Le titre Medincell progressait de près de 5% en séance à la Bourse de Paris, porté par l’annonce par son partenaire américain Teva Pharmaceuticals de ventes record au deuxième trimestre pour Uzedy, traitement injectable contre la schizophrénie, accompagnées d’un relèvement des prévisions annuelles.
Uzedy établit un record trimestriel sur le marché américain
La biotech française Medincell a vu son cours progresser de 4,83%, à 26,46 euros, après que son partenaire commercial Teva Pharmaceuticals a communiqué des résultats trimestriels solides pour Uzedy, son traitement injectable à action prolongée indiqué dans la prise en charge de la schizophrénie. Au deuxième trimestre, les ventes nettes américaines de ce médicament ont atteint 77 millions de dollars, en hausse de 43% par rapport à la même période un an plus tôt. Cette performance témoigne d’une dynamique commerciale soutenue sur un segment thérapeutique particulièrement concurrentiel outre-Atlantique.
Fort de ces résultats, Teva a revu à la hausse ses anticipations pour l’ensemble de l’exercice en cours. Le groupe pharmaceutique table désormais sur des ventes annuelles d’Uzedy comprises entre 270 et 290 millions de dollars, contre une fourchette précédente de 250 à 280 millions. Cet ajustement, bien qu’en apparence modeste, traduit une accélération de la pénétration commerciale du produit sur le territoire américain et conforte la trajectoire de croissance attendue par le marché.
Selon les données compilées par Iqvia, cabinet de référence en intelligence de marché dans le secteur de la santé, Uzedy demeure le traitement injectable à action prolongée contre la schizophrénie affichant la plus forte croissance aux États-Unis. Le volume de mois de traitement prescrits a progressé de 63% en rythme annuel. Cette accélération résulte à la fois d’une intensification des prescriptions par médecin déjà acquis au produit et de l’arrivée de plus de 800 nouveaux prescripteurs chaque mois, signe d’une adoption croissante dans la communauté médicale américaine.
Un modèle de royalties favorable à Medincell
Pour la société française, l’essor commercial d’Uzedy se traduit mécaniquement par une progression de ses revenus récurrents. Medincell perçoit en effet des royalties sur les ventes nettes du médicament, dont le taux se situe entre le milieu et le haut d’une fourchette à un chiffre en pourcentage. Ce mécanisme confère à la biotech une exposition directe à la trajectoire de croissance du produit sans porter les coûts de distribution et de commercialisation aux États-Unis, qui incombent intégralement à Teva.
Au-delà des royalties, Medincell peut prétendre à 105 millions de dollars de paiements d’étape commerciaux, conditionnés à l’atteinte de seuils de ventes annuels. La dynamique actuelle, si elle se confirme sur les prochains trimestres, rapproche l’entreprise du franchissement de ces paliers. Ce modèle de valorisation différée est caractéristique des partenariats conclus par les biotechs européennes avec de grands groupes pharmaceutiques mondiaux pour accéder au marché américain, tout en préservant leur capital de développement.
L’accord avec Teva illustre ainsi la stratégie de Medincell : développer une technologie propriétaire d’injection à action prolongée, la BEPO, puis la valoriser via des partenariats avec des acteurs disposant de la force commerciale nécessaire pour déployer les produits à grande échelle sur des marchés à fort potentiel. Cette approche limite l’exposition financière de la biotech tout en lui offrant un levier sur les succès commerciaux de ses partenaires.
Des perspectives élargies avec l’olanzapine et les jalons réglementaires
Au-delà des performances actuelles d’Uzedy, Teva poursuit le développement d’un second produit issu de sa collaboration avec Medincell : une formulation injectable mensuelle d’olanzapine à action prolongée, destinée elle aussi au traitement de la schizophrénie. Une décision des autorités sanitaires américaines est attendue au quatrième trimestre 2026. En parallèle, la demande d’autorisation de mise sur le marché a été acceptée en Europe au cours du deuxième trimestre, ouvrant la voie à un potentiel lancement sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
Cette double séquence réglementaire, des deux côtés de l’Atlantique, constitue un catalyseur potentiel majeur pour Medincell dans les prochains exercices. Un feu vert américain suivi d’une mise sur le marché européenne de l’olanzapine injectable élargirait significativement l’assiette de royalties et de paiements d’étape auxquels la société française peut prétendre, renforçant sa position de biotech spécialisée dans les formes galéniques innovantes à longue durée d’action.
Medincell dans le viseur des analystes avec un potentiel de hausse significatif
Du côté des analystes financiers, la banque d’investissement Jefferies maintient sa recommandation à l’achat sur le titre Medincell, assortie d’un objectif de cours fixé à 38 euros. Rapporté au cours actuel de 26,46 euros, ce niveau cible implique un potentiel de revalorisation d’environ 51%, ce qui place le titre parmi les valeurs du secteur biotechnologique européen bénéficiant d’un fort consensus haussier auprès des analystes spécialisés.
Jefferies estime par ailleurs que la nouvelle fourchette de prévisions annuelles de Teva reste conservatrice. Les investisseurs anticiperaient en effet des ventes d’Uzedy proches de 300 millions de dollars sur l’exercice, soit au-delà du plafond de la guidance relevée. La banque américaine juge que ce cadrage prudent laisse entrevoir un potentiel de révision haussière du consensus pouvant atteindre environ 6%. Elle note toutefois que la croissance observée au deuxième trimestre a été principalement portée par les volumes, partiellement compensée par une hausse des remises commerciales consenties aux distributeurs et payeurs américains.
Pour Medincell, société fondée en France et dont le siège est implanté à Montpellier, ces développements confirment la pertinence de son positionnement industriel dans le domaine des injectables longue durée, un segment en forte expansion à l’échelle mondiale face aux enjeux d’observance thérapeutique. La valorisation boursière de la société reste néanmoins sensible aux annonces de ses partenaires commerciaux, Teva en tête, ce qui confère au titre un profil de risque à surveiller pour les investisseurs institutionnels.


