Le spécialiste angevin de la protection contre les explosions annonce, lundi 2 novembre 2026, une première commande de SpaceX d’un montant proche d’un million d’euros. Les clapets seront fabriqués à Saint-Georges-sur-Loire, en Maine-et-Loire.
Lundi 2 novembre 2026, à 17h45, STIF, groupe industriel coté à Paris et installé à Saint-Georges-sur-Loire (Maine-et-Loire), a annoncé « la signature de premières commandes auprès de SpaceX », apprend-on dans un communiqué du groupe. Le contrat porte sur la fourniture de clapets de non-propagation d’explosion de la gamme VIGIFLAP, destinés aux installations de lancement de fusées de la société américaine.
Le marché a été signé par l’intermédiaire de BOSS Products, la filiale texane de STIF. Les équipements seront installés dans les usines de lancement de SpaceX au Texas et en Floride. Leur fonction, selon le communiqué : protéger l’unité de climatisation contre une fusée défaillante.
Un premier contrat VIGIFLAP proche d’un million d’euros
Le montant reste modeste. Ce premier contrat représente « un volume d’affaires proche de 1 M€ », précise le communiqué, qui y voit le démarrage d’une « opportunité de partenariat stratégique » entre SpaceX et STIF. L’entreprise angevine présente cette commande comme l’aboutissement d’une démarche commerciale engagée de sa propre initiative auprès du groupe américain, pour lui proposer des solutions adaptées à ses besoins.
Le dossier est remonté au sommet. Le projet, élaboré par les équipes de recherche et développement de STIF avec celles de SpaceX, « a d’ailleurs été soumis au préalable, par ses équipes, à Monsieur Elon Musk en vue de son approbation », souligne le communiqué. Un premier équipement « test » a ensuite été livré, puis validé comme conforme au cahier des charges, avant que les commandes fermes ne soient confirmées.
Des clapets fabriqués à Saint-Georges-sur-Loire
Le point mérite d’être relevé : la production ne sera pas confiée à la filiale américaine. Les clapets seront fabriqués dans l’usine STIF de Saint-Georges-sur-Loire, en France. Les premières livraisons sont programmées pour la fin de l’année 2026 et se poursuivront en 2027.
Fondé en 1984, le groupe familial s’est d’abord fait connaître dans les équipements de manutention de produits en vrac : godets d’élévateurs, sangles élévatrices, raccords à compression. Depuis une dizaine d’années, il s’est diversifié dans la protection passive et active contre les explosions de poussières industrielles, puis dans la protection contre les risques d’explosion des systèmes de stockage d’énergie par batterie, les BESS (pour « battery energy storage systems »). STIF revendique près de 400 collaborateurs et cinq usines réparties entre la France, la Belgique, l’Asie et les États-Unis.
L’ambition affichée dépasse la niche : le groupe « entend devenir un acteur global de la sécurité industrielle et énergétique, en Europe et à l’international », affirme le communiqué.
Le précédent Tesla et le krach du 2 octobre
L’annonce intervient un mois, jour pour jour, après un krach boursier. Le vendredi 2 octobre, le titre STIF, « introduit en décembre 2023 », chutait « de 60% peu avant 12h, au lendemain de l’annonce de la perte de Tesla », relevait alors Zonebourse, qui évoquait une « equity story brutalement remise en question ». La veille, le même site titrait sur une forte croissance au premier semestre, tout en prévenant que la perte de Tesla pèserait sur 2027.
Refrance avait alors détaillé comment Tesla avait écarté les panneaux de STIF de son Megapack 3.
Le communiqué du 2 novembre ne fait aucune allusion à cet épisode. Il insiste en revanche sur le fait que cette nouvelle signature « vient renforcer le positionnement du groupe STIF comme un acteur de référence sur son marché ».
Un groupe familial de l’Anjou chez SpaceX
Pour le groupe familial angevin, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de trouver de nouveaux grands clients après le départ de Tesla. Il s’agit ensuite de prouver que la fabrication française d’équipements de sécurité industrielle peut s’imposer dans les cahiers des charges des donneurs d’ordre américains les plus exigeants, depuis une usine de Saint-Georges-sur-Loire plutôt que depuis le Texas.
Les investisseurs disposeront d’un premier point d’étape le 26 janvier 2027, date à laquelle STIF publiera son chiffre d’affaires annuel 2026. Les résultats annuels suivront le 24 mars 2027. D’ici là, les premiers clapets devront avoir quitté l’Anjou. Destination, selon le communiqué : les usines de lancement de SpaceX, « au Texas et en Floride ».
