TotalEnergies et ADNOC Gas ont annoncé mardi 3 novembre la signature d’un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de cinq ans, portant sur la fourniture à la major française de jusqu’à 1,6 million de tonnes. Les premières livraisons sont prévues en 2026. Explications.
Le communiqué, daté de Paris le 3 novembre 2026, tient en quelques lignes : TotalEnergies et ADNOC Gas, la filiale gazière du groupe émirati ADNOC, « annoncent aujourd’hui la signature d’un accord d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) d’une durée de cinq ans, portant sur la fourniture à TotalEnergies de jusqu’à 1,6 million de tonnes de GNL ». Ni prix, ni montant, ni calendrier détaillé de livraison ne sont précisés.
1,6 million de tonnes sur cinq ans, moins de 1 % des ventes annuelles de TotalEnergies
Rapporté à la durée du contrat, le volume maximal représente en moyenne 0,32 million de tonnes par an, si les livraisons étaient régulières (calcul Refrance, le communiqué ne détaille pas le rythme). À titre de comparaison, TotalEnergies indique dans le même document être le troisième acteur mondial du GNL, avec 40 millions de tonnes vendues en 2024 grâce à ses participations dans des usines de liquéfaction « dans toutes les zones géographiques ». L’accord pèse donc moins de 1 % de ces ventes annuelles.
Le groupe rappelle aussi bénéficier d’un accès à plus de 20 millions de tonnes par an de capacité de regazéification en Europe, et affiche l’ambition d’accroître de 50 % sa production et ses achats de GNL à long terme d’ici 2030.
Stéphane Michel mise sur la position d’ADNOC Gas entre l’Europe et l’Asie
Le communiqué prête à Stéphane Michel, directeur général Gas, Renewables & Power de TotalEnergies, ces propos : « La signature de cet accord avec ADNOC Gas marque une nouvelle étape importante dans notre partenariat de longue date et témoigne de notre volonté d’approfondir notre coopération sur le long terme. Grâce à sa position géographique idéale entre l’Europe et l’Asie, ce nouvel approvisionnement permettra à TotalEnergies de conforter sa position parmi les principaux fournisseurs mondiaux de GNL ».
Du côté émirati, Fatema Al Nuaimi, directrice générale d’ADNOC Gas, déclare : « La demande mondiale de GNL continue de croître et ADNOC Gas est bien positionné pour saisir cette opportunité. Cet accord témoigne de la solidité de nos activités dans le GNL, de la compétitivité de notre offre et de notre capacité à nouer des partenariats de long terme qui soutiennent la croissance, renforcent notre résilience et créent durablement de la valeur pour nos actionnaires ».
ADNOC Gas, cotée à la Bourse d’Abou Dhabi, fournit environ 60 % des besoins en gaz commercialisé des Émirats arabes unis et approvisionne des clients dans plus de 20 pays, précise le communiqué. Ses activités de commercialisation de GNL alimentent la plateforme de négoce d’ADNOC, qui réunit ADNOC Gas, XRG et ADNOC Trading.
Un contrat de trois ans à un milliard de dollars en 2023, un premier accord de la série
Ce n’est pas la première fois que les deux groupes s’accordent sur du GNL. En mai 2023, ADNOC Gas avait annoncé un accord d’au moins un milliard de dollars avec TotalEnergies, rapportait alors Connaissance des énergies, d’après une dépêche de l’AFP. Valable trois ans, ce contrat pesait « entre 1 et 1,2 milliard de dollars », selon un communiqué d’ADNOC Gas, sans volumes précisés. « L’accord doit démarrer en 2023 et vise en priorité le marché asiatique », avait précisé TotalEnergies à l’AFP.
À durée de trois ans et départ en 2023, ce premier contrat arrive à échéance cette année (calcul Refrance). Le communiqué du 3 novembre ne dit pas si le nouvel accord lui succède.
Ruwais : 10 % du projet de GNL émirati pour TotalEnergies depuis juillet 2024
Le partenariat ne se limite pas aux achats de cargaisons. En juillet 2024, Connaissance des énergies et l’AFP indiquaient qu’ADNOC avait attribué 10 % du projet de GNL de Ruwais, à 250 kilomètres à l’ouest d’Abou Dhabi, à chacun de quatre groupes : TotalEnergies, Shell, BP et le japonais Mitsui & Co. ADNOC conservait la majorité, avec 60 %.
Le projet doit produire à terme environ 9,6 millions de tonnes de GNL par an, avec des moteurs électriques alimentés par une centrale nucléaire plutôt que des turbines à gaz. Sultan Al Jaber, directeur exécutif d’ADNOC, s’était alors dit « ravi d’accueillir BP, Mitsui & Co, Shell et TotalEnergies en tant que partenaires du projet (…) qui sera l’une des installations de GNL à plus faible intensité de carbone au monde ».
Le charbon au gaz, l’argument de TotalEnergies pour son GNL
Le communiqué ajoute que TotalEnergies travaille avec des partenaires locaux « pour promouvoir le passage du charbon au gaz naturel », dans la lignée des scénarios énergétiques que la major vient de publier et dont Refrance a déjà rendu compte.
Le groupe vise 50 % de GNL en plus d’ici 2030. Les premières cargaisons de l’accord avec ADNOC Gas sont attendues cette année.
