Rubis : le bitume (+ 82 %) tire les volumes du troisième trimestre, la guidance d’EBITDA maintenue

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Rubis, groupe français de distribution d’énergies, annonce mardi 3 novembre 2026 des volumes en hausse de 7 % au troisième trimestre, portés par le bitume, et réaffirme son objectif d’EBITDA 2026 entre 775 et 825 millions d’euros. Détails.

Le groupe dirigé par ses trois gérants, Clarisse Gobin-Swiecznik, Jean-Christian Bergeron et Marc Jacquot, a publié mardi 3 novembre 2026, à 7h00, son activité du troisième trimestre et des neuf premiers mois, apprend-on dans un communiqué du groupe.

1 737 000 m3 distribués, dont 203 000 de bitume

Les volumes distribués par Rubis atteignent 1 737 000 m3 au troisième trimestre, contre 1 622 000 m3 un an plus tôt, soit + 7 %. Le chiffre d’affaires du groupe grimpe de 44 %, à 2 275 millions d’euros contre 1 580 millions. Le communiqué rappelle toutefois que, dans la distribution d’énergies, Rubis répercute les variations du prix du pétrole sur ses clients : les indicateurs clés sont donc le volume et la marge unitaire, plutôt que le chiffre d’affaires.

La marge brute du Retail & Marketing progresse de 10 %, à 228 millions d’euros contre 207 millions. Le GPL stagne (352 000 m3, 0 %), les carburants gagnent 2 % (1 182 000 m3) et leur marge brute 13 %, à 129 millions d’euros.

Le bitume fait la différence : 203 000 m3 contre 112 000 m3, soit + 82 % (+ 15 % hors Europe), pour une marge brute de 23 millions d’euros (+ 29 %). Sur les 115 000 m3 de volumes supplémentaires du trimestre, 91 000 viennent du bitume, soit près de 80 % (calcul Refrance). Sur neuf mois, le bitume affiche 618 000 m3 (+ 55 %) et une marge brute de 93 millions d’euros (+ 47 %).

Afrique du Sud, Gabon, Corse : les écarts du bitume et des carburants

En Afrique, le communiqué cite une demande soutenue en infrastructures, notamment en Afrique du Sud, où Rubis a atteint des niveaux de ventes proches des records, et au Gabon, qui bénéficie d’importants projets routiers. Le Cameroun et l’Angola enregistrent aussi de solides performances. En Europe, la plateforme du groupe en Europe du Nord-Ouest poursuit sa montée en puissance : les volumes de la région bondissent de 30 %, à 299 000 m3, pour une marge brute en hausse de 3 %, à 54 millions d’euros.

Côté carburants, le communiqué souligne une marge unitaire plus élevée en Afrique de l’Est à la suite de l’ajustement de la formule de prix, et la poursuite de la reprise en Haïti. Les volumes en stations-service progressent de 1,3 % et leur marge brute de 15 %. En Afrique, la marge brute totale progresse de 16 % pour des volumes quasi stables (+ 1 %).

Le groupe signale en revanche un net recul en Corse, où, selon le communiqué, l’écart de prix résultant du plafonnement des prix des carburants par un concurrent continue de peser sur les volumes et les marges, notamment durant la saison estivale. Le segment aviation perd 1 % de volumes, avec des pressions persistantes au Kenya, mais sa marge brute grimpe de 25 %.

Sur neuf mois, le chiffre d’affaires atteint 6 342 millions d’euros (+ 31 %), les volumes 5 212 000 m3 (+ 8 %) et la marge brute 725 millions d’euros (+ 14 %).

Photosol : 805 MWc en exploitation, 49 % de Creil à la Banque des Territoires

Dans le solaire, Photosol a installé 6 MWc au troisième trimestre, portant ses actifs en exploitation à 805 MWc (+ 27 % sur un an). Le portefeuille sécurisé progresse de 20 %, à 1,5 GWc, quand le pipeline recule de 5 %, à 5,6 GWc. Le chiffre d’affaires de la production d’électricité renouvelable s’élève à 29 millions d’euros (+ 40 %), pour 286 GWh produits contre 197 GWh.

Photosol a par ailleurs finalisé le farm-down de son parc solaire de Creil : la Banque des Territoires (groupe Caisse des dépôts) a acquis 49 % du projet. Le communiqué présente l’opération comme le premier farm-down d’un actif solaire emblématique avec un partenaire institutionnel de long terme. Aucun montant n’est communiqué.

Directoire et conseil de surveillance : la transformation en société anonyme attend l’AMF

Le communiqué revient sur le projet annoncé le 19 octobre de transformer Rubis en société anonyme à directoire et conseil de surveillance, déjà détaillé par Refrance. Jean-Christian Bergeron serait proposé à la présidence du directoire, aux côtés de Marc Jacquot et de Fred Royer. Le conseil de surveillance conserverait ses onze membres, élargi à Jacques Riou et Clarisse Gobin-Swiecznik, avec Marc-Olivier Laurent à sa présidence.

La réalisation reste soumise à une décision de l’Autorité des marchés financiers (AMF) confirmant l’absence d’obligation de déposer une offre publique de retrait, puis à l’approbation des actionnaires lors d’une assemblée générale prévue le 9 décembre 2026, sous réserve que la décision de l’AMF soit purgée de tout recours.

Les gérants se félicitent d’un « nouveau trimestre solide, reflétant la force de sa plateforme énergétique diversifiée et une exécution disciplinée dans l’ensemble de ses zones géographiques et lignes de métier ». Ils affirment avoir franchi « une étape significative avec le projet de transformation de Rubis en société anonyme, conçu pour renforcer notre cadre de gouvernance, accroître notre visibilité sur les marchés financiers et accompagner les ambitions de développement à long terme du Groupe ».

La guidance d’EBITDA est réaffirmée entre 775 et 825 millions d’euros en 2026, à taux de change EUR/USD constant (1,13). Rendez-vous le 9 décembre pour l’assemblée générale, puis le 11 mars 2027 pour les résultats de l’exercice.

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