Matières premières critiques : Bruxelles ajoute 46 projets stratégiques, dont six touchant la France

Mine de lithium, image d'illustration

Table des matières

La Commission européenne a désigné vendredi 9 octobre 46 nouveaux projets stratégiques dans 16 États membres. Un statut qui accélère les permis, mais ne garantit aucun financement. Explications.

Vendredi 9 octobre, la Commission européenne a annoncé la sélection de 46 nouveaux projets stratégiques dans le cadre du règlement sur les matières premières critiques, parmi 102 candidatures, indique-t-elle dans un communiqué. Seize États membres sont concernés, dont la France.

Le vice-président exécutif chargé de la Prospérité et de la stratégie industrielle, Stéphane Séjourné, y affirme : « Notre approche est simple : réduire la dépendance, augmenter la production en Europe » (traduit de l’anglais). Cette deuxième vague complète les 47 projets européens retenus en mars 2025 et les 13 projets situés dans des pays tiers désignés en juin 2025, soit 93 projets dans l’Union et 106 au total, selon Economie Matin.

Dix-neuf projets de recyclage, quatre seulement sur les terres rares

Par maillon de la chaîne de valeur, la sélection compte 8 projets d’extraction, 11 de transformation et 19 de recyclage, auxquels s’ajoutent 8 projets intégrés (3 d’extraction-transformation et 5 de transformation-recyclage). Ils couvrent 15 des 17 matières premières stratégiques de la liste européenne.

Le lithium est visé par 7 projets, le nickel par 12, le cobalt par 10, le manganèse par 5, le graphite par 4, le magnésium par 2 et le tungstène par 3. Les terres rares, au cœur de la dépendance à la Chine, ne comptent que 4 projets.

Le communiqué met en avant l’effet cumulé des trois listes. Les objectifs d’extraction fixés pour 2030 seraient pleinement couverts pour le lithium, le nickel, les terres rares, le magnésium et le tungstène. Pour la transformation, la couverture atteint 89 % pour le cobalt, 57 % pour le tungstène et 51 % pour le magnésium. Le règlement fixe, rappelons-le, des cibles de 10 % de la consommation annuelle de l’Union pour l’extraction, 40 % pour la transformation et 25 % pour le recyclage.

Rhodia, Lithium de France et CRM4Defence : le contingent français

Le communiqué ne détaille ni le nombre ni la nature des projets français. C’est Economie Matin qui les liste, dans un article publié le 12 octobre : cinq projets entièrement implantés en France, à savoir BREES (Rhodia Operations, recyclage de terres rares pour aimants), EMME, Lithium de France, LUERN et NEOMAT-PCAM, qui touchent aux terres rares, au lithium, au nickel, au cobalt, au manganèse et au titane. Un sixième, CRM4Defence, associe la France à l’Italie, la Pologne et le Royaume-Uni.

Le site de Carester à Lacq, qui pourrait représenter environ 15 % de la production mondiale d’oxydes de terres rares lourdes visés, relève de la première vague et non de celle-ci, précise le même média. Il rappelle aussi que Viridian Lithium, projet français de raffinage de lithium qui avait obtenu le statut stratégique en 2025, est entré en liquidation judiciaire en mars 2026. Sur le terrain industriel, Solvay investit déjà 20 millions d’euros dans les terres rares à La Rochelle, l’un des maillons dont dépend la filière aimants.

21,1 Md€ d’investissements estimés, 2 Md€ mobilisés

Le statut stratégique donne accès à un traitement prioritaire des demandes de permis, avec un guichet unique, mais n’ouvre droit à aucune subvention, aucun prêt ni aucune garantie automatique, souligne Economie Matin. Les délais visés sont d’environ 27 mois pour les projets d’extraction et 15 mois pour les autres.

Côté argent, la Commission indique que l’équipe Europe a mobilisé plus de 2 milliards d’euros depuis le lancement de RESourceEU, via le Fonds pour l’innovation, les aides d’État et la Banque européenne d’investissement. Economie Matin détaille : 680 millions d’euros du Fonds pour l’innovation pour six projets, plus d’un milliard d’euros d’aides d’État pour six projets et 660 millions d’euros de la BEI pour huit projets. Le besoin d’investissement total estimé s’élève à 21,1 milliards d’euros, un chiffre qui n’est pas un budget approuvé.

Sur la première liste de 2025, 25 projets ont achevé leur évaluation d’impact environnemental et 17 ont obtenu un permis de construire, selon la Commission. Le mécanisme d’agrégation de la demande et de l’offre a par ailleurs produit plus de 30 mises en relation pour 10 matières.

Un seuil de 65 % face à la Chine

Le règlement impose qu’aucun pays tiers ne fournisse plus de 65 % de la consommation européenne d’une matière stratégique à un stade de transformation donné, rapporte Economie Matin. Un garde-fou dont le média relève que les modalités de contrôle ne sont pas précisées.

Stéphane Séjourné affirme également : « Nous avons les ressources, les projets et le financement : maintenant, nous accélérons le rythme » (traduit de l’anglais). Un nouvel appel à candidatures est annoncé pour la fin de 2026.

Et si vous receviez notre newsletter mensuelle ?

    Plus d'articles

    Abonnez-vous à notre newsletter

    Une sélection d'articles, dans votre boîte mail. Rien d'autre, promis.

    Vous vous êtes abonné à la newsletter avec succès

    Une erreur est survenue lors de l'envoi de votre requête. Veuillez réessayer.

    Refrance : Revue Economique de France utilisera les informations que vous fournissez sur ce formulaire pour rester en contact avec vous et vous proposer des mises à jour et du marketing.