Airbus verrouille la cybersécurité des Armées françaises avec un contrat de 25 ans

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Paris, le 23 septembre 2026. Airbus Cybersecurity, filiale du groupe aéronautique européen, a annoncé ce mardi avoir remporté le contrat PARACOM, un marché de 25 ans conclu avec la Direction générale de l’armement (DGA) pour la conception, la production et le maintien en condition opérationnelle de passerelles de sécurité destinées aux réseaux du ministère des Armées et des Anciens combattants.

Ces équipements filtrent et contrôlent les échanges de données entre les réseaux classifiés, jusqu’au niveau secret, et les réseaux non protégés des forces françaises. Le déploiement doit couvrir un spectre large d’environnements : baies de datacenters, caissons autonomes intégrés aux postes de commandement, mais aussi plateformes tactiques telles que navires, sous marins, aéronefs, hélicoptères, drones et véhicules blindés.

« Cette passerelle contribuera à renforcer le bouclier numérique dont les forces françaises ont besoin pour mener à bien leurs missions », a déclaré François Lombard, directeur Connected Intelligence d’Airbus Defence and Space, cité dans le communiqué du groupe. Le montant financier du contrat n’a pas été communiqué, une pratique courante pour ce type de marché pluriannuel lié à la défense.

Une filière consolidée depuis 2013

Le contrat PARACOM s’inscrit dans la continuité d’une relation entamée en 2013, lorsque Airbus a commencé à fournir des passerelles de sécurité comparables aux forces terrestres françaises. « Depuis 2013, nous fournissons des passerelles de ce type pour les forces terrestres françaises », a rappelé François Lombard. Le nouveau marché élargit toutefois considérablement le périmètre, en couvrant l’ensemble des armées (terre, air, marine) et en intégrant les plateformes les plus sensibles du dispositif militaire français, jusqu’aux sous marins et aux drones.

Cette annonce intervient après une phase de consolidation intense de la division cybersécurité d’Airbus. Le groupe a multiplié les acquisitions ces deux dernières années : l’allemand Infodas en septembre 2024, le britannique Ultra Cyber en mars 2026, puis le français Quarkslab, spécialiste de la sécurité offensive et de l’analyse de vulnérabilités logicielles, en avril 2026. Cette stratégie de rachats vise à construire un acteur européen intégré, capable de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur cyber, de la détection à la protection des systèmes les plus critiques.

Dans un marché français des services de cybersécurité aujourd’hui dominé par Orange Cyberdéfense, Atos et Thales, ce dernier étant historiquement le partenaire de référence de la DGA sur les systèmes d’information critiques de défense, le contrat PARACOM confirme la montée en puissance d’Airbus comme quatrième acteur de poids sur ce segment très spécifique de la protection des réseaux militaires classifiés. Le groupe aéronautique cherche ainsi à transformer une compétence historique, développée depuis 2013 sur un périmètre restreint aux forces terrestres, en une offre transverse couvrant l’ensemble des armées.

Un enjeu de souveraineté numérique pour la BITD

Le contrat PARACOM illustre un mouvement de fond dans la base industrielle et technologique de défense (BITD) française : la volonté de maîtriser en interne les briques technologiques qui protègent l’ensemble de l’appareil militaire contre les intrusions et l’espionnage numérique. À l’heure où les armées occidentales multiplient les alertes sur l’intensification des cyberattaques d’origine étatique, disposer d’un fournisseur national pour des équipements aussi sensibles que des passerelles de filtrage entre réseaux classifiés constitue un choix stratégique autant qu’industriel.

Ce dossier s’ajoute à une série de contrats structurants signés par Airbus avec l’État français ces derniers mois dans le champ numérique et de l’intelligence artificielle appliquée à la défense. Le groupe avait notamment signé fin 2025 un accord cadre distinct d’environ 50 millions d’euros avec la DGA, portant sur l’intégration de capacités d’intelligence artificielle dans les systèmes d’armes, de communication et de cybersécurité, avec une première application au système de surveillance maritime Spationav.

Pour la DGA, l’enjeu dépasse la seule dimension technique. Dans un contexte de tensions budgétaires marqué par les arbitrages du projet de loi de finances 2027 et de la loi de programmation militaire, la capacité à engager un marché de 25 ans avec un acteur industriel unique traduit une volonté de stabilité et de prévisibilité pour des infrastructures numériques appelées à rester en service sur plusieurs décennies. Le format même du contrat, portant sur un quart de siècle, témoigne de la durée de vie attendue de ces systèmes de sécurité, conçus pour accompagner plusieurs générations de plateformes militaires.

L’annonce n’a pas précisé le calendrier de livraison des premiers prototypes ni le nombre de passerelles commandées. Ces éléments, tout comme une éventuelle homologation par les autorités de sécurité des systèmes d’information, devraient être clarifiés dans les prochains mois à mesure que le programme entrera en phase de réalisation.

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