Alstom a révisé lundi 2 novembre ses perspectives 2026/27 : marge d’EBIT ajustée attendue à environ 1 % au lieu de 6,5 %, et cash-flow libre négatif de 1,5 milliard d’euros. Explications.
Lundi 2 novembre, le constructeur ferroviaire Alstom a abaissé ses objectifs pour l’exercice 2026/27, quinze jours avant la publication de ses résultats semestriels, initialement attendus à la mi-novembre, selon Ville, Rail & Transports. Le conseil d’administration, réuni dimanche 1er novembre, a examiné des chiffres préliminaires non audités du premier semestre (avril à septembre), selon le communiqué du groupe.
La marge d’EBIT ajustée du semestre ressort à environ moins 4 %, contre 6,4 % un an plus tôt. Le chiffre d’affaires atteint 9,3 milliards d’euros, en hausse de 3 % (2 % en organique), et les commandes 11,0 milliards d’euros, contre 10,5 milliards un an plus tôt, avec 8,4 milliards au seul deuxième trimestre.
Coradia Max : 1 860 voitures au semestre, production en pause au premier trimestre
Le communiqué met en cause la plateforme de trains régionaux Coradia Max, confrontée à des difficultés d’industrialisation et à l’allongement du calendrier d’homologation. D’autres projets exécutés pour l’Allemagne et depuis l’Allemagne sont également touchés.
Alstom a produit 1 860 voitures au semestre, contre 2 017 un an plus tôt, soit 8 % de moins. La fabrication du Coradia Max a été suspendue au premier trimestre afin de traiter les problèmes identifiés et de limiter les travaux de reprise ultérieurs, précise le communiqué.
Sur les marchés, la sanction a été immédiate. Selon Ville, Rail & Transports, l’action a plongé de 30 % à l’ouverture. MoneyVox relève une clôture en baisse de 26,09 %, à 11,68 euros, dernière valeur du SBF 120, et un titre qui cède 54 % depuis le début de 2026. Le site rappelle que l’avertissement d’avril avait déjà fait chuter l’action de 27 % et estime que six projets, représentant près de 5 milliards d’euros de commandes, sont concernés par les retards et surcoûts.
Un cash-flow de moins 1,5 milliard d’euros et 6,5 % de marge à retrouver au second semestre
Pour l’ensemble de l’exercice, Alstom table désormais sur environ 4 000 voitures produites (contre 4 400 à 4 500 prévues), une croissance organique des ventes de faible à moyenne à un chiffre (contre environ 5 %) et une marge d’EBIT ajustée d’environ 1 %. Cette dernière suppose un rebond à environ 6,5 % au second semestre. Le cash-flow libre est attendu à moins 1,5 milliard d’euros, alors qu’il devait être positif.
Le groupe explique ce dernier point par le glissement de jalons de paiement sur les exercices suivants, du fait de l’allongement des homologations et de mises en service commerciales plus tardives, notamment pour le Coradia Max. Au premier semestre, le cash-flow libre ressort à moins 1 248 millions d’euros, contre moins 740 millions un an plus tôt. La dette nette atteint 1,1 milliard d’euros au 30 septembre, contre 0,4 milliard au 31 mars.
Alstom dispose de 1,65 milliard d’euros de trésorerie et a signé le 1er novembre une nouvelle ligne de crédit de 2,0 milliards d’euros, sans covenant financier, à échéance novembre 2028. Le groupe vise un retour à la normale à partir de l’exercice 2027/28 et une marge d’EBIT ajustée de 8 à 10 % à moyen terme.
2 milliards d’euros de désendettement d’ici septembre 2027, rendez-vous le 17 novembre
Le conseil a engagé une revue de toutes les options organiques et inorganiques pour réduire la dette d’environ 2 milliards d’euros d’ici septembre 2027, afin de préserver une notation « investment grade ». Les actionnaires représentés au conseil soutiennent la démarche, indique le communiqué. MoneyVox évoque, pour sa part, des cessions d’actifs ou une augmentation de capital, cette dernière diluant les actionnaires actuels, hypothèses que le communiqué ne tranche pas.
Martin Sion, directeur général depuis avril, affirme que cette annonce traduit l’objectif de « normaliser la performance du Groupe à partir du prochain exercice » (traduit de l’anglais). Une revue des modèles organisationnel et opérationnel doit déboucher sur des décisions début 2027, avant une journée investisseurs au deuxième trimestre 2027.
Le constructeur avait annoncé début septembre un contrat de 3 milliards d’euros au Canada. Il publiera ses résultats semestriels complets le mardi 17 novembre, puis ses commandes et ventes du troisième trimestre le 19 janvier 2027.

