Liban : la France orchestre une coalition internationale pour reconstruire l’armée avant le retrait de la FINUL

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Paris a accueilli le 17 septembre 2026 une réunion préparatoire réunissant experts militaires et diplomates de plusieurs pays partenaires, chargée de traduire en besoins concrets le soutien international promis à l’armée libanaise. Cette rencontre technique fait suite à un sommet politique tenu la veille, le 16 septembre, entre le président français Emmanuel Macron, le président libanais Joseph Aoun et le roi de Jordanie Abdallah II. Elle s’inscrit dans une course contre la montre : le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a été prorogé « une dernière fois » jusqu’à fin 2026, et les Casques bleus doivent quitter le pays en 2027, laissant un vide sécuritaire que Paris veut combler avant qu’il ne le soit par d’autres.

Une réunion pour chiffrer les besoins, pas pour les annoncer

Selon plusieurs médias régionaux, dont Arab News en français et le site libanais Libnanews, la réunion du 17 septembre visait précisément à « définir ce dont les forces armées libanaises ont besoin » et la manière dont elles pourraient se redéployer dans le sud du pays avec l’appui de partenaires internationaux. L’objectif n’était pas d’annoncer des montants, mais de transformer des intentions politiques en un cahier des charges opérationnel, sur le modèle de la conférence internationale Rome II de mars 2018, qui avait rassemblé plus de quarante pays autour du soutien aux institutions sécuritaires libanaises.

L’invitation officielle avait été transmise dès le 19 août par Bruno da Silva, chargé d’affaires français à Beyrouth. Une conférence internationale plus large était initialement prévue le 5 mars 2026, avant d’être reportée en raison de la reprise des opérations militaires dans la région. Autour de la table du 17 septembre figuraient, aux côtés de la France, des représentants du Canada, des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Union européenne et des États-Unis, ainsi que des partenaires arabes, l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis étant cités parmi les pays sollicités.

Un contexte sécuritaire toujours tendu

La démarche intervient alors que la confrontation entre Israël et le Hezbollah reste active dans le sud du Liban, l’État libanais peinant à y imposer seul son autorité. Une frappe aérienne israélienne a ainsi visé la localité de Kfar Roummane le 7 septembre. Pour Paris, la stratégie ne consiste pas à résoudre directement ce face-à-face, mais à modifier le rapport de force sur le terrain en donnant à l’armée libanaise les moyens de retrouver le monopole de la force et de se déployer là où, aujourd’hui, le Hezbollah reste seul en mesure d’agir.

Washington, de son côté, conditionne explicitement le volume et la nature de son aide à la capacité de l’État et de l’armée libanaise à remplir leurs engagements, notamment en matière de désarmement des groupes non étatiques. Cette exigence américaine pèse sur les discussions et explique en partie la prudence des annonces chiffrées à ce stade.

L’Arabie saoudite en embuscade diplomatique

Le sommet du 16 septembre a également relancé une hypothèse observée avec attention par la presse libanaise : une participation saoudienne au dispositif, incarnée par le conseiller Yazid ben Farhan, sous réserve de consultations préalables avec Washington. Si elle se confirmait, cette implication marquerait le retour de Riyad dans le dossier libanais, dont le royaume s’était largement retiré depuis plusieurs années au profit d’une posture plus discrète.

L’enjeu pour la position française

Pour la diplomatie française, l’exercice dépasse la seule question de l’aide militaire au Liban. Il s’agit de savoir qui, demain, façonnera l’architecture de sécurité du Sud-Liban après le départ de la FINUL : la France, appuyée sur vingt années de relation avec l’armée libanaise depuis 2006, aux côtés des États-Unis et de partenaires européens, ou un attelage recomposé où Washington et Riyad imposeraient leurs propres conditions. En réunissant à Paris un cercle élargi allant de l’Union européenne aux monarchies du Golfe, Macron cherche à conserver à la France un rôle de chef d’orchestre diplomatique sur un dossier hérité du mandat français sur le Liban, à un moment où son influence historique dans la région est concurrencée par d’autres puissances, économiques comme militaires.

La suite dépendra largement du calendrier : les prochaines semaines devront transformer les conclusions de la réunion d’experts du 17 septembre en engagements fermes des États contributeurs, avant l’échéance de fin d’année qui verra la FINUL cesser ses activités. Aucun montant ni calendrier précis de livraison d’équipements n’a été communiqué à ce stade, les autorités françaises comme leurs partenaires ayant choisi de faire précéder toute annonce financière d’un diagnostic opérationnel partagé.

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