Nucléaire belge : Engie et l’État se donnent jusqu’au 12 décembre, la valorisation les sépare

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Mercredi 4 novembre, l’État belge, Engie et sa filiale Electrabel ont reporté au 12 décembre 2026 la date cible de conclusion des Heads of Terms, l’accord préalable sur la reprise des activités nucléaires belges du groupe français. Des divergences sur le prix subsistent. Explications.

Mercredi 4 novembre, l’État belge, ENGIE S.A. et Electrabel NV/SA ont convenu de reporter au 12 décembre 2026 la date cible pour la conclusion des Heads of Terms (« HoT »), prévus dans la lettre d’intention du 29 avril 2026, dans le cadre de la potentielle acquisition des activités nucléaires par l’État belge, indique le communiqué d’Engie publié le jour même.

C’est le second report. La date cible initiale avait déjà été repoussée au 4 novembre par un communiqué du 30 septembre, qui invoquait « la complexité et l’ampleur de l’opération envisagée ». Refrance avait rendu compte de ce premier délai début octobre.

Une lettre d’intention du 29 avril, deux reports

La formulation a changé d’un communiqué à l’autre. Fin septembre, les parties parlaient d’un délai « afin de permettre aux parties de finaliser leurs analyses et leurs discussions en cours ». Cette fois, le texte est plus direct : « les discussions approfondies menées au cours des derniers mois entre ENGIE et l’État belge ont permis de progresser et de renforcer la compréhension mutuelle des enjeux », précise le communiqué.

Puis vient la réserve : « Des divergences significatives subsistent toutefois, notamment sur la valorisation de la transaction », écrit Engie, qui ajoute que « les parties souhaitent prendre le temps nécessaire pour tenter de rapprocher leurs positions ». Aucun montant, aucune fourchette n’est publié, ni par le groupe ni par l’État.

Le communiqué fixe aussi une limite : « Les parties se donnent donc un délai maximum d’un mois supplémentaire. » Le calendrier appelle une remarque : du 4 novembre au 12 décembre, il s’écoule trente-huit jours, soit un peu plus d’un mois.

Sept réacteurs à Tihange et Doel, deux encore en service

L’enjeu industriel est précisé par la dépêche de l’AFP reprise par Connaissance des énergies. Engie exploitait sept réacteurs en Belgique via Electrabel, sur les sites de Tihange, dans la région liégeoise, et de Doel, près d’Anvers. Deux sont encore en service, après une prolongation de dix ans au-delà de 2025 prévue par un accord conclu en 2023 avec le précédent gouvernement belge.

Selon la même dépêche, les discussions ont démarré fin avril 2026 et l’État belge souhaite assumer la propriété directe de ces activités. En avril, le gouvernement a par ailleurs annoncé le gel du calendrier de démantèlement des réacteurs déjà arrêtés.

Pour Engie, groupe dont l’État français est actionnaire, l’issue de la négociation fixera le périmètre de ses activités nucléaires en Europe. Le communiqué ne dit rien du prix envisagé, ni des passifs de démantèlement, ni du sort des salariés d’Electrabel.

Bart De Wever a remis sa démission au Roi le 2 novembre

Le contexte politique belge ajoute une incertitude. D’après l’AFP, le Premier ministre Bart De Wever, conservateur flamand arrivé au pouvoir début 2025, a présenté sa démission au Roi le 2 novembre, faute d’accord sur le budget fédéral. Il voulait relancer le nucléaire au-delà des prolongations déjà accordées. La dépêche ne dit pas si ce départ pèse sur le calendrier de la négociation, et le communiqué d’Engie ne l’évoque pas.

Prochaine échéance : le 12 décembre 2026, date cible pour la conclusion des Heads of Terms. Passé ce délai, rien n’est prévu dans le communiqué.

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