Atos décroche le statut de partenaire cloud souverain de SAP

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Atos a annoncé le 16 septembre avoir obtenu la désignation « SAP Sovereign Cloud Partner », un label qui reconnaît sa capacité à déployer et opérer des environnements cloud conformes aux exigences de sécurité, de résilience et de conformité réglementaire des secteurs les plus sensibles. Pour le groupe informatique français, encore convalescent après sa restructuration financière, cette annonce s’inscrit dans une séquence favorable, un jour seulement après avoir décroché, avec Open et Thales, un marché cloud interministériel auprès de l’UGAP.

Une reconnaissance validée dans quatre pays européens

Selon le communiqué publié le 16 septembre par Atos, la désignation de partenaire cloud souverain de SAP a d’ores et déjà été validée pour la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, d’autres validations géographiques étant en cours d’instruction. Ce statut distingue les prestataires capables d’accompagner les organisations réglementées, administrations, opérateurs d’infrastructures critiques, établissements financiers ou industriels sensibles, dans l’adoption des solutions cloud et d’intelligence artificielle de l’éditeur allemand SAP, tout en leur garantissant la maîtrise de leurs données, de leurs opérations et de leur conformité juridique.

Atos revendique une relation ancienne avec SAP : le groupe est partenaire « platinum » de l’éditeur et vient d’être reconduit, pour la vingtième année consécutive, dans la certification « Global Operations » de SAP, une distinction que seuls deux partenaires dans le monde détiennent à ce niveau d’ancienneté. Le CTO du groupe Atos, Florin Rotar, a souligné que la souveraineté numérique était devenue un enjeu central pour les organisations opérant des systèmes critiques, tandis que le président de l’activité Sovereign Cloud chez SAP, Martin Merz, a insisté sur le fait que la souveraineté se construisait par des écosystèmes de confiance entre éditeurs et intégrateurs.

Un relais de croissance pour les secteurs réglementés

Concrètement, cette désignation doit permettre à Atos de proposer aux administrations et aux entreprises de secteurs sensibles des transformations SAP hébergées et opérées sur des infrastructures européennes, avec un volet cybersécurité renforcé. Elle vient consolider l’offre « Atos Sovereign Cloud », une plateforme de modernisation applicative lancée en juillet 2026 et présentée par le groupe comme une alternative européenne de confiance face aux offres des hyperscalers américains, à destination des gouvernements, des armées, des opérateurs de santé et des gestionnaires d’infrastructures critiques.

L’annonce s’inscrit dans un contexte commercial particulièrement dense pour Atos sur le segment souverain. La veille, le 15 septembre, l’Union des groupements d’achats publics (UGAP) avait retenu l’offre d’un groupement associant Atos, Open et Thales pour ses marchés de prestations cloud et d’infrastructures informatiques, un accord-cadre plafonné à plusieurs centaines de millions d’euros sur quatre ans, couvrant les ministères, collectivités et établissements publics sur l’ensemble du territoire, outre-mer compris. Deux annonces distinctes, mais un même mouvement : la commande publique française, comme les grands éditeurs internationaux, cherche des relais domestiques ou européens pour héberger et opérer des données jugées stratégiques.

Un groupe toujours sous surveillance financière

Cette dynamique commerciale intervient alors qu’Atos reste un groupe convalescent. Après une restructuration financière lourde achevée en 2025 pour alléger une dette proche de trois milliards d’euros, le groupe a cédé au premier semestre 2026 une partie de ses activités jugées stratégiques, dont son pôle de calcul avancé issu de Bull, à l’État français, pour un montant de 410 millions d’euros. Une opération présentée par l’exécutif comme le signal d’un pays qui investit pour ne pas perdre la maîtrise de technologies critiques, du supercalcul à la cybersécurité. Le groupe emploie aujourd’hui plus de 52 000 salariés dans 54 pays, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 7,2 milliards d’euros, et compte plus de 4 500 clients.

La dimension souveraineté

Le cas Atos illustre bien la tension qui traverse la filière numérique française : un acteur fragilisé financièrement, partiellement adossé à l’État sur ses briques les plus sensibles, mais qui reste l’un des rares opérateurs européens capables de revendiquer une envergure mondiale face aux géants américains du cloud. Le marché européen du cloud souverain, porté par les exigences réglementaires (DORA, NIS 2) et par la volonté politique de réduire la dépendance aux fournisseurs extra-européens, continue de croître fortement, et les acteurs français y captent une part croissante de la dépense hexagonale. Que ce soit à travers l’UGAP ou à travers un éditeur allemand comme SAP, les deux annonces de la mi-septembre confirment qu’Atos cherche à transformer sa fragilité financière en avantage concurrentiel sur un unique terrain : celui de la confiance numérique.

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