Atos Group : la trésorerie redevient positive, le chiffre d’affaires recule encore

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Le groupe de services numériques a publié mercredi 21 octobre son chiffre d’affaires du troisième trimestre 2026 : 1 642 millions d’euros, en baisse organique de 3 %, mais une variation nette de trésorerie positive d’environ 44 millions d’euros, une première depuis le lancement du plan Genesis. Explications.

Atos Group a présenté mercredi 21 octobre, à Paris, son activité du troisième trimestre 2026. Le chiffre d’affaires s’établit à 1 642 millions d’euros, contre 1 692 millions un an plus tôt, soit un recul organique de 3,0 % à périmètre actuel, apprend-on dans le communiqué du groupe. Sur neuf mois, il atteint 4 946 millions d’euros, contre 5 318 millions sur la même période de 2025 (-7,0 %).

Pour les deux entités opérationnelles, Atos et Eviden, la baisse organique se limite à 2,4 % au troisième trimestre, après -11,0 % au premier et -5,8 % au deuxième. Philippe Salle, président du conseil d’administration et directeur général d’Atos Group, estime que ce trimestre « marque une nouvelle étape importante dans le parcours de redressement d’Atos Group » (traduit de l’anglais). Il concède toutefois que « notre redressement n’est pas achevé », tout en affirmant que « les fondations d’un Atos Group plus solide et plus compétitif sont désormais fermement en place » (traduit de l’anglais).

Royaume-Uni en hausse de 30,8 %, Amérique du Nord en chute de 19,3 %

La géographie du trimestre est contrastée. Le Royaume-Uni et l’Irlande progressent de 30,8 % en organique, à 323 millions d’euros. Le groupe y a notamment signé avec la police métropolitaine de Londres un contrat pouvant atteindre 350 millions de livres sur six ans, déjà détaillé dans notre article sur le contrat de services numériques confié à Atos par la police de Londres, ainsi qu’un accord-cadre avec l’administration fiscale britannique HM Revenue & Customs, jusqu’à 78 millions de livres sur trois ans.

À l’inverse, l’Amérique du Nord recule de 19,3 %, à 246 millions d’euros, et la zone Benelux et pays nordiques de 14,2 %, à 172 millions. L’Allemagne, l’Autriche et l’Europe centrale, premier marché du groupe avec 333 millions d’euros, cèdent 6,1 %. Quant à la France, elle s’établit à 257 millions d’euros, en baisse organique de 2,7 %.

Les prises de commandes atteignent 1 024 millions d’euros, « principalement tirées par des ventes additionnelles » auprès de clients existants (traduit de l’anglais), précise le communiqué. Le ratio prises de commandes sur chiffre d’affaires ressort à environ 62 %, en recul d’environ 7 points. Le carnet de commandes s’élève à 8,4 milliards d’euros, soit 1,3 année de chiffre d’affaires, et le taux de renouvellement des contrats atteint 93 % depuis le début de l’année.

Parmi les signatures du trimestre figure un partenariat exclusif de quinze ans avec EDF pour les systèmes d’information des centrales nucléaires vendues hors de France, sujet traité dans notre article sur le système d’information des EPR à l’export confié à Atos.

Une liquidité de 966 millions d’euros après le remboursement de 857 millions

Le fait marquant du trimestre est financier. La variation nette de trésorerie est positive d’environ 44 millions d’euros, malgré environ 50 millions de décaissements liés à la restructuration. C’est la première fois depuis le lancement de Genesis que les opérations génèrent de la trésorerie, souligne le groupe.

La liquidité est estimée à 966 millions d’euros au 30 septembre, contre 948 millions au 30 juin, après le remboursement, le 6 juillet, de 857 millions d’euros de dette de premier rang. Elle se compose de 896 millions de trésorerie et de 70 millions de ligne de crédit renouvelable non tirée. La documentation de crédit signée en décembre 2024 impose un minimum de 650 millions d’euros.

Le plan Genesis a par ailleurs atteint son objectif d’économies sur trois ans et a été prolongé. Les effectifs s’établissent à 53 071 salariés fin septembre, en baisse de 2,6 % depuis début juillet, principalement sous l’effet des réductions de postes prévues par le plan. Le taux d’attrition volontaire tombe à 10,4 %, contre 14,7 % au troisième trimestre 2025.

Eviden sans Bull, recentré sur la cybersécurité

Le périmètre d’Atos n’est plus celui de 2025. Le groupe a finalisé le 31 mars la cession de Bull à l’État français pour une valeur d’entreprise pouvant atteindre 404 millions d’euros, dont 104 millions de compléments de prix conditionnels, contre 110 millions envisagés lors de la signature de l’accord en juillet 2025, rappelait alors Option Finance. L’activité cédée regroupait le calcul haute performance, le quantique, l’informatique d’entreprise et l’intelligence artificielle, pour environ 700 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. L’État en est devenu l’unique actionnaire.

Selon le même média, Eviden se recentre depuis sur la cybersécurité, les systèmes critiques et l’analyse vidéo augmentée par l’IA, pour un chiffre d’affaires pro forma d’environ 300 millions d’euros en 2025. Au troisième trimestre, l’entité affiche 76 millions d’euros, en baisse organique de 10,9 %, une base de comparaison que le groupe juge non pertinente : hors déconsolidation de Bull et effets de calendrier, la croissance serait de 5,1 %.

Pour sa part, Atos mise sur l’IA « souveraine ». Le groupe a lancé Atos Genesis Intelligence, présentée comme sa suite d’IA souveraine de bout en bout, avec des agents déjà déployés chez SPIE, l’UGAP et Flender. L’ambition « va désormais au-delà du redressement », affirme Philippe Salle, qui entend aider les clients à « naviguer dans la transformation portée par l’IA tout en renforçant leur souveraineté numérique et leur cybersécurité » (traduit de l’anglais).

Objectif 2026 confirmé : environ -5 % en organique

Atos confirme ses objectifs pour l’exercice : une évolution organique du chiffre d’affaires d’environ -5 % pour Atos et Eviden, une marge opérationnelle d’environ 7 % et une variation nette de trésorerie positive. À moyen terme, le groupe vise une croissance annuelle moyenne de 5 à 7 % sur 2026-2028 et une marge opérationnelle d’environ 10 % en 2028.

Prochain rendez-vous : les résultats annuels 2026, attendus le 26 février 2027 avant l’ouverture de la Bourse.

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