Le groupe LISI, fabricant de fixations et de composants installé dans le Territoire de Belfort, a publié jeudi 22 octobre un chiffre d’affaires de 1 416,0 millions d’euros sur neuf mois, en hausse de 8 %. Sa division aéronautique passe la barre du milliard d’euros, quand la branche automobile recule. Explications.
Deux trajectoires opposées. Jeudi 22 octobre, le groupe LISI a publié son information financière du troisième trimestre 2026 : un chiffre d’affaires consolidé de 473,2 millions d’euros sur la période juillet-septembre, en progression de 12,8 % par rapport au troisième trimestre 2025 (+12,1 % à périmètre et change constants). Sur neuf mois, le total atteint 1 416,0 millions d’euros, soit 8 % de plus qu’un an plus tôt et une croissance organique de 10,3 %.
Le groupe « confirme sa dynamique de croissance portée par l’aéronautique », apprend-on dans le communiqué. Ces chiffres s’entendent hors LISI MEDICAL : le groupe a cédé 100 % de cette division à l’investisseur américain SK Capital le 31 octobre 2025, pour un prix net de 270,4 millions d’euros, précisait le communiqué de ses résultats annuels publié en février.
LISI AEROSPACE porté par Boeing et la cadence de l’A320
La division LISI AEROSPACE, qui pèse 71 % du total consolidé, affiche 1 009,4 millions d’euros de chiffre d’affaires sur neuf mois, contre 883,4 millions un an plus tôt (+14,3 %, +18 % à périmètre et change constants). Le troisième trimestre marque une accélération : 346,2 millions d’euros, soit +22,5 %. Cette performance « est d’autant plus remarquable qu’elle fait suite à une croissance déjà élevée de + 19,0 % enregistrée sur les neuf premiers mois de l’exercice précédent », souligne le communiqué.
L’activité « Fixations » aux États-Unis signe la plus forte progression, à +28,8 %. Elle est, selon le document, « notamment portée par la montée en cadence des programmes de Boeing tirée par le B737 MAX ». Les « Fixations » en Europe et les « Composants de Structure » progressent respectivement de 13,8 % et 13,3 %, malgré un effet de change défavorable.
Le communiqué rappelle le contexte côté avionneurs : la famille Airbus A320 est produite au rythme de 66 appareils par mois, avec un objectif de 75 par mois à l’horizon 2027, tandis que chez Boeing, la montée en cadence du B737 MAX et du B787 « s’est également nettement accélérée ». Pour le quatrième trimestre, les principaux enjeux concerneront « l’augmentation des capacités de production et de l’efficacité industrielle », dans un contexte « toujours marqué par de fortes tensions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement aéronautique ». Le groupe avait déjà annoncé un investissement pour renforcer sa base industrielle aéronautique à Villefranche-de-Rouergue.
LISI AUTOMOTIVE recule de 9,9 % au troisième trimestre
Le tableau est tout autre dans l’automobile. La division LISI AUTOMOTIVE, 29 % du total, réalise 407,1 millions d’euros sur neuf mois, en baisse de 5,2 %. Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires recule de 7,4 % à 127,2 millions d’euros, et de 9,9 % à périmètre et change constants.
Le communiqué invoque le ralentissement de la production mondiale des constructeurs clients de la division (−9 % sur le trimestre). Les immatriculations mondiales de véhicules légers ont reculé de 5 % au troisième trimestre, avec une chute de 18 % en Chine. L’Europe progresse de 6,3 %, mais cette hausse est « largement captée par les constructeurs chinois », relève le document. Le groupe évoque un marché « sans perspective de croissance à court terme ».
Pour sa part, la division mise sur un repositionnement vers des familles de produits à plus forte valeur ajoutée : les nouveaux produits représentent 12,1 % de son chiffre d’affaires sur neuf mois.
Puiseux-Pontoise et Livonia : la réorganisation en cours
Ce repli s’accompagne d’une restructuration industrielle. Le communiqué mentionne « l’arrêt de l’activité à Puiseux qui se poursuit conformément au plan », ainsi que le regroupement des activités de l’usine de Livonia, aux États-Unis, vers le site de Monterrey, au Mexique.
Le projet de Puiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise, a été annoncé le 21 janvier 2026 aux instances représentatives du personnel. Il prévoit l’arrêt des activités de fabrication du site, le transfert des productions vers les autres sites de l’activité Solutions Clippées et celui des équipes commerciales et du bureau d’études vers le site LISI AEROSPACE de Saint-Ouen-l’Aumône, selon le communiqué des résultats annuels 2025. Le groupe s’y engageait à « proposer une solution de reclassement au maximum de salariés de l’usine de Puiseux-Pontoise vers les autres sites du Groupe en France ».
Cette réorganisation a pesé à hauteur de 21,1 millions d’euros sur le résultat non courant du premier semestre, indiquait le communiqué semestriel du 23 juillet. Le même document citait, parmi les priorités du second semestre, « le renforcement des capacités industrielles sur les sites de la division en Chine, au Mexique et au Maroc ».
Un EBIT semestriel au-delà de 100 millions d’euros
Sur le plan de la rentabilité, LISI avait franchi un cap au premier semestre : un résultat opérationnel courant de 106,2 millions d’euros (+22,8 %), pour une marge de 11,3 %, et un résultat net de 62,4 millions d’euros, selon ce même communiqué semestriel. La division aéronautique concentrait alors 97,3 millions d’euros d’EBIT, contre 11,8 millions pour l’automobile.
La Bourse avait anticipé ce basculement. Le 22 juin, le titre signait la plus forte hausse du SBF 120 après l’initiation de la couverture par Berenberg, à l’achat avec un objectif de cours de 81 euros, rapportait Option Finance. L’action évoluait alors à son plus haut niveau depuis son introduction en Bourse en 1999. « Si le contexte géopolitique actuel présente un facteur de risque dans une optique de court terme, les perspectives de long terme de Lisi demeurent fondamentalement solides », estimaient les analystes de la banque, cités par le média.
Objectif 2026 réaffirmé, quatrième année d’amélioration
Le groupe réaffirme son objectif d’améliorer significativement en 2026, pour la quatrième année consécutive, ses indicateurs financiers de référence, au premier rang desquels l’EBIT, et de dégager un free cash flow d’exploitation positif. L’incertitude du marché automobile « peut ralentir l’amélioration de la performance globale, mais a été anticipée dans les plans d’adaptation », précise le communiqué.
Au quatrième trimestre, LISI AUTOMOTIVE devra finaliser la réorganisation de Puiseux-Pontoise et achever l’intégration de sa filiale hongroise de Györ. L’aéronautique, elle, devra surtout suivre la cadence.


