Le groupe La Poste a annoncé, le 8 septembre 2026, l’arrivée de deux nouveaux directeurs généraux adjoints au sein de son comité exécutif : Stéphanie Fougou, nommée secrétaire générale, et Pierre Gosset, qui prendra la direction des opérations transverses. Ces nominations interviennent alors que le groupe public engage la mise en œuvre de son plan stratégique « Réussir ensemble Ambitions 2031 », dévoilé début juillet.
Une juriste chevronnée à la tête du secrétariat général
Stéphanie Fougou prendra ses fonctions le 12 octobre 2026. Avocate au barreau de Paris, elle affiche un parcours de plus de vingt-cinq ans dans la direction juridique et la gouvernance de grands groupes internationaux. Elle a débuté chez Orange, où elle a dirigé la direction juridique de Wanadoo France puis d’Orange France entre 2000 et 2010, avant d’occuper des fonctions de secrétaire générale au sein du Club Méditerranée, de Vallourec, d’Accor, puis d’Ingenico devenu Worldline, de Technicolor et enfin de HBX Group en 2025.
À La Poste, elle héritera d’un périmètre large : juridique, audit interne, gestion des risques, conformité, ainsi que les affaires institutionnelles et territoriales, un pan sensible pour un groupe dont l’implantation couvre l’ensemble du territoire français. Ancienne présidente de l’Association française des juristes d’entreprise, elle préside depuis 2024 l’European Company Lawyers Association, une fonction qui témoigne de son positionnement dans les réseaux européens de gouvernance d’entreprise.
Un spécialiste des transformations industrielles pour les opérations transverses
Pierre Gosset rejoindra le groupe dès le 14 septembre 2026, soit quelques jours seulement après l’annonce. Diplômé de l’École centrale de Nantes, il a construit sa carrière dans le secteur des transports et de la mobilité, en particulier chez la RATP, Alstom Transport, puis SYSTRA en tant que directeur technique, avant de rejoindre Keolis où il a piloté la direction de la division industrielle et supervisé un parc de plusieurs milliers de véhicules.
Chez La Poste, il prendra la responsabilité des systèmes d’information, de la sécurité, des services mutualisés et de l’immobilier, soit une bonne partie de l’infrastructure opérationnelle qui soutient l’activité quotidienne du groupe, de la distribution du courrier à la logistique colis. Son expérience dans la conduite de transformations industrielles complexes, acquise dans un secteur lui aussi confronté à des enjeux de modernisation technologique et de sécurisation des réseaux, est présentée par le groupe comme un atout pour accompagner la mutation de La Poste.
Le départ d’une figure historique du groupe
Ces deux arrivées accompagnent le départ de Philippe Bajou, directeur général adjoint et secrétaire général sortant, qui quittera le groupe fin septembre après quarante sept années de carrière. Selon la présidente-directrice générale Marie-Ange Debon, il a « contribué à construire un pan majeur de l’histoire du développement » du groupe, notamment la création de La Banque Postale. Ce départ marque la fin d’un cycle long à la tête d’un groupe qui a connu plusieurs vagues de diversification, de la banque à la logistique en passant par le numérique.
Une recomposition qui s’inscrit dans un enjeu de souveraineté publique
Au delà du jeu des nominations, cet épisode illustre un enjeu plus large de souveraineté économique. La Poste est, depuis le rapprochement de 2020 avec la Caisse des Dépôts, un pilier du grand pôle financier public français, aux côtés de La Banque Postale et de CNP Assurances. Le groupe assure des missions de service universel postal, de présence territoriale et d’accès bancaire pour tous, autant de fonctions considérées comme stratégiques pour l’aménagement du territoire et l’inclusion financière.
Dans ce contexte, la solidité du comité exécutif conditionne directement la capacité du groupe à mener à bien des arbitrages sensibles : sécurisation des systèmes d’information face aux risques cyber, conformité réglementaire renforcée pour un acteur adossé à l’État, gestion d’un patrimoine immobilier considérable, et poursuite de la diversification des revenus alors que les volumes de courrier continuent de décliner structurellement. Le plan « Ambitions 2031 » vise justement à consolider ce modèle multi activités, entre services financiers, logistique colis, numérique de confiance et présence de proximité.
La nomination d’une secrétaire générale au profil international, rompue aux exigences de conformité de groupes cotés et non cotés, peut aussi se lire comme une réponse aux attentes croissantes de rigueur de gouvernance qui pèsent sur les grandes entreprises publiques ou à capitaux publics. De son côté, l’arrivée d’un directeur venu du monde des transports, secteur également marqué par des impératifs de service public et de maillage territorial, traduit une volonté de faire circuler les compétences entre grands opérateurs d’infrastructure français.
Marie-Ange Debon a indiqué être « heureuse de souhaiter la bienvenue » aux deux nouveaux directeurs généraux adjoints, un renouvellement qui s’ajoute aux évolutions déjà engagées du comité exécutif du groupe depuis le lancement de son nouveau plan stratégique.
