus (rien pour les ménages aux revenus supérieurs), dans la limite de 12 000 € de dépenses éligibles, et jusqu’à 11 000 € pour une pompe à chaleur géothermique. Ce forfait se cumule avec la prime CEE bonifiée par le « Coup de pouce chauffage » lorsque la pompe à chaleur remplace une chaudière au fioul, au gaz ou au charbon. Le barème officiel est consultable sur France Rénov’, qui propose aussi un simulateur d’aides.
Faut-il se presser ? Un dossier MaPrimeRénov’ déposé avant la fin de l’année reste instruit selon les règles de 2026. Mais aucune comparaison officielle n’a été publiée entre le cumul actuel des deux aides et la future aide unique. Le plus prudent est de faire chiffrer les deux scénarios sur le même devis.
Enfin, une alternative existe depuis le 1er octobre : l’« offre intégrée », parfois surnommée leasing de pompe à chaleur. Elle regroupe la pose, l’entretien et, en option, l’électricité dans une mensualité qui ne doit pas dépasser la dépense d’énergie d’avant les travaux. Les offres retenues par l’État sont recensées sur le site electrifions-la-france.gouv.fr.
Combien coûte une pompe à chaleur ?
Le prix dépend du type d’équipement, de la puissance nécessaire et de l’état du logement. Pour une pompe à chaleur air/eau, la plus répandue en remplacement d’une chaudière, le coût moyen pose comprise tourne autour de 15 000 €, selon une étude de la société Heero relayée par Europe 1. La géothermie, qui nécessite un forage ou des capteurs enterrés, coûte nettement plus cher mais offre un meilleur rendement. Les travaux bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %.
Côté facture, le gouvernement estime qu’une fois l’équipement amorti, la dépense de chauffage peut être divisée par deux par rapport à une chaudière fossile, une estimation qui varie fortement d’un logement à l’autre. À partir de 2027, les aides devraient en outre être conditionnées à la capacité de pilotage de la pompe à chaleur, ce qui permet d’en décaler le fonctionnement vers les heures où l’électricité est la moins chère.
Ce qu’il faut vérifier avant de choisir un installateur
Les aides les plus élevées imposent des conditions précises. Voici la liste à passer en revue avec chaque devis :
- La qualification RGE de l’entreprise, indispensable pour toucher la moindre aide publique. Elle se vérifie dans l’annuaire officiel de France Rénov’.
- Le modèle de pompe à chaleur. Depuis le 1er septembre 2026, seul un équipement agréé « qualité et résilience industrielle », ce qui suppose un assemblage au moins partiel en Europe, ouvre droit au Coup de pouce chauffage, qui multiplie la prime CEE de base.
- Le calendrier des démarches. La prime CEE doit être demandée avant la signature du devis. Un devis signé trop tôt peut faire perdre l’aide.
- L’étude de dimensionnement. Un installateur sérieux calcule les besoins de chauffage du logement et vérifie la compatibilité des radiateurs existants avant de proposer une puissance.
- Les garanties et le suivi. Assurance décennale, garantie constructeur, contrat d’entretien : l’entretien d’une pompe à chaleur est obligatoire tous les deux ans pour la plupart des modèles domestiques.
- Le mode de contact. Le démarchage téléphonique est interdit dans la rénovation énergétique. Un appel non sollicité promettant une pompe à chaleur « à 1 € » doit éveiller la méfiance.
Comparer au moins deux ou trois devis reste la meilleure protection, d’autant que les primes CEE n’ont plus de montant plancher depuis janvier 2026 : chaque fournisseur d’énergie fixe sa propre offre.
Le bon moment pour se décider
Entre la fin programmée des chaudières au fioul, la future prime pour sortir du gaz et la bascule du financement vers les CEE au 1er janvier, les ménages disposent de quelques semaines pour arbitrer. Ceux dont la chaudière arrive en fin de vie ont intérêt à lancer dès maintenant une étude et une demande de devis, pour pouvoir comparer les deux régimes d’aide avant la fin de l’année.
