i2S : les drones de surveillance tirent l’imagerie de Pessac, les mémoires freinent

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La PME girondine i2S, spécialiste de la vision intégrée, a publié jeudi 15 octobre un chiffre d’affaires de 13,05 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 11,2 %. Sa filiale toulousaine Twiga, portée par le marché des drones de surveillance, assure l’essentiel de la croissance. Explications.

La société i2S Innovative Imaging Solutions, cotée sur Euronext Growth depuis 2007 et installée à Pessac (Gironde), a annoncé jeudi 15 octobre, après la clôture de la Bourse, un chiffre d’affaires de 13 051 milliers d’euros sur les neuf premiers mois de 2026, contre 11 737 milliers d’euros un an plus tôt, soit une progression de 11,2 %. Le troisième trimestre s’établit à 4,72 millions d’euros, en hausse de 8,98 %, apprend-on dans le communiqué du groupe.

L’export fait office de locomotive. Les ventes hors de France atteignent 9,44 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 19,53 %, et représentent désormais 72,4 % de l’activité, contre 67,3 % un an plus tôt.

Twiga et les drones de surveillance, moteur du pôle Vision d’i2S

La croissance repose d’abord sur le pôle Vision, qui affiche 3,96 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 41 %, et même de 46 % au seul troisième trimestre. Le communiqué attribue cette dynamique à Twiga, dont le chiffre d’affaires progresse de 18 % et les prises de commandes de 25 % sur la période, notamment grâce au marché des drones de surveillance. Le groupe fait également état d’une commande d’importance : « un client de drones de surveillance en forte croissance a passé une commande ferme de 5,3 M€ ». Le nom du client n’est pas communiqué.

Twiga n’est pas une prise récente. i2S avait signé le 16 novembre 2022 une lettre d’intention pour racheter cette société toulousaine qui conçoit et fabrique des systèmes vidéo embarqués, et qui intervient dans l’avionique, la défense et la sécurité, précisait alors un communiqué du groupe. Dès le mois de mars 2026, un équipementier de drones avait passé une commande de 1,4 million d’euros, livrable cette année, selon le point d’activité du premier trimestre publié le 9 avril.

Ce basculement compense un trou d’air. En janvier, i2S expliquait le recul de son pôle Vision en 2025 par le ralentissement des appels de livraison d’un grand client équipementier du secteur verrier. En juillet, le groupe précisait encore que ce premier client, positionné sur le contrôle d’embouteillage, restait en retrait.

Puces mémoires : le goulet d’étranglement du pôle Vision

L’élan reste toutefois tributaire de l’amont. La croissance du pôle Vision reste conditionnée, selon le communiqué, « par les tensions d’approvisionnement de certains composants (mémoires) ». Une dépendance qui rappelle combien les fabricants français d’électronique embarquée restent exposés aux chaînes d’approvisionnement asiatiques, à l’image de la filière des moteurs de drones, où Safran a dû sécuriser un fournisseur stratégique face à la dépendance chinoise.

Pour l’ensemble de l’exercice, la direction table sur 5,8 millions d’euros de chiffre d’affaires pour Vision et Twiga, soit une hausse de 38 %.

DigiBook, de Bagdad à l’Afrique du Sud

Premier pôle du groupe par le chiffre d’affaires, i2S DigiBook, qui conçoit des scanners de livres et des solutions de numérisation de fonds patrimoniaux, progresse plus modestement, de 4 %, à 4,93 millions d’euros. L’activité a remporté l’équipement d’une bibliothèque numérique à Bagdad et de la Bibliothèque nationale d’Afrique du Sud. Les États-Unis et la France offrent de bonnes perspectives, tandis que l’Espagne et l’Allemagne sous-performent sous l’effet des restrictions budgétaires. Par ailleurs, un appel d’offres important remporté en Algérie devrait voir sa livraison glisser en 2027.

Le groupe vise pour DigiBook un chiffre d’affaires annuel d’environ 7 millions d’euros, qui pourrait atteindre 7,5 millions d’euros en l’absence de difficultés d’approvisionnement et de dédouanement. En 2025, ce pôle avait reculé d’environ 14 %, à 7,13 millions d’euros, pénalisé par le report d’investissements de clients publics.

Orphie et Medcare : caméras sous-marines à Shanghai, projets médicaux en 2027

Les deux autres activités sont plus contrastées. L’imagerie sous-marine i2S Orphie progresse de 14 % sur neuf mois, à 1,72 million d’euros, mais recule de 6 % au troisième trimestre. Une étude de marché a identifié deux freins : une qualité d’image insuffisante en eau claire et un marché adressable restreint, estimé à 20 millions d’euros en 2026. Le groupe mise sur de nouvelles caméras à adaptation automatique, dont la première génération doit être lancée au salon Oceanology de Shanghai fin novembre, et sur l’arrivée d’un nouveau responsable commercial. Orphie est attendu à 1,9 million d’euros sur l’année (+1 %).

Quant à i2S Medcare, il recule de 9 %, à 2,43 millions d’euros, même si les solutions développées par Twiga y progressent nettement. Trois projets médicaux, en phase finale de développement, doivent être lancés en 2027. Le pôle vise 3,8 millions d’euros sur l’année.

i2S, 82 salariés et une trésorerie de 5,2 millions d’euros

Ces chiffres s’inscrivent dans un redressement. En 2025, i2S avait vu son chiffre d’affaires reculer de 7 %, à près de 17 millions d’euros, tout en portant son résultat net à 616 000 euros, contre 114 400 euros en 2024. Le groupe comptait 82 salariés au 31 décembre 2025, pour une trésorerie de 5,24 millions d’euros. Ses achats de recherche et développement avaient doublé, à 880 000 euros, notamment pour le projet MANTAX financé par Bpifrance dans le cadre de France 2030.

Pour l’exercice en cours, la direction se dit confiante dans l’atteinte de ses objectifs de rentabilité et poursuit sa recherche de cibles de croissance externe. Prochain rendez-vous : le chiffre d’affaires annuel, le 28 janvier 2027 après Bourse.

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