Mardi 13 octobre, RTE et Enedis, les deux gestionnaires de réseaux d’électricité, ont annoncé le lancement du Portail Flexibilités, une plateforme unique où leurs besoins rencontrent les offres du marché, pour deux ans d’essai. Explications.
Mardi 13 octobre, à 9 h 35, RTE et Enedis ont publié un communiqué commun pour annoncer le lancement du Portail Flexibilités, une plateforme unique qui doit mettre en relation les besoins des gestionnaires de réseau et les offres des acteurs du marché. Selon le communiqué d’Enedis, c’est la première fois que les besoins des deux opérateurs sont rassemblés sur un même outil, dans un cadre harmonisé.
Le principe tient en une phrase : la flexibilité locale consiste à ajuster temporairement la consommation ou la production d’un site électrique pour répondre à un besoin du réseau dans une zone donnée. Le communiqué y voit un moyen d’accompagner les nouveaux usages électriques et les énergies renouvelables, tout en tirant un meilleur parti des réseaux existants.
La question de la robustesse du réseau électrique n’est pas nouvelle pour Refrance, qui l’abordait déjà au moment du sabotage d’un pylône en Haute-Savoie. Le Portail Flexibilités aborde le sujet par un autre bout : le pilotage des consommations et des productions locales.
Dix départements du Sud-Ouest, de l’Ariège au Tarn, pour deux ans d’essai
L’expérimentation durera deux ans, à titre d’essai, dans dix départements pilotes du Sud-Ouest : l’Ariège, l’Aude, le Gard, la Haute-Garonne, l’Hérault, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales et le Tarn.
Les règles de fonctionnement du portail ont été fixées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) dans sa délibération n°2026-161, précise le communiqué. L’expérimentation doit tester un outil numérique d’achat de flexibilités locales et mesurer son intérêt pour les différentes parties prenantes.
Le dossier ne sort pas de nulle part. Fin juillet, GreenUnivers titrait sur la validation par la CRE du marché de flexibilités locales de RTE et Enedis, et indiquait que les deux gestionnaires allaient lancer l’expérimentation à la mi-septembre. Le communiqué est daté du 13 octobre : le calendrier annoncé en juillet n’a donc pas été tenu à la lettre, sans que le communiqué n’en dise un mot.
Le 31 juillet, Actu-Environnement présentait la démarche en des termes voisins. Les deux gestionnaires, écrit le média, ont décidé de travailler au déploiement d’un portail expérimental commun, avec pour objectif de tester une solution numérique d’achat de services de flexibilité. Ils passeraient par un mécanisme de marché pour choisir les options permettant de gérer les contraintes locales du réseau.
De quatre à cinq mois à quatre à six semaines : le pari de la délibération 2026-161
Le chiffre qui résume l’ambition de l’outil figure dans le communiqué. Aujourd’hui, le délai entre l’identification d’un besoin sur le réseau et le déploiement opérationnel d’une solution est de quatre à cinq mois. Le portail vise quatre à six semaines.
Côté marché, le communiqué promet aux acteurs une visibilité consolidée sur les besoins locaux de flexibilité et un accès simplifié aux appels d’offres.
Le communiqué ne donne ni volume de flexibilité recherché, ni montant de rémunération, ni liste des acteurs déjà inscrits. Il ne cite aucun porte-parole. Un dossier de presse au format PDF est proposé en téléchargement.
Recharge sur autoroute : 0,5 GW aujourd’hui, 4,4 GW visés en 2035
Le portail s’inscrit dans une série d’annonces d’Enedis sur l’électrification. Le 6 octobre, dans un autre communiqué, le distributeur et les sociétés concessionnaires d’autoroutes ont indiqué vouloir multiplier par dix la puissance de recharge sur autoroute d’ici 2035.
Sur le réseau concédé, 393 aires de service situées dans le périmètre d’Enedis, sur 422 en France, disposent déjà d’infrastructures de recharge, pour une puissance d’environ 0,5 GW. L’objectif pour 2035 est d’équiper ou de renforcer près de 1 000 aires, pour environ 4,4 GW installés. La France compte par ailleurs plus de 200 000 points de recharge ouverts au public, un nombre qui a doublé en trois ans, rappelle ce communiqué.
Reste à savoir ce que les dix départements pilotes feront de l’outil : le communiqué ne fixe aucune échéance de bilan.
