Drones sous-marins : la France lance la réalisation de l’UCUV avec Naval Group, essais en mer en 2028

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L’Agence de l’innovation de défense (AID) et Naval Group annoncent, mercredi 4 novembre 2026, la signature d’un accord pour réaliser le démonstrateur opérationnel UCUV, un grand drone sous-marin de combat. Les essais en mer commenceront en 2028. Explications.

Mercredi 4 novembre 2026, l’Agence de l’innovation de défense (AID) et Naval Group ont annoncé la signature d’un accord pour la réalisation du démonstrateur opérationnel de drone sous-marin inhabité de grande taille UCUV (Unmanned Combat Underwater Vehicle), apprend-on dans un communiqué de l’AID.

Le texte ne donne ni le montant de l’accord, ni les dimensions de l’engin, ni le nombre d’exemplaires prévus. Il fixe en revanche une échéance : les expérimentations à la mer du démonstrateur démarreront en 2028.

UCUV : aérotransportable, déployable depuis un quai, de la collecte de renseignement à la neutralisation

Selon le communiqué, le démonstrateur devra démontrer des capacités d’endurance et d’autonomie décisionnelle, être aérotransportable et déployable depuis un quai ou un bâtiment de surface. Il sera doté d’un dispositif d’autonomie décisionnelle contrôlée, censé lui permettre de s’adapter aux aléas tactiques, à l’environnement et aux éventuelles avaries, seul ou en collaboration avec d’autres systèmes.

Polyvalent, l’engin pourra répondre à différents types de missions, de la collecte d’informations (renseignement, surveillance et reconnaissance) jusqu’à des actions plus offensives de neutralisation, précise l’AID.

Sur le plan stratégique, l’agence voit dans ce lancement « un marqueur fort de la volonté de la Marine nationale d’asseoir sa supériorité technologique et tactique », face à l’intensification de la contestation des espaces sous-marins et des menaces pesant sur les infrastructures critiques. La France rejoint ainsi, toujours selon le communiqué, « le cercle très restreint des Etats engagés dans la définition et le développement d’une capacité de drone sous-marin de grande taille », dite XL-UUV (eXtra Large Unmanned Underwater Vehicle).

Du DDO de Toulon au démonstrateur opérationnel : près de trois ans de travaux

L’accord fait suite aux premières étapes d’étude lancées en 2023 avec la Direction générale de l’armement (DGA) et s’appuie sur les essais à la mer menés sur le démonstrateur industriel de Naval Group. L’AID évoque des travaux et des échanges conduits depuis près de trois ans entre les centres de la DGA, la Marine nationale et l’industriel.

Les contours de ces travaux avaient été esquissés par la presse spécialisée. Selon Mer et Marine, la DGA avait notifié le 4 mai 2023 à Naval Group un contrat d’étude de neuf mois sur les cas d’usage et l’architecture système d’un grand drone sous-marin armé. Le démonstrateur de l’industriel, construit à Toulon, avait alors été financé sur fonds propres, sans attendre de premier contrat de l’État.

Quelques mois plus tard, Mer et Marine rapportait, dans un article du 14 février 2024, la conclusion d’un accord-cadre entre la DGA et Naval Group, dont le premier volet, d’une durée de 24 mois, portait sur l’autonomie décisionnelle contrôlée. Le prototype, baptisé DDO, mesurait selon le média 10 mètres de long pour 2,3 mètres de large et 10 tonnes, avec une vitesse maximale de 8 nœuds en plongée. Le journal précisait que les capacités militaires, les cas d’usage, le calendrier et le lieu de construction de l’engin définitif restaient confidentiels.

Thales et Exail à bord du DDO, des PME réparties dans au moins sept départements

L’AID souligne que le démonstrateur « irriguera » un vaste tissu de PME, ETI et grands groupes répartis dans toute la France, avec notamment des entreprises du Var, du Morbihan, de la Manche, de Loire-Atlantique, des Yvelines, des Bouches-du-Rhône et de Seine-et-Marne. Le communiqué ne nomme aucune de ces entreprises.

Quelques noms avaient déjà été cités à propos du prototype. D’après Mer et Marine (article du 10 juillet 2024), Thales avait annoncé la veille avoir été sélectionné par Naval Group pour intégrer un sonar de coque passif omnidirectionnel sur le DDO. Le premier sonar embarqué, une antenne passive d’écoute, avait été fourni par Exail, qui avait aussi livré une centrale inertielle Phins, selon le même article. Le calculateur et le logiciel d’autonomie décisionnelle étaient, eux, développés par Naval Group.

Le projet s’inscrit dans le mouvement de dronisation de la Marine nationale, dont les premières échéances de commande, fixées à mi-2027 ont été détaillées par le ministère des Armées fin octobre.

2028 : un an après l’horizon que l’industriel et la Marine espéraient en 2024

Le calendrier annoncé ne coïncide pas avec les espoirs de l’époque. En juillet 2024, Mer et Marine écrivait que Naval Group et la Marine espéraient voir le démonstrateur opérationnel à la mer d’ici 2027. Le communiqué du 4 novembre 2026 retient 2028 pour le début des expérimentations, sans expliquer l’écart.

Ces essais, indique l’AID, devront valider les choix technologiques et permettre de mieux appréhender la réponse opérationnelle face aux nouvelles formes de combat naval.

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