Plan d’électrification : le fioul banni, le gaz monnayé, la pompe à chaleur européenne

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Le gouvernement a présenté jeudi 15 octobre la seconde phase de son plan d’électrification. Sur les 17 nouvelles mesures, six visent directement le chauffage des logements, des maisons au fioul jusqu’aux résidences des bailleurs sociaux. Explications.

« Le Gouvernement a annoncé jeudi 15 octobre la seconde phase du plan d’électrification », apprend-on sur le portail du ministère de l’Économie. Six mois après le lancement du plan, dévoilé le 23 avril 2026, l’exécutif ajoute 17 mesures destinées aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités. Une bonne part concerne le parc de logements.

Le cadre avait été posé au printemps. Selon Maire-info, Bercy entendait alors « électrifier massivement l’économie », dans un pays qui importe pour près de 60 milliards d’euros de pétrole et de gaz par an. Les énergies fossiles pesaient 58 % de la consommation énergétique finale en 2023, avec un objectif de 40 % en 2030 et de 29 % en 2035.

Bio-fioul interdit, 2,6 millions de ménages dans le viseur

Première cible : le fioul domestique. L’interdiction d’installer une chaudière au fioul, en vigueur depuis 2022, est étendue aux chaudières bio-fioul. Les textes doivent paraître avant le 1er mars 2027. Le gouvernement affiche un objectif chiffré : « diviser par deux le nombre de ménages chauffés au fioul d’ici 2030 », précise le communiqué. Selon Connaissance des Énergies, 2,6 millions de ménages se chauffent encore au fioul.

Pour les accompagner, l’État mobilise 50 millions d’euros dans les territoires d’électrification. Au menu, à partir de fin novembre 2026 : information sur les aides existantes, prêt de radiateurs électriques, aide à la dépose de la cuve et chèques énergie conditionnés à l’installation d’une pompe à chaleur.

Côté démarches, le double guichet MaPrimeRénov’ et certificats d’économies d’énergie (CEE) disparaît pour les pompes à chaleur air/eau et géothermiques. Le délai d’instruction de trois mois saute au 1er janvier 2027, et dès le 1er octobre 2026 pour l’offre intégrée. Le communiqué vante un équipement qui « permet aux foyers de diviser par deux le coût du chauffage ».

Jusqu’à 1000 euros pour fermer le gaz dans 109 territoires

Deuxième cible : le gaz de réseau. Une prime « sortie du gaz » pouvant aller « jusqu’à 1000€ par logement » sera versée aux particuliers situés dans les zones de sortie du gaz des 109 territoires d’électrification. Son entrée en vigueur est prévue d’ici mars 2027, une fois ces zones délimitées.

La liste de ces territoires a été publiée le 10 septembre. Selon Maire-info, il s’agit pour l’essentiel d’intercommunalités, mais aussi de six métropoles (Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg, Grenoble), de trois communes (Luxeuil-les-Bains, Suresnes, Saint-Maur-des-Fossés), de la Corse, de La Réunion et de la Martinique. Le gouvernement y revendique 87 % de territoires ruraux. Chacun doit rédiger une feuille de route pluriannuelle incluant la sortie du fioul ou du gaz et le démantèlement de réseaux de gaz ; les métropoles se sont engagées à fermer une partie des leurs.

Par ailleurs, 100 millions d’euros seront consacrés dès janvier 2027 à l’électrification des réseaux de chaleur, par géothermie et pompes à chaleur, afin de réduire leur dépendance au gaz. Collectivités et opérateurs en sont les destinataires.

Bailleurs sociaux et copropriétés : la pompe à chaleur collective sous condition européenne

Troisième cible, la plus structurante pour les acteurs de l’immobilier : le logement collectif. Le soutien aux grandes pompes à chaleur aérothermiques et géothermiques est renforcé pour les bailleurs sociaux, les copropriétés, le tertiaire et les collectivités, à partir de mars 2027.

Avec une clause qui intéressera les industriels du secteur : « Les aides seront conditionnées à un critère de qualité et de fabrication en Europe pour les logements collectifs », précise le communiqué. Le texte ne détaille ni la définition de ce critère, ni le montant de l’enveloppe. Une préférence européenne comparable s’applique ailleurs dans le plan, aux véhicules utilitaires légers et aux bus et cars électriques.

Les 109 territoires toujours en attente de financements

Le plan s’inscrit dans une stratégie plus large, déjà détaillée par Refrance dans son analyse du plan d’électrification comme chaînon manquant de la stratégie énergétique française. Mais la question des moyens reste posée. Dès avril, Maire-info relevait l’absence de budget dédié aux territoires d’électrification, l’accompagnement de l’État portant sur l’ingénierie et la communication.

En septembre, le même média notait que le dossier de presse gouvernemental annonçait un soutien « coordonné par l’Ademe sous le pilotage des préfets », sans montant. Le programme Actee, porté par la FNCCR, y jugeait que « les bâtiments publics des collectivités n’apparaissent pas encore comme un chantier identifié ».

Le même mois, un décret annulait plus de 100 millions d’euros de crédits de la transition écologique pour l’année en cours.

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