E5 à Paris : cinq ministres de la Défense misent sur l’industrie et l’Ukraine

Char Leclerc exposé au salon Eurosatory
Char Leclerc exposé au salon Eurosatory - Crédits photo : Robinsauveur

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Réunis lundi 26 octobre à Paris, les ministres de la Défense de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni ont réaffirmé leur volonté de renforcer le rôle des Européens au sein de l’Otan. Au programme : la menace russe, l’Ukraine et la production d’armement. Explications.

Les représentants des cinq principales puissances militaires européennes se sont retrouvés lundi 26 octobre à Paris, à l’invitation de Catherine Vautrin, ministre des Armées, pour une réunion du format E5, indique le ministère des Armées dans une publication datée du 27 octobre. La France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni y ont réaffirmé la nécessité pour l’Europe d’assumer davantage de responsabilités dans sa propre défense, tout en préservant leur partenariat stratégique avec les États-Unis.

À Paris, le E5 fait de la capacité industrielle européenne une condition du pilier européen de l’Otan

Le E5 est un format de concertation réunissant les ministres de la Défense des cinq pays. Dans leur déclaration commune, ses membres disent vouloir construire une Europe plus forte au sein d’une Otan renforcée, ce qui passe, précise le ministère, par davantage d’investissements dans les capacités industrielles européennes.

Catherine Vautrin a appelé à renforcer ces capacités : « Produire plus, produire plus vite », a insisté la ministre des Armées. Elle a aussi plaidé pour des équipements adaptés aux conflits actuels comme aux menaces futures. Cette ambition suppose, selon le ministère, une meilleure interopérabilité des armées, une maîtrise accrue des technologies stratégiques et une coordination renforcée des investissements militaires.

La question des financements européens de défense figurait déjà à l’ordre du jour de la réunion du triangle de Weimar à Giżycko, où les ministres des Affaires européennes se sont penchés sur le budget de l’Union.

Kallas et Kubilius, présents à Paris, demandent des contrats et des livraisons

La vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, également présente, a souligné l’importance de transformer les dépenses de défense en capacités opérationnelles concrètes, tout en maintenant la pression sur la Russie par les sanctions.

De son côté, le commissaire européen à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius, a insisté sur l’urgence d’accélérer les contrats industriels et les livraisons d’équipements. Il a mis en avant les mécanismes de financement européens destinés à soutenir les capacités ukrainiennes.

Pistorius, Crosetto, Zalewski : trois lectures du front ukrainien

Le soutien à l’Ukraine a occupé une place centrale. Dans leur déclaration commune, les cinq pays désignent la Russie comme la menace la plus aiguë et la plus durable pour la sécurité euro-atlantique, en raison de la poursuite de son offensive en Ukraine et de la multiplication des attaques hybrides. « Nous avons un engagement total », a affirmé Catherine Vautrin, qui insiste sur la nécessité de préserver l’unité européenne face aux intimidations.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, estime que Vladimir Poutine ne manifeste aucune volonté réelle de parvenir à un cessez-le-feu. Alors que les frappes russes continuent de viser les infrastructures énergétiques et les populations civiles ukrainiennes, les Européens maintiennent leur appui concret, notamment dans la défense aérienne, relève le ministère.

Pour le ministre italien Guido Crosetto, cette mobilisation répond aux intérêts sécuritaires du continent : « L’aide à l’Ukraine n’est pas l’aide adressée à un pays tiers, mais c’est une aide à notre sécurité future. » Le secrétaire d’État polonais à la Défense, Paweł Zalewski, a pour sa part insisté sur le développement de systèmes antiaériens moins coûteux et sur la coopération industrielle avec Kiev. Une priorité également défendue par la secrétaire générale déléguée de l’Otan, Radmila Sekerinska, qui a appelé les Alliés à intensifier leur soutien afin de protéger les villes et les infrastructures ukrainiennes à l’approche de l’hiver.

Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a quant à lui rappelé la détermination de Londres à maintenir la pression économique sur Moscou et à soutenir durablement l’Ukraine.

Flotte fantôme russe et garanties de sécurité : les engagements du E5

Les membres du E5 ont réaffirmé l’importance de la lutte contre la flotte fantôme russe. Ils se sont engagés à contribuer à de solides garanties de sécurité pour l’Ukraine, dès lors qu’un cessez-le-feu ou un accord de paix aura été conclu.

Par ailleurs, les tensions au Moyen-Orient ont été abordées, avec une attention particulière portée à la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge, deux axes essentiels au commerce international et aux approvisionnements énergétiques, selon le ministère.

De Paris à Rome, les cinq veulent resserrer le lien entre politiques, militaires et industriels

Le groupe prévoit d’intensifier les échanges entre responsables politiques et militaires, ainsi que la coopération entre industries de défense. Cette orientation prolonge les débats ouverts lors du dernier Conseil européen consacré à la défense, centrés sur les drones et le flanc Est.

La prochaine réunion du E5 est prévue à Rome en mars 2027, avec pour objectif de transformer cette convergence politique en capacités opérationnelles concrètes.

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