Nexans lève 500 millions d’euros sur les marchés obligataires pour sécuriser son virage américain

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Le groupe français de câbles Nexans a annoncé, le 9 septembre 2026, le succès d’une émission obligataire de 500 millions d’euros. L’opération vise à refinancer le prêt relais contracté au printemps pour financer l’acquisition de l’américain Republic Wire. Elle illustre la capacité d’un industriel tricolore, positionné sur un secteur jugé stratégique pour la transition énergétique, à mobiliser les marchés de capitaux pour financer sa croissance à l’international.

Les termes de l’émission

Selon le communiqué publié par Nexans, l’emprunt obligataire porte sur un montant nominal de 500 millions d’euros, assorti d’un coupon annuel de 4,25 % et d’une maturité de cinq ans. Les titres seront admis aux négociations sur le compartiment A du marché réglementé d’Euronext Paris. L’émission a reçu la notation BB+ de l’agence Standard & Poor’s, un cran sous la catégorie « investissement », ce qui n’a pas empêché le groupe de placer l’intégralité du montant visé.

Dans le communiqué, Vincent Piquet, directeur financier de Nexans, a salué « le succès de cette émission », qui « confirme la confiance du marché dans l’acquisition stratégique de Republic Wire ainsi que dans notre stratégie de pure player de l’électrification ».

Refinancer l’acquisition de Republic Wire

Les fonds levés doivent permettre de rembourser le prêt relais de 500 millions d’euros accordé le 27 avril 2026 par BNP Paribas et Société Générale, deux établissements bancaires français, pour financer le rachat de Republic Wire. Cette acquisition, finalisée en juin 2026, avait représenté un coût total d’environ 723 millions d’euros dette comprise.

Republic Wire, fondée en 1982 et basée dans l’Ohio, fabrique des produits de câblage en cuivre et en aluminium basse tension. L’entreprise emploie plus de 200 salariés et a généré environ 520 millions d’euros de chiffre d’affaires sur son dernier exercice connu. Son rachat s’inscrit dans la stratégie de Nexans visant à se constituer une plateforme de fabrication et de distribution élargie sur le marché nord-américain du câblage basse tension, un segment estimé à 12 milliards d’euros et porté par la demande résidentielle, tertiaire et, de plus en plus, par les centres de données. Le groupe table sur environ 231 millions d’euros de synergies réalisables en trois ans, notamment par des ventes croisées et des optimisations industrielles. L’opération complète une acquisition antérieure, celle du canadien Electro Cables, consolidant la présence du groupe français sur l’ensemble du continent nord-américain.

Un industriel français au cœur de la transition énergétique

Coté sur Euronext Paris et basé à Courbevoie, Nexans occupe une place particulière dans le paysage industriel français : le groupe figure parmi les tout premiers fabricants mondiaux de câbles et se présente désormais comme un « pure player de l’électrification ». Il intervient notamment sur les câbles sous-marins destinés aux interconnexions électriques entre pays et au raccordement des parcs éoliens en mer, des infrastructures considérées comme critiques pour la sécurité d’approvisionnement énergétique européenne. Le groupe a par exemple été associé au projet d’interconnexion Great Sea Interconnector, qui doit relier les réseaux électriques de plusieurs pays méditerranéens.

L’exercice 2025 avait déjà marqué un tournant pour le groupe, avec un résultat net des activités poursuivies en hausse de 31 %, porté par la dynamique de ses activités d’électrification. Cette trajectoire financière solide constitue sans doute l’un des éléments qui a permis à Nexans de placer sans difficulté apparente une émission obligataire d’ampleur, alors même que le contexte de la dette souveraine française reste sous surveillance, entre rendements des OAT supérieurs à 4 % et vigilance accrue des agences de notation sur les finances publiques du pays.

Une capacité de financement qui dépasse les frontières

Le cas Nexans illustre un phénomène plus large : la capacité d’entreprises industrielles françaises, actives dans des secteurs jugés stratégiques comme l’énergie et les infrastructures critiques, à financer leur expansion internationale directement sur les marchés obligataires, sans dépendre exclusivement du crédit bancaire ni des soutiens publics. Cette autonomie de financement, appuyée sur des fondamentaux opérationnels robustes, constitue un signal de confiance des investisseurs envers un tissu industriel français qui cherche, sur plusieurs segments (câblage, énergie, défense), à consolider ses positions à l’export tout en conservant son ancrage capitalistique et son siège social en France.

Reste que la notation BB+ attribuée par Standard & Poor’s rappelle que cette expansion se fait avec un endettement accru, dans un contexte où le coût du crédit demeure élevé. Le pari de Nexans, celui de transformer une acquisition américaine coûteuse en relais de croissance rentable grâce aux synergies attendues, sera à mesurer dans les prochains trimestres, à mesure que l’intégration de Republic Wire progressera.

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