L’ancien Technicolor a publié mercredi 28 octobre un chiffre d’affaires trimestriel de 436 millions d’euros, en baisse de 7,3 %. L’équipementier des opérateurs télécoms confirme son objectif de flux de trésorerie positif pour 2026, à quelques semaines d’un changement de marché boursier et toujours sous direction intérimaire. Explications.
Vantiva a dévoilé mercredi 28 octobre, après la clôture de la Bourse de Paris, un chiffre d’affaires non audité de 436 millions d’euros pour le troisième trimestre 2026, en recul de 7,3 % sur un an (-7,0 % à taux de change constants). Sur les neuf premiers mois, les ventes du groupe parisien, qui conçoit les box internet et les décodeurs fournis aux opérateurs télécoms, s’établissent à 1 170 millions d’euros, soit une baisse de 12,1 % (-8,3 % à taux de change constants), apprend-on dans un communiqué de l’entreprise.
Le « Haut-Débit » de Vantiva perd 15,1 % en un trimestre
Le décrochage vient du cœur de métier. Les revenus du « Haut-Débit », c’est-à-dire les passerelles d’accès à internet, ont reculé de 15,1 % sur le trimestre (-15,4 % à taux de change constants), à 321 millions d’euros contre 378 millions un an plus tôt. Sur neuf mois, la baisse atteint 9,1 %.
Le groupe l’attribue à « une demande plus faible dans la région Amériques due à un changement de génération de produits en cours, à un ralentissement des investissements de certains opérateurs et une base de comparaison élevée due aux fortes livraisons observées au T3 2025 ».
À l’inverse, la « Video » a progressé de 25,2 % sur le trimestre (+27,2 % à taux de change constants), à 115 millions d’euros. Dans la zone Eurasie, le chiffre d’affaires a bénéficié « des fortes livraisons de produits Vidéo à l’un de nos clients clés et de la hausse des prix appliquée sur ces produits en réponse à l’évolution du coût des composants », indique l’entreprise, sans nommer ce client. Sur neuf mois, l’activité vidéo reste toutefois en repli de 21,4 %.
Lars Ihlen, directeur financier et patron par intérim
« La performance du troisième trimestre est restée globalement conforme à nos attentes », déclare Lars Ihlen, présenté comme CEO dans le communiqué. Il évoque « certaines fluctuations ponctuelles et atypiques selon les régions et les catégories de produits » et affirme : « Ces variations ne remettent pas en cause les fondamentaux sous-jacents de l’activité et nous anticipons un mix des ventes plus normal au quatrième trimestre. »
Le dirigeant n’occupe ce fauteuil que depuis trois semaines. Jeudi 8 octobre, Vantiva annonçait le départ de Tim O’Loughlin, directeur général et administrateur, « pour des raisons personnelles, avec effet immédiat ». Lars Ihlen, directeur financier depuis quinze ans, d’abord chez Technicolor Connected Home puis chez Vantiva, a été nommé directeur général par intérim tout en conservant ses fonctions financières. Il avait déjà assuré un intérim à la tête du groupe par le passé.
« Le Conseil remercie Tim pour les deux années durant lesquelles il a dirigé l’entreprise en tant que Directeur général. Au cours de cette période, il a recentré la Société sur ses priorités stratégiques et rationalisé ses opérations afin d’en renforcer la performance », soulignait alors Katleen Vandeweyer, présidente du conseil d’administration. Le conseil a engagé la recherche d’un directeur général permanent.
Composants et mémoire, la contrainte de Vantiva
Pour Vantiva, l’équation reste dictée par la chaîne d’approvisionnement. « Dans un contexte qui demeure incertain, notamment en matière de coûts des composants et de dynamique de la chaîne d’approvisionnement, nous restons pleinement mobilisés dans l’exécution de notre stratégie et confirmons notre objectif de générer un free cash-flow positif en 2026 », estime Lars Ihlen.
Le constat n’est pas nouveau. Lors de la publication de ses résultats semestriels, jeudi 30 juillet, le groupe jugeait la visibilité du marché limitée par les contraintes d’approvisionnement en composants, liées à l’allocation et au prix des mémoires. Le premier semestre s’était soldé par un chiffre d’affaires de 734 millions d’euros (-14,7 %), un Ebitda ajusté de 43 millions d’euros (5,8 % du chiffre d’affaires, contre 7,6 % un an plus tôt) et un flux de trésorerie disponible de 30 millions d’euros, contre 95 millions au premier semestre 2025.
La structure financière reste tendue. La dette nette nominale, loyers compris, atteignait 536 millions d’euros au 30 juin, contre 512 millions fin 2025, pour une trésorerie de 21 millions d’euros, complétée par 6 millions non tirés sur une ligne de crédit de 70 millions.
Basé à Paris, le groupe se présente comme un partenaire des principaux opérateurs télécoms dans le monde, sur un marché des équipements d’abonnés où les opérateurs mettent en avant leurs propres box, à l’image de la Livebox d’Orange capable de basculer sur le smartphone en cas de coupure de la fibre. Vantiva dispose de sièges régionaux en Australie, en Chine, en Inde, en Corée du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Vantiva quitte le marché réglementé pour Euronext Growth
Dernier chantier en cours : la Bourse. Réunis en assemblée générale le mercredi 23 septembre, les actionnaires ont approuvé le transfert de la cotation des actions Vantiva d’Euronext Paris vers Euronext Growth Paris, un marché jugé « plus approprié à sa taille ». L’opération doit permettre d’« alléger les contraintes réglementaires et les coûts afférents à la cotation », selon le communiqué publié à l’issue du vote.
Le calendrier indicatif prévoit une radiation d’Euronext Paris et une admission sur Euronext Growth « au plus tôt à partir du 23 novembre 2026 », sous réserve de l’accord d’Euronext Paris SA.
Plus de cent trente ans après ses débuts, l’ancien Technicolor changera donc de compartiment boursier avant d’avoir trouvé son prochain patron.

